La saison de Galatasaray s’apparente jusqu’à maintenant à un véritable chemin de croix. Au choix, entre mauvais résultats, absence de jeu et insuffisances de certains, l’équipe de Fatih Terim a du mal à décoller. Toutefois, un joueur tire son épingle du jeu, Ömer Bayram.

Il y a des saisons plus difficiles que d’autres. Il semblerait qu’après le titre inespéré de la saison dernière, Galatasaray éprouve une certaine gueule de bois à mi-saison. Une équipe à sept points du surprenant leader Sivasspor, et éliminée de la Ligue des Champions. Pourtant, au milieu de toutes ces péripéties, un joueur est en train de se faire une place au soleil dans ce marasme. Ömer Bayram, une des seules satisfactions de l’équipe dans la deuxième partie de 2019.

Ömer Bayram (à droite) lors du derby face à Fenerbahçe (Crédit photo : BFM TV)

Formation aux Pays-Bas et polyvalence future

Dans la vie, il faut avoir un peu de chance, être là au bon moment et savoir saisir les perches tendues. Ömer Bayram, vingt-huit ans, semble avoir pris à son compte cette maxime et continue sa progression. Né aux Pays-Bas au sein d’une des plus grandes communautés turque (après celle d’Allemagne, NDLR), le joueur a fait ses classes au pays de Clarence Seedorf.

Breda est située au sud des Pays-Bas (Crédit photo : Voyager l’architecture – Blog)

Comme bon nombre de bi-nationaux avant lui dont le plus célèbre est le milieu de terrain de Beşiktaş, Oğuzhan Özyakup, Ömer Bayram incarne cette double culture. Formé dans les différentes équipes du NAC Breda, il aura acquis un double versant. Un côté européen solide et où il aura appris ses gammes. Pour aller ensuite développer ses talents dans le pays de ses parents dans un style plus direct. Avec pas mal de discrétion au départ certes mais beaucoup de réussite par la suite.

Oğuzhan Özyakup est lui aussi né aux Pays-Bas (Crédit photo : SoFoot)

Une éducation footballistique finalement bien utile pour le joueur dont le vrai poste oscille sur tout le flanc gauche. Mi-ailier, mi-milieu gauche voire parfois arrière latéral, Bayram n’a de cesse de jouer en fonction des impératifs de son équipe. En ce sens, il n’est pas étonnant de le voir éclore depuis deux saisons sur le devant de la scène. Un joueur sûr sur qui un entraîneur peut compter et qui alignera les kilomètres comme un métronome.

Une autre dimension en Turquie

Cette saison donc, le gaucher turc est l’une des rares satisfactions de son équipe. Au sein d’un groupe en proie au doute et avec un rendement de cadres très loin des attentes placés en eux, Bayram a le meilleur rendement. Déjà auteur de quatre passes décisives pour ses coéquipiers, le numéro dix-neuf est la pierre angulaire du dispositif de Fatih Terim dorénavant. Après pourtant des performances précédentes bien décevantes à Galatasaray au départ.

Une régularité nouvelle qui lui permet de figurer en haut des statistiques personnelles. Surtout, une carrière menée désormais tambour battant et des titres récoltés avec Galatasaray (un championnat, une Coupe de Turquie et une Supercoupe de Turquie, NDLR) et Akhisarpor (une Coupe de Turquie, NDLR). Là où d’autres joueurs auraient depuis longtemps été mis sur la touche ou auraient coulés depuis belle lurette.

Le latéral gauche de Galatasaray, Ömer Bayram (à droite) gifle le latéral droit de Trabzonspor
João Pereira (à gauche). Un geste qui sera fortement commenté en Turquie (Crédit photo : Hürriyet)

Dans un championnat où la concurrence est féroce et une équipe au sein de laquelle les joueurs étrangers sont davantage mis en valeur, la performance est remarquable. Profitant donc de cette polyvalence, le joueur peut miser elle pour avancer mais il devra également être maître de ses nerfs. Auteur lors de la treizième journée lors du match face à Trabzonspor (1-1) d’une gifle envers le défenseur portugais João Pereira, Bayram doit encore progresser dans cette optique. Toujours cette ambivalence entre le terrain pur et les contours du jeu.

