Clap de fin en Süper Lig avec le titre de champion de Turquie pour Galatasaray. Vainqueurs 2 buts à 1 de Başakşehir, les Lions peuvent désormais exulter. Un joueur aura également le loisir de mesurer le chemin parcouru depuis quelques mois, le Brésilien Marcão.

C’est la fête à Istanbul avec le 22ème titre de champion pour les hommes de Fatih Terim. Un championnat obtenu avec un déficit de huit points et qui rend heureux tous les supporters du club. Toutefois, dans le lot, Marcão n’aurait jamais imaginé tout le chemin parcouru depuis cinq mois. Une belle preuve qu’il faut croire en sa destinée coûte que coûte.

Marcão attend le ballon, mais pas le titre ! (Crédit photo : Habertürk)

Marcão d’un championnat à l’autre

La vie peut parfois réserver de forts belles surprises lorsqu’on ne s’y attend pas. D’autant plus quand on est footballeur et que le vent peut vous porter à travers un transfert vers des contrées plus heureuses. Le destin étant facétieux, le 19 mai 2019 restera donc un jour à marquer pour un joueur de Galatasaray. Une date qui sera gravée dans son esprit de manière indélébile.

Quel défenseur, jugez du peu ! (Crédit vidéo : Youtube – Sports 21)

Il y a à peine cinq mois donc en Liga Nos portugaise, un joueur de 22 ans n’aurait certainement pas imaginé rentrer dans la légende. Au sein d’un autre championnat, d’une autre culture et avec un changement total de vie. Ce joueur, Brésilien, a réussi la gageure de passer d’une équipe luttant pour sa survie en première division portugaise à remporter un championnat national.

D’une probable relégation à une histoire dorée au sein d’un des plus grands clubs de Turquie. En entrant dans la légende de l’équipe la plus titrée du pays, une véritable institution. Un sorte de montage russe émotionnelle pour le défenseur central auriverde de Galatasaray, Marcos do Nascimento Teixeira communément appelé Marcão. Un inextricable lien le liant désormais avec le club turc à tous les niveaux.

Une mine d’or pour Galatasaray

Il y a six mois, Galatasaray était dans le dur et n’y arrivait pas. La Ligue des Champions avait laissé des traces mais surtout l’équipe était tenaillée dans une féroce lutte interne. Amputée lors de la trêve hivernale d’une des rares satisfaction de l’équipe, le défenseur international turc Ozan Kabak, parti en Bundesliga auprès de Benjamin Pavard à Stuttgart.

Marcão sous le maillot du club portugais de Chaves (Crédit photo : A Bola)

Secouée par des problèmes financiers et des luttes intestines entre dirigeants et opposants. Une équipe qui avait également perdu le danger offensif numéro 1, le Cap-verdien Garry Rodrigues, et qui n’aura jamais réussi à remplacer l’ancien lyonnais Bafétimbi Gomis. Bref, une sorte de soupe à la grimace pour une formation qui n’aurait jamais imaginée réussir à remporter le championnat en décembre dernier…

Toutefois, lorsque les vents sont contraires, il arrive souvent que la vie réserve des surprises. Une arrivée provenant du Portugal, d’un club dont la plupart des observateurs turcs n’avaient sans doute jamais entendus parler, Chaves. Un obscur joueur inconnu au bataillon en Liga NOS et qui aurait pu se perdre dans les méandres d’Istanbul dans un nouvel environnement. Le cheminement classique d’une perte de repères car un défi trop haut.

Marcão, un marqueur fort

Le destin de Marcão est à relier finalement à Fatih Terim qui a fait le forcing pour obtenir un défenseur central. Un joueur qui aura donc réussi à s’implanter de manière efficace et représente également la saison de Galatasaray. Tel Janus et son double visage, Terim et ses hommes auront connu les affres d’une saison en dents de scie. Mais qui aura permis à un homme d’émerger en s’adaptant de manière ultra-rapide dans un nouveau pays et un championnat turc atomisé.

Marcão (à gauche) en discussion avec Fatih Terim (costume noir, à droite) : « Lui, là-bas, tu le découpes en deux… » (Crédit photo : Ajansspor)

Un joueur surtout différent des défenseurs classiques choisis par Galatasaray. En effet, davantage habitués à prendre des centraux sur le retour et avec un âge avancé, le « Galata » s’est cette fois tourné vers la jeunesse : 22 ans seulement mais un roc qui aura réussi à solidifier l’arrière-garde turque résolument. Une totale réussite pour le Brésilien pourtant discuté dès son arrivée par la presse turque.

