Match de gala mardi soir. En quart de finale aller de la Ligue des Champions, les Reds de Liverpool reçoivent le FC Porto. Si tout le monde voit les hommes de Klopp en favoris, attention au champion du Portugal en titre. Et à Moussa Marega. Un homme de destinée. Jamais aussi bon qu’avec un match à enjeu.

Le printemps est arrivé et l’heure de vérité n’a jamais été aussi proche. Avec un quart de finale de Ligue des Champions dans un des temples du football, Anfield. Entre deux équipes en formes et au destin parallèle. Mais surtout l’occasion rêvée pour l’attaquant malien de Porto, Moussa Marega, de montrer l’étendue de tout son talent. En mondovision.

L’attaquant du F.C. Porto, Moussa Marega en pleine réflexion (Crédit photo : L’Equipe)

Marega, un attaquant de poids

Le poste d’attaquant est celui le plus visible sur un terrain et qui permet au titulaire du poste de faire corps avec son équipe. Si d’aventure, avec des buts ou des passes décisives, ce joueur offensif est capable de tirer son équipe d’un mauvais pas, le club lui en sera reconnaissant. Éternellement. Et ce, même plusieurs années après.

C’est un peu ce qui est arrivé à Porto le tour précédent contre les Italiens de la Roma lors du match retour. Grâce à son puissant attaquant malien. Après un premier match perdu, les hommes de Sergio Conceição se devait de marquer pour se qualifier. Pour un FC Porto qui ne s’était pas hissé dans les huit dernières équipes en Ligue des Champions depuis des lustres. Dans un match mal embarqué et un défi relevé non sans difficultés.

Le FC « Marega » Porto vs la Roma. Avec un Moussa Marega dans tous les bons coups (Crédit vidéo : Youtube – First Soccer)

Les « Dragões » s’en sont remis à Moussa Marega. Auteur ce soir-là d’un but et d’une passe décisive pour son compère de l’attaque, Tiquinho Soares. Et qui a passé sa longue soirée a martyrisé la défense des Giallorossi. Jusqu’à épuisement et la fin de prolongation. Avec le pénalty libérateur du latéral gauche brésilien, Alex Telles. Cette rencontre ayant été l’acmé prouvant l’importance de plus en plus grande prise par le numéro 11 de Porto.

Quand le destin s’en mêle…

Un attaquant, c’est toujours entendu, a souvent le bon rôle lorsqu’il est efficace et décisif. C’est un fait non négociable et le jeu du métier. Toutefois, l’histoire entre Moussa Marega et Porto aurait pu connaître quelques dysfonctionnements. Comme dans tout club et là où la concurrence est féroce. Et tenace. Surtout dans un championnat de Liga NOS où la deuxième place est un échec pour un club multi-titré tel que Porto.

Flash-back en début de saison. En effet, début août, le FC Porto avait un problème de riches et un casse-tête à résoudre, disposant de trois attaquants devant pour mener le front de l’attaque. Trois hommes efficaces mais avec un de trop. Question d’équilibre. Entre le Camerounais Vincent Aboubakar qui avait commencé la saison en boulet de canon, avec 4 buts en 7 rencontres. Le Brésilien Tiquinho Soares, tout aussi régulier. Et donc Marega.

La solution trouvée par Conceição pour faire jouer tout le monde est à reprocher de ce qu’il se passa au PSG, il y a quelques saisons. Lorsque l’on n’a pas d’autres solutions que de trancher à moitié. À savoir, pour le coup, mettre Marega sur un côté en position d’ailier. À l’instar d’Edinson Cavani lorsque Zlatan Ibrahimovic évoluait en avant-centre. Bref, un problème de riches mais qui fut involontairement résolu… Avec la malheureuse et grave blessure d’Aboubakar, ce qui entraîna le recentrage du puissant Malien. Au centre, avec un nouveau rôle, des responsabilités, et une visibilité plus accrue.

