Fils d’un ancien joueur de football Bulent Ücüncü (passé par Denizli et Lorient), l’originaire de Quimper n’a pas été conservé par le Stade Rennais. Mais ce sera au final un mal pour un bien car le jeune joueur turc a su réaliser son rêve en signant un contrat professionnel avec… le Besiktas JK. Interview d’un joueur qui a toutes ses chances d’avoir une carrière importante dans le futur !

Salut Marlon ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

« Je m’appelle Marlon Ücüncü, je viens de Quimper (Bretagne) et je jouais avant à Paotred Dispount après je suis passé à Quimper Kerfeunteun, ensuite j’ai fais deux ans à l’US Concerneau et c’est là-bas que ça a vraiment commencé. Quelques temps après, je suis parti à Rennes. Et maintenant, depuis deux ans je suis un joueur de Besiktas ».

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Marlon Ucuncu en U15 ! (crédit : Google Image)

Ton père a été pro à Lorient et Denizli, c’est lui qui t’a poussé à pratiquer le football ?

« Il y a mon grand frère aussi qui joue encore un peu au foot. Et quand tu as ton père (quart de finaliste de la coupe UEFA en 2002-2003, battu par le FC Porto de José Mourinho, vainqueur de la compétition avec Denizlispor, NDLR) et ton frère qui pratiquent ce sport, instinctivement tu le pratiques aussi. Mais il y a sûrement un peu de mon père aussi. Sinon, il m’a jamais forcé à pratiquer du football. »

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Bulent Ücüncü, le père du joueur de Besiktas (crédit : Le Télégramme)

Tu nous as dit que tu avais commencé le football à Paotred Dispount, par la suite tu as rejoint le pôle espoir de Ploufragan. Peux-tu nous retracer précisément ce parcours ?

« Je n’ai pas joué longtemps à Paotred Dispount, j’ai fais mes années U10, ensuite j’ai rejoint Quimper Kerfeunteun. Mais ça a commencé à être vraiment du sérieux quand j’ai rejoint le pôle espoir de Ploufragan. Mais pour rejoindre le pôle espoir, j’ai dû effectuer des stages où j’ai été admis et en même temps j’ai intégré l’US Concarneau et ça se passait bien. Je faisais des bons matchs et c’est là où les équipes de Bretagne m’ont repéré ».

Ensuite grâce à tes performances tu rejoins le Stade Rennais. Comment les recruteurs de Rennes t’ont approché ?

« Le recruteur qui m’a approché était assez connu en Bretagne et c’était aussi le recruteur de Rennes. Au début, il a commencé à approcher mon père, j’ai été faire un stage par la suite à Rennes pendant 3-4 jours, ensuite ils m’ont invité à un tournoi et j’ai par la suite signé à Rennes ».

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Marlon Ücüncü avec le maillot du Stade Rennais (crédit : Google Image)

Est-ce que ta vision et ton style de jeu a changé quand tu as rejoins le club ?

« Tu as plus d’exigences c’est évident ! Tu n’en peux plus faire 3-4 dribbles comme tu le faisais avant car tu rejoins un centre de formation donc il faut rester au maximum professionnel. J’ai appris beaucoup de choses à Rennes. En plus, quand j’étais à l’US Concarneau, je jouais numéro 9 et à Rennes j’ai joué numéro 10. Donc j’ai appris à jouer dans un nouveau poste et d’ailleurs je me sens plus à l’aise quand je joue numéro 10 que numéro 9. »

Pourquoi tu as quitté Rennes ? C’est vrai qu’on ne t’a pas donné ta chance ?

« Oui c’est vrai… Les deux premières années, tout se passaient super bien. J’ai joué avec les U17 et U19 nationaux et la dernière année, il y avait un gros effectif et puis le coach ne m’a pas vraiment laissé ma chance. Il me faisait jouer un match sur deux et quand je jouais, j’évoluais pas à mon poste d’origine ».

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Marlon en action avec le Stade Rennais (crédit ; Google Image)

Et là, ta vie change en rejoignant Besiktas, ton club de coeur. Toute ta famille supporte d’ailleurs les Aigles Noirs. Quand on t’a dit que que le club d’Istanbul était intéressé par toi, tu étais surpris ? Ils sont venus à Rennes pour te recruter ?

« J’ai été surpris un peu au début, tu entends qu’ils sont intéressés par toi et te propose de s’entraîner avec eux donc j’étais un peu stressé. Et puis j’étais sans club donc je devais me trouver une équipe, j’étais super stressé au début mais je devais tenter ce challenge donc je suis parti et ça s’est super bien passé. J’ai signé direct, c’était une opportunité incroyable. Après pour me recruter, c’était grâce à mes deux sélections avec les équipes jeunes de la Turquie, et vu que mon cousin connaît un peu de monde dans le club, on lui a dit qu’on voulait me voir pendant une semaine à l’entraînement. »

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Marlon Ücüncü sous la tunique des Noirs et Blancs. De l’ombre à la lumière ! (crédit : Google Image)

Tu as joué 5 matchs en Youth League la saison dernière avec les U19 de Besiktas. Peux-tu nous raconter cette expérience ?

