Le 9 juin prochain débutera pour l’équipe nationale d’Australie la Coupe du monde en France (7 juin-7 juillet). Au sein de l’équipe au milieu des stars, une jeune fille connaîtra sa première compétition internationale. Mary Fowler, 16 ans mais du talent à revendre.

En juin prochain, les grandes vacances scolaires seront dans toutes les têtes. Propices à la fête, au repos et à une introspection pour tout à chacun. Pourtant, d’autres personnes seront sur le pied de guerre et devront travailler. Telle l’Australienne Mary Fowler, 16 ans seulement mais qui aura l’occasion de vivre une aventure exceptionnelle.

Mary Fowler, 16 ans seulement (Crédit photo : Canberratimes)

La jeunesse dorée

Ces dernières années, le football mondial nous a habitué à la jeunesse conquérante et impétueuse. En ligne de mire, l’attaquant parisien international français Kylian Mbappé ou encore le jeune champion portugais du Benfica, João Félix. Des joueurs prouvant que la valeur n’attend pas le nombre des années.

Pourtant, le football féminin n’est pas en reste, loin de là et la Coupe du monde en terre française donnera l’occasion d’en voir le point culminant. En effet, l’équipe nationale d’Australie, surnommée les “Matildas”, s’avanceront avec des certitudes. Mais également une jeunesse dorée prouvant le réservoir immense du pays dans tous les sports.

Outre l’attaquante star et capitaine de l’équipe Sam Kerr (25 ans) ou la jeune défenseur Ellie Carpenter (19 ans), une autre promesse s’apprête à découvrir le grand bain de la compétition. Mary Fowler, 16 ans mais promise à un avenir doré. Une joueuse qui risque de faire parler d’elle dans un avenir proche et pas uniquement en 2019… Comme le Français ou le Portugais, elle n’a pas de temps à perdre.

Le football, une histoire familiale

Si à cet âge, la plupart des jeunes sont en formation et peuvent cogiter sur leur avenir, rien de tout cela pour Mary Fowler. En effet, celle-ci semble programmée pour griller toutes les étapes la menant sur la plus haute marche du podium. Pour cela, l’attaquante peut compter sur une histoire familiale riche en football et des parents protecteurs.

Mary Fowler (à droite) avec son frère Quivi (au centre) et sa soeur Ciara (à gauche), une histoire de famille (Crédit photo : Cairnspost)

Un environnement propice à l’essence même de la pratique sportive et lui donnant des modèles. Née en 2003 d’un père Irlandais et d’une mère originaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée, un pays d’Océanie situé au nord-est de l’Australie, Fowler est une prodige australienne. Couvée comme il se doit par un cadre personnel fixe et ne laissant pas les sirènes de la gloire faire leur effet.

Entourée notamment de son frère Quivi (20 ans) et de sa sœur Ciara (18 ans), eux aussi pratiquant le football, le ballon rond est au cœur des débats. Formée dès son plus jeune âge à la pratique du football et pouvant compter sur ses proches, la jeune Fowler représente l’avenir d’un sport prenant de plus en plus d’importance en Australie.

Mary Fowler et le ballon (Crédit vidéo : Youtube – Kevin Fowler)

Un talent suivi par tout un pays

Dès lors, dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir Mary Fowler être au centre de toutes les attentions. Australienne certes mais contrairement à sa sœur et son frère qui jouent pour les jeunes sélections nationales irlandaises, Mary est une promesse pour les Matildas et les “A” qui n’en manquent pourtant pas.

Les Fowler, une famille dans l’herbe (Crédit vidéo : Youtube – thefowler5)

Par ailleurs, cette histoire familiale riche est à prendre en considération avec le fait que l’Australie représente une certaine zone d’influence pour la Papouasie. En fournissant régulièrement et notamment au rugby des personnalités sportives. Le pays d’origine de sa mère est une région permettant à Mary de nouer un lien fort côté maternel. Une sorte de prise de conscience que l’Océanie doit être représentée à travers elle.

« Tous les parents veulent le meilleur pour leurs enfants, c’est naturel. Vous faîtes tout ce qui est en votre pouvoir afin de leur fournir des opportunités en faisant des sacrifices. Aujourd’hui, c’est un juste retour des choses et on en profite. Tout cela en valait la peine et c’est du bonheur ! »

Kevin Fowler, père de Mary (The Sydney Morning Herald)

Mais c’est surtout une fierté pour toute la fratrie dans un environnement sécurisant et ne faisant pas n’importe quoi avec l’avenir des enfants. Un rêve grandeur nature qui permettra sans doute à la plus jeune des Fowler de monter au firmament de la gloire. Un étonnant parallèle pouvant être fait avec Kylian Mbappé qui lui aussi peut compter sur son père et sa mère pour le guider.

