Après une année difficile et malgré un mercato décevant, l’OM rêve plus que jamais de figurer sur le podium et, enfin, accrocher une qualification en Ligue des champions.

Podium. Le nom semble résonner inlassablement dans les couloirs de La Commanderie depuis le mois de juin. Alors que l’OM rentre dans la quatrième année de l’ère McCourt, le Champions Project a pris du plomb dans l’aile. Pourtant auteur d’une belle épopée en Ligue Europa il y a deux ans, le temps a passé et les supporters s’impatientent. Et ce n’est pas la récente victoire en Ligue 1 Games qui ravira les fans. Cette année, plus que jamais, le Vélodrome veut s’embraser et retrouver une Ligue des Champions qui l’a quitté depuis six ans.

La prudence comme mot d’ordre

À l’OM, on veut le beurre et l’argent du beurre. Confronté à la dure réalité du fair-play financier de l’UEFA, Frank McCourt a dû repenser sa politique et revoir ses ambitions à la baisse. Et le changement de cap dessine un virage assez net. Exit le recrutement de joueurs d’expérience aux salaires pharaoniques, du Champions Project au projet Dortmund il n’y a qu’un pas. Les Phocéens veulent s’appuyer sur le recrutement de jeunes prometteurs et espérer une belle plus-value. Comme un certain Vincent Labrune en son temps.

Payet, Mendy et Thauvin. Symbole d’une économie contrôlée et d’un recrutement intelligent en 2013 (Crédit photo : Football.fr)

En 2013, l’OM recrutait Benjamin Mendy, Florian Thauvin et Dimitri Payet. Et l’été suivant, c’est Michy Batshuayi qui débarque dans la Ville sans Nom. Coût de l’opération : 28 millions d’euros. Six ans et 56 millions de plus-values plus tard, Thauvin et Payet sont toujours titulaires indiscutables, Mendy est devenue l’un des meilleurs latéraux d’Europe, à mi-temps certes, et Michy s’éclate en Premier League. Si le projet est économiquement viable, l’échec sportif est retentissant : ni titres, ni qualification en C1. Mais ce système a pourtant fait ses preuves, Monaco est champion de Ligue 1 en 2017 et Lille a été le dauphin du PSG l’an dernier. De quoi inspirer l’investisseur américain Frank McCourt ?

Fair-play financier ou pas, notre trajectoire financière n’était plus soutenable sur un cycle aussi long, un club n’est pas une danseuse ou un gadget, c’est une entreprise”

Jacques-Henri Eyraud confesse l’échec des premières années McCourt dans les colonnes de L’Equipe

La raison plutôt que la passion. C’est de cette façon qu’on envisage ce nouvel exercice à Marseille. La jurisprudence Balotelli semble avoir fonctionné, pas de recrutement onéreux ni salaires mirobolants. Dario Benedetto a été débauché à Boca pour 14 millions, joli coup pour celui qui affiche une moyenne d’un but tous les deux matches (88 pions en 174 rencontres). Le centre de formation est aussi à l’honneur puisque Maxime Lopez et Boubacar Kamara devrait débuter dans le onze-type. En somme, un alliage intelligent entre jeunesse et expérience. Reste que le projet est à haut risque. Il a mené Monaco et Lille aux portes de la relégation. Marseille est prévenue.

AVB, l’homme de la situation ?

Pour faire grandir ses jeunes pousses, l’Olympique de Marseille a choisi de s’appuyer sur André Villas-Boas. À seulement 41 ans, le Portugais s’avance avec un CV prometteur. Plus jeune coach de l’histoire vainqueur d’une Coupe d’Europe, il remporte à tout juste 33 ans l’Europa League avec Porto en 2011. Également très proche de Zubizarreta, le directeur sportif marseillais, AVB adhère complètement à la nouvelle politique de l’OM et semble impatient de débuter son aventure dans la cité phocéenne.

