Le Maroc et l’Iran se retrouvent face à face vendredi (17h00) au stade de Saint-Pétersbourg pour leur entrée en lice dans la compétition. Les Lions de l’Atlas retrouvent la Coupe du Monde 20 ans après leur dernière apparition. 

Pour leur cinquième participation à la Coupe du Monde, le Maroc a hérité du très lourd dans le groupe B avec l’Espagne, championne du monde 2010, le Portugal, vainqueur de l’Euro 2016 et l’Iran. Mais pas de quoi avoir peur pour les joueurs d’Hervé Renard qui ont obtenu leur ticket en éliminant la Côte d’Ivoire durant les éliminatoires. Un mélange de talents expatriés et locaux qui donne aux Marocains l’espoir de faire bonne figure.

Mustapha Hadji, le talent à l’état pur

1998 est une date qui marquera à jamais les mémoires des français. Mais pour le peuple marocain, ce Mondial a laissé un goût amer. Dans une poule difficile avec le Brésil, l’Ecosse et la Norvège, les Lions de l’Atlas ne sortiront pas du premier tour. Malgré une génération exceptionnelle emmenée par la légende Mustapha Hadji. Si le petit frère Youssouf est aussi connu pour avoir joué en Ligue 1 à Nancy ou à Rennes, Mustapha est encore considéré comme le plus grand joueur de l’histoire de la sélection. Son talent balle au pied face à Norvège prouve son statut. C’était le 10 juin 1998. Hadji prend le ballon, élimine avec aisance son adversaire et marque un but sublime. Jugez par vous-même :

Le festival d’Hadji face à la Norvège en 1998

(Source : Belougah/Youtube)

Si le Maroc est tenu en échec 2-2 malgré une victoire probante face à l’Ecosse 3-0, Mustapha Hadji marquera les esprits avec ce but génial. Il sera Ballon d’or africain la même année. Une aura symbolique tout comme Larbi Ben Barek au temps de la colonisation française. « Si je suis le roi du football, alors Ben Barek en est le dieu » dit le roi Pelé à son sujet. Surnommé la « Perle noire du Maroc », l’ancien avant-centre de l’OM est le précurseur du poste d’attaquant en sélection marocaine. Après une longue traversée du désert marqué par une défaite cruelle face à la Tunisie en finale de la Coupe d’Afrique des Nations (2-1) en 2004, les voisins de l’Algérie veulent prendre leur revanche. Le talent a toujours existé. Une sélection qui a toujours eu une génération de bons joueurs.

Benatia, capitaine d’une génération prometteuse

41ème au classement au FIFA, le Maroc revit après une grosse période de doute. Si Younès Belhanda, Hakim Ziyech et Amine Harit seront présents, les Lions de l’Atlas pourront compter sur leur capitaine Mehdi Benatia. Depuis 2013 et l’absence de Houssine Kharja, ex-Romain, Mehdi Benatia, néo-giallorosso à ce moment-là, porte le brassard de capitaine en sélection nationale. Snobé par l’OM, le défenseur de 31 ans a fait ses armes en Italie – à l’Udinese, à la Roma et maintenant à la Juventus Turin. Sous la tunique rouge et verte, Benatia assume ses responsabilités, transcende et harangue ses coéquipiers. En qualification, le Maroc n’a encaissé qu’un seul but ! Il est l’aîné de la nouvelle génération symbolisé par Ayoub El Kaabi (24 ans), révélé lors de la dernière CHAN (Coupe d’Afrique des joueurs locaux) et une victoire en finale contre le Nigéria 4-0. Meilleur buteur de la compétition (9 buts en 6 matchs), la réputation de l’attaquant de la Rennaissance Sportive de Berkhane n’avait pas franchi les frontières du Maroc et du Botola, le championnat national.

El Kaabi, le menuisier aux pieds d’or !

(Source : La Street News/Youtube)

Amine Harit est plus connu du public. Ancien prodige du FC Nantes, le milieu de terrain officie depuis un an à Schalke 04 qui a dépensé 10 millions d’euros pour le faire venir. Champion d’Europe U19 en 2016 avec les Mbappé, Tousart et Diop, Harit est passé directement des U19 à l’équipe première chez les Canaris. Sa palette technique apportera sans doute un plus dans l’entrejeu marocain. De l’héritage de 1998, le Maroc a sa chance – contrairement à ce qu’on peut penser – y compris face aux mastodontes Espagne et Portugal. Passer l’obstacle de l’Iran est la première étape d’une belle histoire. Pourquoi pas.