«  La Youth League, c’est la compétition à faire quand tu es jeune. Et quand je suis arrivé à Besiktas, un mois après, j’avais un match de Youth League. C’était fou parce qu’un mois auparavant je n’avais pas de club et là tu te dis : ‘je vais disputer un grand match européen ! Et puis forcément grâce à cette compétition tu apprends beaucoup ».

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Ücüncü contre Porto en Youth League ! (crédit ; Getty Images)

Et tu aimes ta vie à Istanbul ? Tu es d’origine turc donc l’adaptation a dû être plus simple avec la présence de ta famille au pays ?

« J’ai un peu de famille, j’ai mon cousin, ma tante et mes oncles. Franchement, Istanbul est une ville magnifique, c’est trop beau ! Mais quand tu es sur le long terme c’est fatiguant, le trafic et tout, ça fait vriller (rires) ! »

Istanbul dans toute sa splendeur, la Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue, les monuments les plus important de cette ville ! (crédit : Youtube)

Le 26 janvier 2018 tu signes ton contrat professionnel. As-tu pu rencontrer le président de Besiktas, Fikret Orman ?

« Non j’ai pas rencontré Fikret Orman lors de la signature. En réalité, il y avait un match de Coupe de Turquie et je m’étais entrainé cette semaine-là avec l’équipe A. Après la semaine d’entraînement, le secrétaire des pros me dis que c’est bon, on est prêt à te faire signer ton contrat professionnel. Par la suite, j’ai signé direct ! »

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Voici le président de Besiktas, Fikret Orman (crédit : Youtube)

Tu penses réaliser un long chapitre chez les Aigles Noirs ou rejoindre une équipe en forme de prêt ?

« J’ai encore un an de contrat l’année prochaine, après je verrai si Besiktas me proposera un nouveau contrat donc ça dépend d’eux au final. Et oui j’y pense en ce moment, pourquoi pas partir dans un autre club de Turquie en prêt mais je vais quand même finir la saison avec le club. »

Ta première séance d’entraînement avec Besiktas se passe en Slovaquie tu t’entraînes avec Quaresma, Babel, Vida, Pepe et récemment tu t’es entrainé avec Burak Yilmaz ! Tu étais dans un rêve non ?

« C’est clair ! Ils n’étaient pas là au début car certains disputaient la Coupe du Monde en Russie. J’étais au deuxième camp d’entraînement avec eux à Antalya il y a deux semaines. Mais pour le premier camp, j’étais en vacance tranquille chez moi. On m’appelle et on me dis que je devais rejoindre le groupe professionnel au plus vite le 26 juin, je me suis préparé, j’ai pris mon billet d’avion et je me suis envolé à Istanbul ! »

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Marlon Ücüncü, deuxième en partant de l’an gauche, avec les plus grands à l’entraînement ! (crédit : Google Image)

Et du coup, peux-tu nous expliquer ta relation avec ces joueurs ? Tu t’entraînes quand même avec un vice-champion du monde, c’est fou ?

« Tu es là, tu les regardais à la télé et là tu joues avec eux. Franchement, c’est un truc de fou ! Tu les vois, tu leur parles mais après petit à petit tu t’y habitues. Tu peux pas te permettre de dire ‘oh y’a Quaresma !’ faut que tu restes professionnel. Mais oui, c’est énorme parce que tu as Guti qui t’entraine et tu te retrouves à jouer avec Quaresma et Pepe. C’est vraiment ouf !

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Oui ! Guti Hernandez est l’entraîneur de Marlon Ucuncu ! (crédit : Google Image)

En Europe, on dit que les supporters turcs sont des dingues. Tu confirmes ?

« Ils sont amoureux de leurs équipes, ce sont des fous et ils sont toujours là pour leur club ! J’ai fais un match au Vodafone Park, c’était fou, il t’appelle, ils sont même là à la sortie de l’aéroport. Ce sont vraiment les meilleurs ! »

Savourez. C’est IN-CRO-YA-BLE ! (crédit : Youtube)

Aujourd’hui l’équipe nationale de Turquie ça te fait rêver ? C’est ton objectif ?

« Oui bien sûr ça fait rêver ! Mais ce n’est pas l’objectif. L’objectif principal c’est Besiktas, c’est de m’imposer avec le groupe A. Aujourd’hui j’évolue avec les U21 de l’équipe de Turquie et ça se passe bien ! On verra par la suite. »

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Marlon Ücüncü s’impose avec les jeunes de l’équipe de Turquie (crédit : Google Image)

Est-ce qu’aujourd’hui il existe un club en Europe qui te fait rêver ?

« Oui, Barcelone me fait rêver ! Même aux Madrilènes tu leur dis ‘tu peux jouer au Barça’, ils signeront directement. Le FC Barcelone, c’est la meilleure équipe du monde ! »

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour 2019 ?

« Pour 2019, vous pouvez me souhaiter d’intégrer le groupe professionnel, de devenir un vrai joueur de l’équipe et de ne pas connaître de blessure. C’est déjà pas mal (rires) ! »