A 26 ans, Martin Sourzac a vécu un début de carrière contrastée. Entre passage mitigé à Monaco et vrai-faux départ à Nîmes où il évolue actuellement, le natif de Vendôme ne renonce pas et prépare déjà sa reconversion. Interview d’un gardien qui a tout vécu (ou presque) dans sa jeune carrière. 

  • Salut Martin ! Etais-tu satisfait de ton rôle de doublure à Nîmes ?

« Je suis arrivé avec l’étiquette de numéro 1 bis en début de saison 2017/2018. Mais les choses ne se sont pas passées exactement comme prévu puisque j’ai été victime d’une rupture des ligaments croisés après une victoire 4-0 à Tours … S’en suit derrière une grosse défaite 5-1 contre Niort à domicile en Ligue 2 où je suis sorti de l’équipe type. J’ai payé les pots cassés et j’ai été écarté. Baptiste Valette est devenu le titulaire par la suite. J’avoue que j’avais du mal à comprendre cette décision que je trouvais injuste au départ … »

  •  Comment décrierais-tu ton profil ?

« Je suis un gardien qui va vite au sol entre la moyenne et la grande taille (1m83, NDLR). Je me base sur la technique italienne où les portiers sont bons sur la ligne. Ma position est haute mais c’est pas forcément dans ma nature. Ma domination sur le plan aérien et ma propreté techniquement résument assez bien mes qualités. »

  • Tu as été doublure de Danijel Subasic à l’AS Monaco entre 2012 et 2013. En fait, tu avais peur de devenir le « Rémi Vercoutre » de l’ASM à ce moment-là …

« (rires) Non pas du tout ! Mais il est vrai que j’avais une bonne relation avec le coach de l’époque Claudio Ranieri. S’il était resté, je serais resté également. Finalement, je suis parti en prêt au moment où Ranieri a quitté Monaco. Quand Leonardo Jardim est arrivé en 2014, il devait faire un choix parmi les gardiens présents. J’ai été écarté dans un premier temps avant de reintégrer le groupe en tant que gardien numéro 3. J’ai reprolongé un an avec l’ASM mais j’ai joué essentiellement les matchs en CFA. Je décidé de partir en prêt en 2013/2014 au RWDM Bruxelles en D2 Belge, un club qui n’existe plus aujourd’hui, où j’ai effectué une bonne saison (31 matchs). Avec notamment Tristan Dingomé, je faisais partie des joueurs à transférer. J’ai compris alors que je n’avais plus ma place sur le Rocher. »

  • Paradoxalement, tu as effectué ta meilleure saison avec le RWDM Bruxelles. Que retiens-tu de ce passage en Belgique ?

« Ce petit passage en Belgique m’a apporté énormément d’expérience. Nous avions terminé septièmes du championnat de Proximus League (D2 Belge) malgré deux forfaits lors des deux dernières journées. Il faut savoir que le RWDM était le premier club de Bruxelles en ce qui concerne l’affluence chez les supporters. Entre 3500 et 4000 personnes étaient présentes chaque match mais le niveau était très amateur. Les conditions de travail n’étaient pas terribles non plus … Mais ma saison en Belgique n’était pas passé inaperçue car j’ai effectué deux semaines d’essai au Club Bruges (vainqueur du dernier championnat, NDLR) fin juillet 2014 … en vain. Finalement, cela s’est terminé en eau de boudin. Certains joueurs étaient impayés depuis plusieurs semaines. Personnellement, j’ai eu beaucoup de chance. Monaco payait mon salaire et Bruxelles me finançait le logement entre autres. Donc je ne rencontrais pas ce genre de problème mais on s’aidait entre nous, les joueurs, pour faire les courses. La situation devenait intenable et je souhaitais revenir à Monaco afin de prouver ma valeur … »

La saison de Martin Sourzac au RWDM Bruxelles en 2013/2014 

(crédit vidéo : Passion Foot/Youtube)

 

  •  Qu’est-ce qui a motivé ton départ définitif de l’AS Monaco en 2016 ?

« Avec le recul, je pense que je n’avais pas confiance en moi. Je n’ai pas saisi les opportunités, je n’étais pas prêt, j’étais trop jeune. Par respect pour l’AS Monaco qui m’a formé de A à Z, je serais resté. Je pense aussi que j’ai voulu griller les étapes trop vite après l’épopée en Gambardella. Au fond de moi, je souhaitais un nouveau challenge. Je pense être parti pour laisser place à la nouvelle génération. On comptait sur moi à une période mais moins lors de la suivante. Malheureusement, on ne peut pas faire ce que l’on veut. Je voulais tout simplement jouer en étant titulaire. »

  •  Qu’est-ce qui t’as attiré dans le projet du Nîmes Olympique en janvier 2017 ?