Les Ulis, vivier de talents pré-destinés

Le destin, toujours. Et un retour en arrière. Les Ulis, commune située dans le département de l’Essonne (91), au sud-ouest de Paris a donné au football de nombreux joueurs de caractères. Les plus connus étant Thierry Henry, meilleur buteur de l’histoire de l’Equipe de France et figure d’Arsenal, époque Wenger. Ou encore l’inénarrable Patrice « I love this game » Evra. Connu tout aussi bien pour son palmarès exceptionnel que ses frasques ou ses vidéos du lundi matin…

Toutefois, derrière ces deux légendes locales, un autre joueur plus discret mais néanmoins tout aussi talentueux a vu le jour. Un attaquant puissant, capable d’évoluer sur tout le front de l’attaque. Buteur, passeur, rugueux, jouant de son physique à merveille. Bref, un joueur de rupture, véritable poison pour les défenseurs. Lorsque ceux-ci arrivent par l’arrêter… Et qui finit souvent par prendre le dessus.

Moussa Marega dans ses oeuvres (Crédit vidéo : Youtube – VidaFutbol_ES)

La vie est une destinée pour tout à chacun et celle qui va conduire Marega à éclore se trouvera au Portugal. Un pays idéal pour trouver chaleur humaine, stabilité et championnat à sa mesure. Un environnement insulaire propre à bonifier un joueur et lui donner confiance. Au sein de la Liga NOS depuis 2015, Marega se sent à l’aise dans le pays d’Eusébio et le montrera petit à petit. À force de persévérance et de travail.

Destination, le sud et le Portugal

D’abord au Marítimo où le Malien fit profiter de ses buts le club de l’Île de Madère. Puis, depuis maintenant trois saisons chez les champions du nord du pays. Désormais dans une position d’avant-centre dans laquelle le joueur s’épanouit de plus en plus. Malgré la concurrence ou, parfois, un certain manque d’efficacité. Qui aurait pu nuire à sa carrière au FC Porto.

Cependant, avec une saison 2017/2018 aboutie, le talent de buteur du Malien ne se conteste plus. Avec ce total de 22 buts et qui a grandement permis à Porto d’être champion du Portugal pour la 28ème fois. Du reste, l’apport du natif des Ulis a été prouvé lors de sa blessure. Et qui aura vu Porto perdre son avance sur son rival de toujours. Les « Rouges » du Benfica des duettistes João Félix et Haris Seferović. À croire que les coéquipiers du capitaine Hector Herrera ne supportaient pas les frimas de l’hiver…

Un destin tout tracé et adoubé par… une légende portugaise

Luis Figo. On ne présente pas l’ancien joueur de Barcelone, l’Inter Milan et qui fut un des « Galactiques » avec Zinédine Zidane ou Ronaldo (le Brésilien) du Real Madrid. Un des meilleurs joueurs portugais de l’histoire. Un homme que l’on écoute et qui a une idée bien précise à propos de Moussa Marega. Puisque l’ancien numéro 7 de la sélection portugaise voit tout simplement le Malien comme l’un des dignes successeurs des Samuel Eto’o ou Didier Drogba. Et dans la lignée des Mbappé, Ronaldo ou Messi. Excusez du peu.

« Moussa Marega est à son meilleur niveau et ce qu’il entreprend au FC Porto est tout simplement extraordinaire. De nos jours, les médias encensent beaucoup des joueurs tels que Mbappé, Messi, Salah ou Cristiano Ronaldo. Mais ils oublient Marega qui fait des choses incroyables. C’est un attaquant complet, capable de marquer dans toutes les positions. Il a une bonne vision du jeu, une bonne technique et est très impressionnant dans les duels aériens. S’il continue de travailler beaucoup, je pense qu’il ira loin et atteindra le niveau de Samuel Eto’o ou Didier Drogba »

Luis Figo à propos de Moussa Marega. Des compliments valant de l’or de la part de l’ancien madrilène (A Bola)

Liverpool-Porto, destins croisés et couleurs inversées

Mardi soir donc, quart de finale de Champions League. Pour deux équipes similaires et dont la saison semble calquer sur la même destinée. Avec à leur tête deux entraîneurs compétents, charismatiques et ayant une certaine idée du football. L’Allemand Jürgen Klopp contre Sergio Conceição, deux cocottes minutes sur le bord de la pelouse, qui donneront de la voix pour bouger leurs joueurs. Deux équipes également tenaillées dans une féroce lutte pour remporter leur championnat respectif. Jusqu’à la dernière seconde du dernier match.

