Cataclysmique début de saison en terres héraultaises : 5 défaites et un nul, 10ème place au classement, un seul but marqué en 6 rencontres (et sur pénalty). En octobre, à la veille d’affronter les Lyonnaises, les Montpelliéraines avaient pâle mine. C’est pourtant le point de départ de leur remontada.

La lumière a percé au milieu de l’automne, le 14 octobre précisément. Sur la pelouse du Groupama Stadium, les Montpelliéraines ont fait frissonner les Lyonnaises. Dans le milieu, on sait ce que cela signifie.

Score final 2-1 pour les championnes de France et d’Europe en titre. Victoire sur la plus petite des marges. Et Sarah Bouhaddi a encaissé un but. Valérie Gauvin, l’attaquante montpelliéraine, agitée de doutes en ce début de saison. Une défaite à Lyon, mais un coin de ciel bleu. Ce jour là, les filles de Jean-Louis Saez ont enfin produit du jeu. Bousculé Goliath.

Le foot, affaire de déclic.

Après, le 14 octobre, tout a changé. Montpellier a déroulé. Une semaine plus tard, le 20 octobre, Karchaoui & co exorcisaient les frustrations d’un début de saison loupé en atomisant Metz 11-0 lors de la 7ème journée de D1 féminine.

Il fallait un bouc émissaire aux 6 journées sans victoire, à se vautrer contre des équipes de milieu de tableau : ça a commencé par le promu Dijon (défaite 1-0 le 25 août), puis une flopée de défaites 1-0 : Bordeaux (le 8 septembre), Fleury (15 septembre), 3-0 contre le PSG le 23 du même mois. Et ce match nul contre Soyaux lors de la 5ème journée de championnat (1-1) : rejointes par les Sojaldiciennes en toute fin de match. Les filles de Saez ont abordé la trêve internationale déprimées au dernier degré. Attaquantes muettes, classement des bas fonds.

Indigne pour une équipe qui s’est habituée à prendre ses quartiers à la 3ème place au classement derrière Lyon et le Paris Saint-Germain.

Montpellier ne répond plus 

Il est toujours difficile de savoir pourquoi ce qui fonctionnait parfaitement tout à coup devient inopérant.

Les joueuses sont les mêmes.

L’entraîneur est le même.

Le système était le même.

On en expérimente d’autres.

On s’aperçoit que la concurrence est montée d’un niveau.

Dans ce genre de situation, lorsqu’on demande aux joueuses ce qu’elles en pensent, toujours la même réponse : il faut travailler. Seul le travail paiera. Se changer soi. On ne peut changer les autres. C’est le sens du message de la capitaine Linda Sembrant.

La capitaine montpelliéraine l’a dit et répété: le travail, seulement le travail pour retrouver la victoire (crédit : MHSC)

Le déclic, c’est Lyon !

La remontada a commencé par une défaite contre Lyon. Au retour de la trêve internationale. Cette remontada, difficile de lui donner un nom, un visage. En octobre, ce serait Stina Blackstenius, qui a inscrit un total de 6 buts contre Metz et Lille. En novembre, Clarisse Le Bihan. L’internationale tricolore a trouvé son rythme, les armes pour crucifier le Paris FC et Fleury par une fois, Guingamp par deux, Rodez par trois fois. En cette veille de 14ème journée de championnat, 9 buts au compteur. Le Bihan, troisième meilleure buteuse derrière Marie-Antoinette Katoto et la Ballon d’or « made in Norway » Ada Hegerberg.

Clarisse Le Bihan devient le métronome de l’attaque du MHSC (crédit : MHSC)

Entre les deux machines de l’attaque, l’internationale belge, Janice Cayman, sait être décisive en permettant notamment à son équipe d’arracher le match nul contre Bordeaux (2-2) lors de la treizième journée de championnat (8 décembre).

Les bases de Montpellier sont saines et solides. L’équipe se repose sur des cadres de grande valeur, à qui on ne la fait plus : Marion Torrent, Sakina Karchaoui, Janice Cayman, le trio suédois Stina Blackstenius, Linda Sembrant, Sofia Jakobsson… L’alchimie semble de nouveau opérer. Comme si Lyon avait ressoudé ces filles-là qu’un rien – on ne sait pas – avait dispersé. Et les autres ont dérouillé : Rodez et Guingamp en ont pris cinq (10ème et 11ème journées), le Paris FC deux (9ème journée), Fleury trois (12ème journée).

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Le cas Valérie Gauvin donne davantage de soucis. L’internationale française trimballe le blues de l’attaquante : peu de buts marqués, le corps flanche. Sa blessure au genou l’écarte des terrains. Et la course à la Coupe du monde est lancée. De quoi exacerber les doutes.

La remontada jusqu’où?

Le 10 décembre au matin, on s’est réveillé avec l’impression que le monde du ballon rond s’était remis à l’endroit. Profitant du faux pas du Paris FC défait 3-1 par le PSG, enfin, Montpellier occupe la troisième place du classement de D1. De quoi alléger la déception de ce match nul contre Bordeaux (2-2). Les planètes montpelliéraines enfin réalignées ?

La dynamique semble retrouvée. Le match contre les Lyonnaises du 16 décembre prochain sera particulièrement scruté : traditionnellement c’est contre Hegerberg, Henry et compagnie que Torrent, Karchaoui, Putingam et les autres produisent leur meilleur jeu.

La remontada de Montpellier ne pourra pas laisser Valérie Gauvin sur le bas-côté. Il en va de sa pérennité. Les clés de l’attaque sont confiées à Le Bihan et Blackstenius qui font excellemment le job. Pour autant, une équipe ne se passe pas d’une attaquante comme Gauvin, qui a les faveurs de Corinne Diacre, la sélectionneuse de cette équipe de France qui jouera le Mondial à la maison en espérant « ramener la Coupe ». Remontada indéniablement. Mais déjà trop tard pourtant pour finir deuxièmes, le Paris Saint-Germain est trop loin. Objectif : verrouiller la troisième place. Votre mission, Valérie Gauvin, si vous l’acceptez.