« J’ai reçu deux offres concrètes à ce moment précis mais j’ai choisi Nîmes car j’ai été attiré par tous ce que j’aimais dans un club. J’avais joué un match de Coupe contre eux auparavant et j’ai été subjugé par son beau public et son stade des Costières. Ca me plaisait beaucoup. De plus, il y avait des infrastructures et un potentiel pour remonter dans l’élite. Un club qui a des supporters fidèles, ça fait la différence. J’ai beaucoup discuté avec l’entraîneur des gardiens qui me parlait du projet nîmois. Derrière, j’ai signé pour six mois avant de resigner jusqu’en 2019 avec les crocos. Juste avant, je m’étais engagé avec Quevilly avant de me raviser. »

  • Tu vas enfin découvrir la Ligue 1 même si ton temps de jeu a été famélique la saison dernière. On peut dire que t’as trouvé de la sérénité dans ce club ?

« Oui dans un sens car on a connu la montée en Ligue 1 avec le club. Cela n’était plus arrivé à Nîmes depuis 25 ans donc c’est incroyable ! Mais j’ai ressenti aussi un peu de regret car je suis monté certes mais sans jouer. Je reste un compétiteur et c’est normal. Baptiste Valette était numéro 3 sans club et a réussi une belle saison tandis que j’ai subi un coup du sort. Sportivement, ce n’était pas évident mais il fallait respecter ce choix. »

L’ex-monégasque en pleine préparation pour la nouvelle saison avec Nîmes

(crédit photo : Kristina Navarro)

  • Mais le côté positif, c’est que tu as connu la montée dans tous les clubs où tu es passé …

 » C’est vrai (rires) ! Lors de la saison 2011/2012, j’ai connu ma première montée de CFA 2 en CFA (aujourd’hui National 3 et 2, NDLR) avec Monaco puis en 2013 avec l’équipe première en Ligue 1 et Nîmes cette année. Je suis un sorte de porte-bonheur dans un vestiaire. »

  • Peux-tu nous raconter ta folle épopée avec l’AS Monaco lors de la Coupe Gambardella en 2011 ?

« Si je devais retenir qu’un moment, ce serait mon premier match de Gambardella. On jouait contre Ajaccio lors du premier tour et on découvre la compétition. Je me souviens que dans le vestiaire, on se disait : « Si on gagne ce match, on va au resto » (rires). On marque à la 93ème minute et dans la foulée, j’ai été sauvé sur ma ligne. A l’époque, beaucoup de jeunes de l’équipe réserve CFA étaient descendu pour nous filer un coup de main comme Yohann Thuram-Ulien. Tout le monde s’étaient défoncés pour l’équipe ! Dès les quarts de finale, notre équipe a été changé à 70%. C’était l’équipe des Layvin Kurzawa, Jessi Pi, Yannick Ferreira-Carrasco … On remporte la Coupe en finale contre l’AS Saint-Etienne (1-1 ; TAB : 4-3 NDLR) alors que nos aînés connaissaient la relégation en Ligue 2. Je réalise l’arrêt décisif face au dernier tireur stéphanois lors de la séance de tirs au but. Ce fut un moment incroyable ». 

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Vainqueur de la Gambardella en 2011, Martin Sourzac était un élément moteur de l’ASM

(crédit photo : Planète-ASM)

  • Ta carrière est pour l’instant loin d’être un succès sportivement mais tu est en train de préparer ta nouvelle reconversion. De quoi s’agit-il ?

« Il faut savoir qu’à part les entraînements, nous avons énormément de temps libre en tant que footballeur. Par conséquent, j’ai fais appel à l’UNFP pour ma future reconversion dans la finance et la banque. En effet, je me rendais compte que je connaissais pas les tenants et les aboutissants d’un contrat au niveau financier. Que je ne savais pas ce que je gagnais. Je souhaitais quelque chose de concret. Je me suis donc lancé en novembre dernier dans un bachelor banque, finance et assurance à mon rythme avec des cours PDF et des examens à distance. J’ai déjà pas mal avancé puisque j’ai passé une première partie des examens fin avril tout comme mon mémoire et mon stage en tant que courtier en prêt immobilier avec Cafpi. Rendez-vous en septembre pour les résultats. »

  • Comment s’est déroulée ta préparation physique individuelle ?

« J’ai repris le 18 juin avec mon préparateur physique Raphael Pallanca. On a rapidement défini un programme avec les différents points à travailler. J’ai demandé son avis, ce fut un bon échange. L’objectif était d’éviter les pépins physiques. J’ai effectué jusqu’à deux séances par jour. Le matin était dédié à de la coordination avec des exercices d’escaliers, de renforcement musculaire avec le TRX (sangles) etc … Tandis que l’après-midi, c’était que du terrain. Ma femme est une amie d’enfance de Raphael, c’est comme cela que tout a commencé. Actuellement, je suis en stage avec le groupe et, comme à mon habitude, je me donne à fond pour la nouvelle saison. »

  • Que peux-t-on te souhaiter de meilleur pour la suite ?

« J’espère éviter les blessures contrairement à ce que j’ai vécu auparavant. Et bien évidemment de gagner du temps de jeu avec Nîmes ou ailleurs. »