Pour la clôture de la 20ème journée de la Ligue 1, Monaco se rend au stade Vélodrome pour y défier l’OM. Annoncé comme un choc, ce match sera plutôt une confrontation entre deux malades où le perdant pourrait perdre gros.

Lorsque l’on a regardé le calendrier au mois de juillet, il était logique de penser que cet OM-Monaco aurait un rôle déterminant dans la lutte pour le podium. Or, à quelques heures du coup d’envoi, ce n’est clairement pas le cas. Marseille enchaîne les performances plus ou moins ridicules et Monaco est englué à la 19ème place du championnat. Les deux équipes semblent donc être en grande difficulté.

Les supporters marseillais à bout

Nous le savons tous : les Marseillais sont exigeants envers leur équipe et ils se doivent d’avoir des résultats. Sauf que depuis ces derniers temps, ce n’est clairement pas le cas. Le club olympien n’a en effet plus gagné depuis le 25 novembre dernier et a connu des affronts comme l’élimination en Coupe de France par Andrézieux, pensionnaire de National 2. Excédés, les supporters commencent à se révolter et l’entraîneur est le principal ciblé. Les murs de la Commanderie, le centre d’entraînement a par exemple été tagué cette semaine. C’est désolant mais c’est ainsi.

Un des tags sur les murs de la Commanderie avec Garcia comme cible (crédit photo : Football MAXIFOOT)

« La défaite de Dimanche contre Andrézieux à été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » ; « Nous en avons ras-le-bol d’être pris pour des cons par tous ces actionnaires, ces présidents, ces entraineurs, ces joueurs qui nous sont imposés depuis des années et jouent aux dés avec notre passion »… Tels sont les déclarations des South Winners et des Dodgers, les deux principaux groupes de supporters marseillais.

Avec de telles déclarations, l’ambiance risque alors d’être électrique dans le stade Vélodrome ce dimanche. Beaucoup ont encore en mémoire le match contre Bordeaux en avril 2016. De nombreuses banderoles étaient de sortie accompagnées de sifflets. Mais ce qui avait marqué était les photos de chèvres ondulant les virages avec la musique de Benny Hill en fond.

Les chèvres au stade Vélodrome contre Bordeaux (crédit photo : Le Parisien/Canal +)

Une nouvelle contre-performance est donc fortement déconseillée. Les supporters auraient bien du mal à la digérer même si certains l’espèrent pour voir le départ de Rudi Garcia.

Rudi Garcia et Jacques-Henri Eyraud sur la sellette

Comme évoqué, les Marseillais sont éreintés de voir Rudi Garcia sur le banc de touche et ont envie qu’ils partent. Oui mais voilà, le licenciement de l’entraîneur coûterait très cher au club. 12 millions d’euros sont évoqués car son contrat a été prolongé en octobre dernier jusqu’en 2021. Une somme conséquente pour Frank McCourt qui ne dispose pas de fonds illimités. Néanmoins, tel que nous l’évoquions le week-end dernier, l’ancien coach rennais Sabri Lamouchi a été contacté par l’Olympique de Marseille. Avec une nouvelle défaite, Rudi Garcia pourrait se sentir en grand danger.

L’OM a anticipé la solution Sabri Lamouchi pour éventuellement remplacer Rudi Garcia

Si l’entraîneur olympien venait à être limogé, une autre personne se retrouverait en première ligne. Et cette personne n’est autre que le président Jacques-Henri Eyraud. Le mercato d’été raté, où aucune des recrues (Kévin Strootman, Duje Čaleta-Ćar ou Radonjić) ne sont au niveau escompté, et la prolongation de Rudi Garcia peuvent coûter cher à l’homme de 50 ans. D’ailleurs, dans son édition de ce dimanche, le journal L’Équipe parle de Didier Poulmaire pour remplacer Eyraud à la présidence . Ce n’est autre que l’avocat proche de McCourt.

Ce qui est sûr, Marseille connait sa première grosse crise depuis l’arrivée des nouveaux investisseurs. Il va donc être intéressant de voir comment cela sera géré par l’investisseur américain…

À Monaco, un élan positif

Entre le mercato et les derniers résultats, l’année 2019 commence de la meilleure des manières. En effet, Monaco s’est imposé en 32ème d’en finale de Coupe de France face au Canet-Roussillon (0-1) dimanche dernier et cette semaine en Coupe de la Ligue contre Rennes (1-1, 8 TAB 7). Un match, où l’équipe a produit plus de jeu qu’à l’accoutumé, et qui s’est terminé par une séance de tirs au but d’anthologie puisque c’est le gardien Loïc Badiashile qui a qualifié les siens. Rien de mieux pour gagner en confiance.

Le pénalty de la victoire inscrit par Loïc Badiashile (crédit Youtube : Le Sport avec CANAL)

Avec une 19ème place plus que préoccupante, les dirigeants ont choisi de réagir et font un mercato emballant. Le club semble avoir ciblé leurs points faibles et ont recruté en conséquence. Tout d’abord, le défenseur central Naldo pour apporter expérience et sérénité puis le latéral gauche Fodé Ballo-Touré, capable d’aligner les courses offensives et défensives. Bien que recalé à la visite médicale, William Vainqueur (ancien joueur de l’OM) a signé pour apporter en récupération au milieu de terrain. Mais le gros coup sportif et médiatique est la signature de Cesc Fabregas, arrivé de Chelsea, où il touchera une prime à la signature de 10M€ pour un salaire annuel d’environ 6M€.

Cesc Fabregas à Monaco, c’est officiel ! (crédit Twitter : AS Monaco)

Entre tout ça s’ajoute le retour de certains blessés comme Rony Lopes, meilleur joueur de l’ASM la saison passée. Monaco semble donc en confiance avant de défier l’OM. Mais un nouveau faux-pas viendrait reporter la remontée de l’équipe princière dans sa lutte pour le maintien et resterait à cinq points de la 17ème place.