Des “Matildas” précoces en Coupe du monde

Dès lors, la Coupe du monde en France aura une certaine saveur lorsque l’on y pense. En effet, dès 2011 avec l’édition allemande, les Australiennes avaient chipé le record de précocité pour une joueuse en compétition. Cette année-là, l’attaquante Caitlin Food avait également 16 printemps lorsqu’elle participa à l’épreuve, toute une époque.

Mary Fowler s’entraîne avec Mick Clegg, un homme qui prépara physiquement un certain… CR7 (Crédit vidéo : Youtube – thefowler5)

Australie-Brésil, le match des extrêmes

Mêmes couleurs, le jaune et le vert, mêmes talents et même envie féroce de gagner. L’Australie et le Brésil seront dans le même groupe (C) et s’affronteront lors de la deuxième journée de la compétition à Montpellier. Pour un match au couteau et qui risque d’être décisif.

Toutefois, au-delà de ce match à enjeu, les regards seront probablement braqués sur deux joueuses. Deux histoires à elles seules de la place que prend désormais le football et l’importance des symboles. En effet, côté brésilien la milieu de terrain parisienne Formiga, 41 ans, un monument auriverde. Face…

… face à l’Australienne Mary Fowler, 16 ans (Crédit photo : foxsports)

De l’autre côté du terrain, Mary Fowler, 16 ans, débutera tout juste. Une sacrée perspective que de voir deux joueuses aux antipodes en termes d’âges et d’expériences mais qui représentent bien le fait que le football n’a pas de frontière et est intemporel. Une passation indirecte de témoin ?

Une joueuse convoitée et opérationnelle

Il y a quelques mois, le sélectionneur australien Alen Stajcic a été démis de ses fonctions. Remplacé derechef par Ante Milicic à la tête des Matildas. Un homme qui a une accointance certaine pour la jeunesse et les pépites en devenir. De ce fait, rien d’étonnant à ce que Mary Fowler ait fait partie de son premier choix.

« Je comprends que son jeune âge puisse être un frein mais en même temps, il faut toujours revenir aux qualités footballistiques de la joueuse. Et force est de constater qu’elle en a sous le pied… »

Ante Milicic n’a pas peur de donner sa chance à la jeunesse et Fowler (The Sydney Morning Herald)

En effet, permettre à la jeune attaquante de participer à sa première grande compétition en professionnelle n’a rien d’un hasard. Un choix mûrement réfléchi et s’inscrivant dans une stratégie d’émulation. Milicic comptant sur Fowler même si cette dernière n’a naturellement pas encore l’expérience. C’est déjà une victoire pour cette dernière et une sacrée motivation.

« Nous voulions tous (avec son frère et sa sœur NDLR) jouer pour le même pays. Ma famille est vraiment très importante pour moi. C’est important pour nous tous »

Mary Fowler, en mode “Marraine” (The Guardian)

Cependant, quoi de mieux que de tâter du terrain et se faire les dents en « vrai » plutôt que de rester confinée sur le banc. C’est l’option choisie par le sélectionneur et il ne sera pas surprenant de voir Mary Fowler faire son entrée dans le jeu. Vive, capable de jouer des deux pieds, ce rôle de joker derrière Sam Kerr et Lisa De Vanna permettrait de ramener de la fraîcheur en jeu.

En juin, ce sera bien mais pas que…

Sam Kerr et Mary Fowler, des recordwomens ! (Crédit Twitter : Andrew Howe)

Dès lors, si la jeunesse n’est pas éternelle ni une excuse, Mary Fowler n’en a cure. Programmée pour devenir la future attraction de son pays, celle-ci aura la capacité d’engranger de l’expérience et un vécu. Une vision stratégique pour elle et sa famille certes mais également pour l’Australie. En effet, le pays du soleil est candidate pour organiser la prochaine Coupe du monde féminine en 2023. Elle devra se battre notamment avec la candidature coréenne. Tout cela dans la perspective de nourrir le rêve de voir associée deux des plus belles promesses de ces dernières années. Sam Kerr et Mary Fowler. Une attaque de feu parée à tous les combats.