« On gagne 1-4, non ? » (Crédit photo : maliactu)

Une histoire de couleurs aussi. Entre les Reds de Liverpool qui lutte chaque semaine pied à pied contre les Cityzens du Manchester City de Pep Guardiola et Bernado Silva. Pour gagner un championnat d’Angleterre qui les fuit depuis… 29 ans. Une éternité. En vouant par ailleurs aux gémonies la couleur « bleue ». Remember Everton.

Et un FC Porto, allergique à la couleur « rouge » engagé, lui, dans un mano à mano avec les « Encarnados » du Benfica. Pour remporter un… 29ème championnat. Aurons-nous donc un but à la 29ème minute mardi soir ? Au milieu, un Moussa Marega qui aura lui aussi un objectif personnel élevé contre deux joueurs adverses. Lutte personnelle contre le Sénégalais Sadio Mané ainsi que l’Egyptien Mohamed Salah, Ballon d’or africain 2018. Un match dans le match pour tenter d’asseoir une suprématie continentale.

Le football africain à l’honneur

Ce vent de fraîcheur venu d’Afrique et cette lutte indirecte seront certainement dans le coin de la tête de Moussa Marega. Ce dernier aura l’espace nécessaire à Anfield pour montrer tout l’étendue de son immense talent. Et tenter de remporter, sur le terrain, le titre du joueur du continent africain. En marquant le but, le fameux but à l’extérieur pouvant changer la donne pour Porto.

Avec un beau duel en perspective pour Marega face à un des meilleurs défenseurs du monde, Virgil van Dijk. En tout cas, ce match dans le match sera une grande occasion pour mettre à l’honneur des joueurs représentant l’avenir. Et qui seront les fers de lance de leurs clubs respectifs. Ainsi que la meilleure chance de victoire, aussi bien pour Liverpool que pour Porto. Question de destinée.

Mané et Salah seront aux premières loges pour voir Marega (Crédit photo : adakar)
Marega, lui, avertit ses adversaires qui devront se méfier de lui (Crédit photo : planetesportsmali)

Marega, une destination à prendre

Effectivement, s’il est entendu que le monde du football regardera le match entre Liverpool et Porto avec attention, et que les Reds seront les favoris, il ne faut en aucun cas sous-estimer les Portugais. Jamais. Qui ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils sont au pied du mur. Avec un Marega à la pointe de cette destinée que constitue la Ligue des Champions. Et qui aura une occasion en or de se révéler à la face de la planète foot. Pour, pourquoi pas, un jour, aller dans un club de top niveau mondial.

Des Ulis à Anfield, à l’instar d’un certain Thierry Henry, rien de meilleur que d’aider son club à se qualifier. Tous ces objectifs et ses rêves seront réalisables avec une bonne performance. Et, pour Marega, qui aura 28 ans dans moins d’une semaine, rien de mieux certainement que de s’offrir un magnifique cadeau d’anniversaire avant l’heure. À la face du monde et en direct. Idéal pour montrer ses atouts et être le digne héritier d’un certain Seydou Keita dans le coeur du football malien.

Car, lorsque l’on parle de destinée, à l’instar de la chanson éponyme, ces quelques paroles résument parfaitement la situation de Moussa Marega. Une destinée. Un avenir radieux. Et un travail à finir. Pas le choix.

« Destinée,
Inutile de fuir ou de lutter
C’est écrit dans notre destinée
Tu ne pourras pas y échapper
C’est gravé »

Guy Marchand (Destinée)