Ancienne place forte du football italien et européen dans les années 90, Parme a connu un grand creux durant les années 2010 et s’est retrouvé en Serie D. Cela aurait pu leur être fatal et disparaître définitivement. Retour sur l’histoire récente du club.

Quand l’on évoque le club de Parme, on pense tout de suite à de grands joueurs. Lilian Thuram, Gianluigi Buffon ou Fabio Cannavaro ont tous les trois porté ce maillot. On se remémore également la finale face à l’OM en 1999, synonyme de vainqueur de la Coupe UEFA. Tout ça est le côté magnifique de ce club. Mais il y a également une partie récente plus sombre. De l’ombre à la lumière.

Des difficultés financières qui mènent en Serie D

Durant les années 2000, le club italien fait face à de graves problèmes économiques. Un nouvel actionnaire arrive au club pour tenter d’irriguer ceci. Tommaso Ghirardi décide de racheter ce club en 2007. Mais les résultats ne suivent pas. Les Parmesans naviguent entre la Serie B et le ventre mou de la Serie A.

L’actionnaire du club Tommaso Ghirardi (Crédit Photo : Gazzeta Di Parma)

Ils arrivent tout de même à finir dans les places qualificatives de la Ligue Europa lors de la fin de saison 2013-2014. Néanmoins, à cause du Fair Play financier, le club fondé en 1913 ne peut y participer. Une preuve de plus de la difficulté financière de ce club. C’est le début de la fin pour cette équipe historique. L’actionnaire se retire et Parme est déclarée en faillite en mars 2015. La saison 2014-2015 se termine par une dernière place de Serie A. Être relégué en deuxième division aurait été un moindre mal. Mais ce n’est malheureusement pas le cas. La Ligue italienne décide de les reléguer administrativement en quatrième division à l’instar des Glasgow Rangers en Écosse. Ce club est alors tout proche de disparaître de la carte footballistique.

La remontée du club : de la Serie D à la Serie A

Lorsque Parme s’est retrouvée en Serie D en juin 2015, il était inimaginable de penser que le club serait de nouveau en Serie A lors de la saison 2018-2019. Et pourtant. C’est bel et bien ce qui va se réaliser. Plusieurs investisseurs, principalement locaux, décident de racheter le club en 2015. Le co-propriétaire de l’entreprise Barilla ou le propriétaire d’une marque automobile sont de ceux-ci. 

Guido Barilla, l’un des nouveaux investisseurs du club (Crédit Photo : Yagg)

L’équipe de Parme survole tout d’abord la Serie D. Elle termine avec un total de 94 points, soit 17 de plus que le second. Le club finit même invaincu, preuve de leur très grande domination. Lors de la saison d’après,  en terminant deuxièmes, ils sont obligés de disputer les play-off d’accession pour espérer accéder en Serie B. Malgré une séance de tirs aux buts en demi-finales, ce sera chose faite après six rencontres. 

À l’issue de cette saison, l’organigramme change de nouveau. En effet, des investisseurs chinois choisissent de reprendre ce club centenaire. Pour redonner une âme à cette équipe, ils font revenir un joueur historique. L’attaquant emblématique Hernán Crespo devient alors vice-président.

En Serie B, Parme sera la meilleure défense du championnat. Cette défense est composée notamment d’Alessandro Lucarelli, joueur le plus capé de l’histoire parmesane et attaché à ce club. Il avait en effet choisi de rester en Serie D après la rétrogradation administrative. Cette preuve de fidélité sera primordiale pour accéder en Serie A puisqu’ils terminent second grâce à la différence de buts. Parme est alors en première division grâce à quatre montées successives, une première dans l’histoire italienne.
Une affaire de soupçon de matchs truqués vient tout de même ternir l’image du club. La Fédération accepte la montée des Parmesans mais leur inflige cinq points de pénalité, finalement annulés en appel. De son côté, Lucarelli choisit d’arrêter après 350 matchs au club et voit son numéro 6 retirer.

Alessandro Lucarelli avec le maillot de Parme (Crédit Photo : Sporting News)

À la porte de l’Europe aujourd’hui

Durant le marché estival en 2018, Parme recrute de manière intelligente. Les dirigeants décident de ne pas dépenser de sommes folles. Une rareté au vu de l’explosion des prix du marché. Ils prennent principalement des joueurs libres comme l’expérimenté portugais Bruno Alves ou l’ancien lillois Gervinho. Outre ce type de joueurs sans contrat, Parme va réaliser de nombreux prêts : neuf au total. Roberto Inglese est dans cette liste. Attaquant chevronné en Serie A, il a dépassé les dix buts lors des deux dernières saisons. C’est donc un atout de poids pour le club parmesan. 

Roberto Inglese auteur de quatre buts depuis le début de saison (Crédit Photo : CalcioNapoli1926.it)

Le début de saison a été difficile pour le promu. Ils n’ont en effet pris qu’un point lors des trois premières rencontres. Puis, la machine s’est mise en route. Le club a alors pris 19 points en onze rencontres avec des victoires probantes. Ils ont notamment battu l’Inter Milan à Giuseppe Meazza. Avant d’affronter le Chievo Vérone ce dimanche après-midi, Parme est aujourd’hui dixième à un point de la sixième place, synonyme de qualification pour l’Europa League. Après avoir connu l’enfer, les supporters pourraient de nouveau connaître un avenir radieux les prochaines années. Oui, Parme y revenu de très loin.