Breda, Van Dijk et les haricots secs

Aux Pays-Bas donc, la ville de Breda n’est pas aussi connue qu’Amsterdam ou Rotterdam. Toutefois, ville de naissance de premier plan de personnalités éminentes telles que le peintre flamand Pieter Brueghel dit « l’Ancien » ou du manager d’un certain Elvis Presley, le « Colonel » Parker, la ville du sud des Pays-Bas est davantage reconnu désormais par le biais du football.

Quand Virgil répond à Ömer. La connexion de Breda est active sur tous les continents (Crédit photo : Super Haber TV)

En effet, en juillet 1991, Virgil Van Dijk y a vu le jour, une vingtaine de jours avant Ömer Bayram. Même ville, même année de naissance, même mois, le parallèle est frappant. Tellement que le milieu-défenseur turc a livré une anecdote sur les liens l’unissant au défenseur néerlandais de Liverpool. Un lien culinaire bien connu des Turcs par ailleurs et qui démontre une belle amitié.

« Virgil van Dijk venait souvent à la maison et ma mère nous cuisinait des spécialités turques. Telles que des « kuru fasuliye » (haricots secs blancs, spécialité turque, préparée avec du riz, NDLR) »

Ömer Bayram, en mode cuisine et dépendance avec Virgil Van Dijk (Super Haber TV)

Un lien d’amitié avec un des meilleurs joueurs du monde qui montre une face méconnue du joueur. Typique de la culture d’ouverture des Pays-Bas et de l’accueil chaleureux de la communauté turque. Au-délà de l’anecdote et même si le fil de leurs carrières respectives est à l’opposée en termes de notoriétés, Van Dijk et Bayram démontrent une évolution certaine. Partis d’une petite ville du sud des Pays-Bas pour aller vers les cimes du succès à Liverpool et Istanbul.

Virgil Van Dijk (à gauche) et Ömer Bayram (à droite), une histoire d’amitié qui dure (Crédit photo : Ucan Harfler)

Euro 2020, en ligne de mire ?

Pour Ömer Bayram, l’année 2020 risque d’être le tournant. Entre son club qui voudra impérativement tenter de se (re)mêler à la lutte au titre. Mais surtout, une année charnière avec l’Euro 2020 en tête. Au sein d’une sélection nationale turque pourvue en gauchers, Bayram tentera de s’installer et rebattre les cartes, lui qui ne compte qu’une seule sélection.

Pour Ömer Bayram, 2020 sera l’année de son installation en équipe nationale ? La question reste ouverte (Crédit photo : Sabah)

Quoi qu’il en soit, de Breda à Kayseri en passant par Akhisar ou Galatasaray, Ömer Bayram démontre qu’il n’est pas nécessaire d’être trop visible. Régularité, continuité, développement et polyvalence sont les maîtres-mots d’un joueur méconnu mais qui gagne à être connu. Si d’aventure, le Turc reste maître de lui et évite de trop commettre de fautes, son péché mignon donc, gageons qu’il saura se mettre dans la poche ses supporters.

Nom : Bayram, prénom : Ömer, profession : enflammer Galatasaray (Crédit vidéo : Youtube – Musab Bayrak)

Dans tous les cas, le mercato d’hiver qui arrive d’ici quelques jours montrera si Galatasaray pourra tutoyer de nouveau les sommets. Dès lors, si Radamel Falcao et ses coéquipiers se réveillent au bon moment, l’équipe de Terim pourra monter en gamme. Pour cela, Ömer Bayram sera toujours là pour distiller ses caviars et permettre à Galatasaray de lutter pour le titre. De 1991, année de leurs naissances, à 2020 et si les deux amis d’enfance devenaient champions de Turquie et d’Angleterre ? En même temps… quel beau symbole pour Breda.