Marcão s’est bien habitué au championnat turc (Crédit vidéo : Youtube – Bİ DAKİKA)

Venant d’un club portugais luttant pour ne pas descendre en deuxième division, les sceptiques étaient dès lors nombreux. Que ce soit au niveau des supporters ou des observateurs, beaucoup voyaient Marcão se liquéfier. Pensant certainement que le Brésilien n’aurait pas les épaules solides pour supporter la pression d’Istanbul tellement féroce quand on n’y est pas préparé…

Défenseur décisif et calme

Défenseur musculeux, solide sur ses appuis et physique, Marcão possède également un pied gauche permettant de créer des déséquilibres. Le numéro 45 est technique et peut remonter le ballon de manière élégante mais ferme. Utilisant son corps pour couper les attaques, le Brésilien est le prototype même du central moderne entre tacles et relances.

Un investissement important pour Galatasaray (4M€ jusqu’en 2022) mais un pari qui aura tenu toutes ses promesses. En effet, avec son compère de la défense, le Congolais Christian Luyindama, il forme une muraille qui a eu le loisir de mieux protéger la défense. Ce qui aura permis à Galatasaray de remporter un doublé Coupe de Turquie-Championnat de manière inattendue.

Un regard inquiétant… (Crédit photo : Günes)

Une forme de revanche pour le gaucher, né à Londrina dans l’Etat du Parana au sud du Brésil près de São Paulo. Un des nombreux compatriotes de Neymar qui sera arrivé au Portugal pour chercher temps de jeu et prospérité. La belle histoire de la saison pour un homme rassurant dans un magma incandescent. Un calme olympien bien utile à l’acmé d’une saison plus que stressante sur et en dehors du terrain.

19 mai 2019, une date historique

Le 19 mai 1919 est une importante date pour la Turquie. Communément appelée « fête d’Atatürk, de la Jeunesse et des Sports », le pays fêtait le 100ème anniversaire de l’arrivée de Mustafa Kemal dans la ville de Samsun en Mer Noire. Une arrivée qui va matérialiser la « Guerre d’Indépendance » prélude à la création de la future République Turque en 1923.

C’est la Fête nationale en Turquie le 19 mai (Crédit photo : Galatasaray)

Au-delà du clin d’œil de l’histoire pour le football, cette date restera également dans la mémoire de Marcão. Vainqueurs lors de la 33ème journée de championnat 2 buts à 1 face à Başakşehir, le « Cimbom » aura réussi une superbe remontée pour coiffer au poteau les coéquipiers d’Emre Belözoğlu. Un titre qui aura comblé de bonheur tous les supporters dans une saison qui est allée au-delà des espérances.

« Galatasaray est une grande équipe et un grand club. C’est pourquoi sa défense se doit d’être infranchissable. Nous, les défenseurs devront tout donner ensemble pour réussir et nous sacrifier pour l’équipe… »

Marcão, le guerrier (Fotomaç)

Marcão, dans un match plein et une présence de tous les instants, aura coupé les attaques d’Edin Višća ou Irfan Can Kahveci. Cette performance de choix a grandement contribué à remporter le championnat turc ainsi que la Coupe de Turquie mercredi dernier face à Akhisarspor 3-1. Un sacré doublé pour un homme qui aurait dû connaître une… relégation. En effet, s’il était resté avec son ancien club Chaves, il aurait pu connaître une descente en deuxième division portugaise hier soir. Chaves ayant perdu lors de la dernière journée face à Tondela (5-2).

Un avenir dorée sur tranche ?

S’il est encore trop tôt pour savoir si Marcão pourra viser plus haut, le joueur est désormais entré dans le cœur des supporters turcs. Défenseur solide et performant, celui-ci a en tout cas la possibilité de goûter au doux parfum du succès. En jouant la saison prochaine en Ligue des Champions, celui-ci aura désormais une visibilité accrue. À l’instar de son prédécesseur Ozan Kabak, Marcão est une pépite à surveiller et permettra probablement au club turc d’avoir une plus-value importante.

Le match de l’année en Turquie (Crédit vidéo : Youtube – Muhammed Öge)

Cette volonté de toujours y arriver, une preuve qu’il faut toujours croire en ses rêves même les plus fous pour arriver au sommet. Surtout, Marcão pourra compter sur la roublardise de Fatih Terim et son expérience pour viser une autre destinée plus grande. Certes, la vie réserve des surprises et parfois lorsqu’on s’y attend le moins, celle-ci se transforme en idéal. Si le 19 mai est une date importante pour la Turquie, désormais celle-ci aura une place à part pour Marcão. Définitivement.