AVB et Mandanda, nouveau capitaine des Olympiens, tout sourire en conférence de presse après la victoire aux EA Ligue 1 Games (Crédit photo : Les Transferts)

Le Portugais semble s’être bien acclimater au soleil du Sud. Il parle un français irréprochable et affiche un sourire en permanence. De plus, son amour pour les entraînements avec ballon paraît ravir les joueurs. Mais le plus difficile reste à venir. Quand les vrais matches vont commencer, ce sera l’heure des choix difficiles. Les cadres du groupe ont tous déçu la saison dernière. De Mandanda à Payet en passant par Luiz Gustavo et Thauvin. Des jeunes, particulièrement Florian Chabrolle, pourraient taper dans l’œil de Villas-Boas et venir bouleverser la hiérarchie.

“On va avoir dans notre effectif quelques places pour les jeunes, parmi ceux qui sont là. Quatre ou cinq places, en fonction de notre mercato. On a fait des changements dans la formation.”

Villas-Boas compte donner sa chance aux jeunes de La Commanderie cette saison (via L’Equipe)

Toutefois, l’OM semble se diriger vers un système classique en 4-3-3 cette saison. Indéniablement, il s’agit du meilleur schéma pour faire parler les qualités du milieu marseillais. Luis Gustavo devrait retrouver un rôle de chef d’orchestre au poste de sentinelle alors que Lopez et Sanson sont pressentis aux postes de relayeurs. L’association a plutôt bien marché aux États-Unis et devrait être reconduite lors de premiers matchs de championnat. Avec un effectif réduit, mais délaissé de toutes compétitions européennes, l’OM version AVB pourrait être la bonne surprise de Ligue 1 cette année.

Le onze de départ possible pour Marseille, avec Benedetto en pointe (Crédit photo : L’Equipe)

Benedetto, un transfert plein d’espoirs

Pourtant, l’attraction du moment à Marseille ne se nomme ni McCourt ni Villas-Boas, mais bien Darío Benedetto. C’est lui qui pourrait venir être le grantatakan voulu par l’OM depuis trois ans. Après de longs mois de galère au poste de numéro 9, l’ex-buteur de Boca semble être la bonne idée d’un mercato olympien jusqu’alors timide. D’abord, le made in sud-américain, c’est pas cher. On a tendance à l’oublier, mais à 16 millions d’euros on ne recrute que Mitroglou en Europe. Pour un numéro 9, c’est un véritable braquage. Encore plus dans le cas du club phocéen, dont les finances sont très limitées, et qui a offert des salaires monstrueux à Strootman et Balotelli l’an dernier.

Dario Benedetto possède une palette technique redoutable ainsi qu’une force de frappe redoutable (Crédit vidéo : Youtube – Frame Arg)

Si Benedetto débarque en Europe en étant un quasi-inconnu, ses statistiques parlent d’elles-mêmes. Avec une moyenne d’un but tous les deux matchs depuis 2013, l’Argentin a remporté quatre titres de champion (en 2015 et 2016 au Mexique avec le Club América et en 2017 et 2018 avec Boca). Assez pour que Marseille devance le PSG ? Sans doute pas. Mais le grinta sud-américaine de Darío pourrait faire de lui ce tueur que l’OM recherche et en surprendre plus d’un cette saison. Entre l’ambiance survoltée de la Bombonera et l’incandescence du Vélodrome, il ne pourrait y avoir qu’un pas.

Pour la première fois depuis longtemps, l’équipe de Marseille semble en accord avec ses objectifs. Et car il n’y a pas que l’amour qui dure trois ans, l’OM s’est débarrassé du fardeau Champions Project, devenu bien trop lourd. L’idée d’une triplette Payet – Benedetto – Thauvin pourrait redonner le sourire à des fans las des saisons vierges. Si Lyon et Monaco se sont sûrement plus renforcé que leur voisin de la Côte d’Azur, l’OM n’a rien à perdre et donnera tout en championnat. Et Benedetto pourrait bien-être celui qui fera remonter les Phocéens sur le podium, qui leur échappe depuis 2013. Sur un malentendu, ça peut passer !