L’année 2018 aura été une année très chargée en terme de football. Entre la deuxième Coupe du Monde remportée par l’Equipe de France, une phase finale de Ligue des Champions exceptionnelle, ou encore le début de la Ligue des Nations, il aura été dur de souffler. Cette année aura été aussi révélatrice pour de nombreux talents, on pense à Kylian Mbappé en premier, mais il y a eu aussi Mohamed Salah.

La saison 2017-2018 de l’Égyptien est pharaonique, c’est le cas de le dire. Devenu un véritable monument du pays avec les pyramides et le Nil, l’ailier droit est aussi le chouchou de Liverpool en un clin d’oeil. Pourtant la carrière d’un footballeur ne peut pas se résumer à une simple saison, où à une compétition (des joueurs comme Salvatore Schillaci pourront difficilement me contredire). Il y a aussi l’après. Un futur encore plus radieux ou plus assombri pour Mo Salah ?

Artisan de la qualification en Coupe du Monde …

Après 28 ans de disette, l’Égypte valida son ticket pour la Coupe du Monde en Russie le 8 octobre 2017. Lors de ce match contre le Congo au stade Borg al-Arab, accueillant 86 000 personnes (affluence record), l’ambiance est tout simplement exceptionnelle. Cela sera prouvé à la 62ème minute, lorsque Salah se retrouve face à face avec le gardien congolais et ouvre le score. Le stade explose une première fois, Salah est entouré d’une quinzaine de personnes le congratulant, tout le banc et le staff se lèvent pour le féliciter. Néanmoins, à quelques minutes du terme, le Congo égalise grâce au Dijonnais Arnold Bouka Moutou. Tout le stade se tait. Mortifère. L’idée d’échouer si près du but rend tout Le Caire malade.

Cependant, un miracle va se produire, à la 93ème minute, Mahmoud Hassan « Trezeguet » (Kasimpasa) subit une grosse poussette de la part d’un défenseur et provoque un penalty. Tous les joueurs fêtent ça comme un but alors qu’ils pourraient très bien le rater. Non je suis cruel, vous savez très bien qu’il le transforme. Tout le stade célèbre la qualification, célébration qui durera toute la nuit dans la capitale. Un si grand moment que même le commentateur peine à retenir ses larmes (de joie). Frissons.

Par la suite, le hasard donne un tirage pas très compliqué pour les Pharaons, alors dans le chapeau 3. Uruguay, Russie et l’Arabie Saoudite, cela aurait pu être bien pire. Avec des éléments comme le vétéran Essam el-Hadary (Ismaily), le milieu Mohamed Elneny (Arsenal) ou encore Ahmed Hassan, épuisant les défenses de Liga NOS du côté de Braga, tout un pays croit en ses chances.

… mais qui sera catastrophique

Pourtant le premier match se jouera sans son Pharaon, Mohamed Salah étant toujours blessé à l’epaule depuis la finale de Ligue des Champions. Ce qui a probablement coûté la victoire contre l’Uruguay, perdant à la dernière minute sur une tête de José Maria Gimenez (Atletico Madrid), malgré une belle combativité.

Le deuxième match contre la Russie, pays hôte, s’annonce mieux. Avec le retour de « Mo », même s’il n’est pas à 100%, l’Égypte garde tous ses espoirs de créer la surprise. Il n’en sera rien. La Russie, en pleine bourre après sa victoire 5-0 contre les Saoudiens, restera en forme et inscrira 3 buts en 10 minutes (Fathi csc, Denis Cheryshev, Artem Dzyuba). Mohamed Salah inscrira un penalty pour réduire le score. Penalty qui relève plus de l’anecdote que du miracle.

Après cette défaite, et la victoire uruguayenne contre les saoudiens dans un des matchs les plus soporifiques de la compétition, l’Égypte est officiellement éliminée de la Coupe du Monde après deux matchs de poules. Le troisième match contre l’Arabie Saoudite reste une occasion de sauver l’honneur. Cela va bien commencer, puisque Salah ouvre le score à la 22ème. Aucune célébration, synonyme de la déception nationale.

Malheureusement, les choses vont prendre une tournure perverse, après un penalty sauvé par Essam el-Hadary (devenant ainsi le plus vieux joueur de l’histoire de la Coupe du Monde, à 45 ans et 5 mois), l’arbitre accordera un autre penalty dans les arrêts de jeu de la première mi-temps, transformé par Al-Faraj (Al-Hilal). La catastrophe ne se termine pas là, Al-Dossari inscrivant le but du 2-1 à la 94ème. La boucle est bouclée.

Malgré ses deux buts inscrits (les seuls de son équipe), Mohamed Salah reste à l’image de son équipe : une immense déception alors qu’il y avait tant à faire. Signe du déclin du Pharaon ?

Salah, peu d’efforts, peu de rendements (Crédits : Le Parisien)

Il porte Liverpool à lui tout seul …

Arrivé lors du mercato estival de 2017 en provenance de la Roma, où il était impliqué dans quasiment un but par match, Mo Salah reste sur une expérience anglaise assez difficile. José Mourinho n’arrivera pas à polir le diamant brut qu’il avait en main à Chelsea.

Pourtant le Pharaon balayera ces doutes d’un seul coup. Sur son côté droit, il est un véritable détonateur. Toujours très bien positionné lors des contres-attaques, il est l’élément indispensable. Vif, technique, et rapide, Salah est celui qui fatigue les défenses et bat les gardiens par ses choix imprévisibles. Sa saison se terminera avec 44 buts et 14 passes décisives en 54 matchs, ainsi qu’une finale de Ligue des Champions perdue contre le Real Madrid dont il sera le grand artisan.

Crédits : (JavierNathaniel)

… but you’ll never walk alone

Car oui, réduire toutes les performances d’un club à un seul homme n’a pas de sens. Surtout à Liverpool. En effet, même si les stats de Mohamed Salah restent pharaoniques, il était bien loin d’être seul. Sadio Mané, Philippe Coutinho (parti en janvier au Barça) ou encore Roberto Firmino pour compléter le trio d’attaque ne peuvent pas laisser couler cette bêtise.

Alors pourquoi Mohamed Salah était bien plus décisif que ses coéquipiers ? Une forme exceptionnelle qui a duré des mois. C’est ce qui a permis à l’attaquant égyptien de se démarquer du reste du monde. Cette forme permettait aussi à son équipe à se tourner vers lui de plus en plus, ce qui accentuait encore son compteur.

Evidemment, le terme feu de paille reste un peu fort pour cet ailier, qui est actuellement à 6 buts en 12 matchs de Premier League cette saison. Il n’empêche que sa blessure, sa Coupe du Monde catastrophique et son début de saison plus poussif, dû à une tactique plus collective et moins tournée vers le trio offensif, ne feront pas rentrer le Pharaon dans le Temple d’Osiris.

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