Meilleur buteur du club en Ligue 2 avec 12 buts, l’attaquant du Paris FC se prépare pour la nouvelle saison chez lui à Nice. Ponctuel et concentré durant sa séance, le joueur nous a donné rendez-vous au stade Charles Ehrmann où il effectue sa préparation pour nous faire part de ses ambitions. Courtisé par certaines équipes de Ligue 1, Malik Tchokounté récolte enfin les fruits de son travail à 29 ans. Un destin particulier. 

  • Salut Malik ! Tu sors d’une saison convaincante avec le Paris FC (36 matchs/12 buts), soit 26% des buts du club. Quel bilan tires-tu de cette saison ?

« Personnellement, c’était une belle saison. Je suis arrivé en Ligue 2 pour ma première année et je me suis très bien senti. C’est un championnat dans lequel je me suis bien adapté. Collectivement, cela a été top également. On est pas passé loin des barrages mais à la base on jouait le maintien. On avait une équipe pour faire mieux et on le savait déjà. Il y a eu un bon mix entre jeunes et anciens, joueurs amateurs et joueurs pros. Par exemple avec Dylan Saint-Louis qui a pas mal de matchs en professionnel. D’autres étaient moins connu, ils étaient en CFA l’an dernier pour la plupart. Mais tous ont de l’avenir. Ce maillage explique forcément cette belle saison. »

  • Quel a été le déclic selon toi pour que tu marques autant de buts ?

« C’est un mélange de tout. J’ai progressé individuellement je pense mais les joueurs autour de moi m’ont beaucoup apporté. Le coach (Fabien Mercadal, nouvel entraîneur de Caen, NDLR) que je connais bien m’a mis dans de bonnes conditions. Tout était réuni pour que cela fonctionne bien. »

  • Quel est ton rapport avec Fabien Mercadal, ton ex-entraîneur au PFC ?

« C’était fusionnel sportivement. Il me donnait sa confiance et je lui ai rendu. Quand je suis arrivé, j’ai fais une bonne préparation. Après il avait un choix à faire. Il m’a choisi et ça a bien marché. Je m’entends très bien avec mes coéquipiers. On a une bonne relation coach-joueur avec beaucoup de respect. Il a été un facteur important dans ma carrière. Même si j’avais eu d’autres choix, je l’ai suivi en National (à l’USL Dunkerque entre 2013 et 2017, NDLR) puis au Paris FC par la suite. C’est clair qu’il a eu un impact. »

Poussé dans ses derniers retranchements, Malik Tchokounté s’entraîne dur avec son préparateur physique Raphael Pallanca. (Crédit photo : Brian Caddy @bc.artdesign)

 

  • Tu as la double nationalité camerounaise et guinéenne. As-tu été approché par l’une de ces deux sélections ?

« Je n’ai été approché par aucune de ces sélections mais j’espère bien représenter le pays de mes parents. Pour l’Equipe de France, ils ont ce qu’il faut (rires) mais s’il y a une opportunité pourquoi pas. Je n’ai pas de préférence, ce sera un honneur pour les deux. »

« S’il y a la possibilité d’intégrer un groupe de Ligue 1, pourquoi pas. Mais cela dépend de plusieurs facteurs : des conditions au statut qu’on te propose. Après je suis bien avec le Paris FC avec lequel il me reste un an de contrat. On sait que dans le football, tout va très vite, mais pour le moment je prépare ma saison avec le PFC. C’est mon objectif. »

  • Justement, quels sont tes objectifs pour le prochain exercice ?

« Sur le plan personnel, faire mieux que cette année. Je veux être meilleur que l’an passé tout simplement. Bien sûr que je dois marquer, mais les buts ne représentent pas tout non plus. Quand on est bon, on joue. Avec le Paris FC, l’objectif est de faire mieux également, donc d’atteindre les barrages. On a le potentiel. »

  • Ton style peut paraître peu académique avec ton gabarit puissant (1m91/90 kg) à l’instar d’Olivier Giroud en équipe de France. Quel est ta réaction par rapport à cela ?

« Dans une équipe, il faut de tout. Il y a plusieurs profils d’attaquants, d’ailiers, de milieux, de défenseurs … Le plus important est d’apporter à l’équipe selon moi peu importe ton style. De faire ce qu’on te demande. Moi, je suis attaquant et je me dois d’être décisif afin de soulager l’équipe. Je pense l’avoir bien fait cette année. Cela m’indiffère au final. Je préfère me baser sur les critiques de mon entraîneur, de mon club et de mes coéquipiers qui me disent ce que je fais de bien ou pas. Il faut tous les styles dans une équipe, c’est évident. »

Malik Tchokounté avec La Selecioun lors de la ConIFA 2014

(Crédit : Youtube)

  • Pourquoi n’as-tu pas percé à l’OGC Nice, ton club formateur ?

« C’était un autre contexte mais à l’époque, pour intégrer l’équipe première, il fallait vraiment être au-dessus. Moi, j’étais dans la moyenne. Quand tu signes pro, cela signifie à la base que tu peux jouer en Ligue 1. Mais ce n’est pas une garantie. Je n’avais pas le niveau pour pouvoir prétendre à évoluer en L1 à cette époque mais je n’ai aucun regret. »

  • Thurrock (Ecosse), Calvi, USL Dunkerque et Paris FC … Quand tu regardes dans le rétro, ressens-tu de la satisfaction lié à ton parcours ?

« Sincèrement, je pense que j’avais les capacités pour accéder plus tôt. Mais chacun son destin, on a tous des parcours différents. Il a fallu que je découvre la Ligue 2 aujourd’hui à 29 ans. C’est comme ça … Je n’ai pas forcément de grands regrets ou quoi que ce soit. Je continue à travailler, à m’accrocher. Au bout d’un moment, ça paye. »

  • Tu es également joueur de la Selecioun (sélection composée de footballeurs – professionnels et amateurs – nés sur le sol de l’ancien Comté de Nice, NDLR). J’imagine que c’est un honneur pour toi …

« C’est une grande fierté ! On a fait deux beaux tournois qui ont eu une ampleur et une raisonnance dans la ville. Nous avons remporté la Coupe du Monde de la ConIFA 2014 (regroupant les équipes des territoires non-affiliés à la FIFA, NDLR), à Östersund en Suède. On était fiers, c’était vraiment top. On a pris énormément de plaisir ! J’ai retrouvé les copains avec lesquels j’ai pu jouer quand j’étais petit. Dommage que ça soit inactif depuis trois ans. Mais La Selecioun va revenir, elle n’est pas morte ! (rires) »

  • Ta valeur marchande a plus que doublé sur Transfermarkt.fr, en passant de 250 000 à 600 000 euros. Qu’est-ce que cela t’inspire ?

« C’est sympa, je vaux un petit prix quand même ! (rires). Non, sans plus en réalité. Mais si la valeur a augmenté, cela veut dire que j’ai fais du bon boulot, donc ça me suffit. »