Le coup du 13-0 face à la Thaïlande, on l’avait pas vu venir. Double record de Coupe du Monde : nombre de buts marqués et victoire par le plus grand écart de buts. On a eu un peu mal pour les Thaïlandaises : personne n’aimerait entrer dans le Guiness par cette porte là.

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Et effectivement, ça fait mal..

Mais on s’est dit, bon, la Thaïlande, c’est pas fou non plus. On est allé vérifier son classement FIFA. 34ème. Et on s’est rappelé que le Nigéria est 38ème. Et là on s’est dit « Ah oui, quand même ». Puis il y a eu le match des Stars and Stripes contre le Chili. Victoire 3-0.

Si on ne regarde que le score final, deux conclusions. Premièrement, c’était un match de foot normal, avec un résultat normal. Deuxièmement, les Thaïlandaises devaient vraiment être « nulles » pour se prendre 13-0…

Sauf que ce score de 3-0 ne dit rien du nombre de poteaux, de transversales, d’arrêts décisifs de la gardienne Endler, qui a d’ailleurs été désignée joueuse du match. Oui ! La gardienne chilienne ! Joueuse du match !

La gardienne chilienne Endler a réalisé une prestation XXL face aux Américaines et a été désignée joueuse du match (Crédit Twitter : @fifa_fr)

Faut dire qu’elle n’a pas chômé. Carli Lloyd était on fire. Doublé en première mi-temps (11ème, 35ème), avalanche de poteaux et transversale en seconde, s’offrant même le luxe de rater un pénalty. Et tout ça sans que Jill Ellis, la sélectionneuse, prenne la peine de titulariser ou de faire entrer Alex Morgan, Tobin Heath, ou Megan Rapinoe. Comme ça les meufs, tranquilles, sans forcer. Comme le copain qu’on a tous eu un jour, le crack en maths qui se ramasse 19/20 ayant ouvert le bouquin de cours 5 minutes avant l’examen.

Les stats ne mentent pas. Côté Stars and Stripes, 26 tirs, 3 buts, + 9 cadrés, 14 non cadrés, 3 bloqués, 15 corners. Côté Chili, 1 tir (on ne sait pas s’il était cadré ou pas), 1 corner. Conclusion, en encaissant que trois buts, le Chili a commis l’acte de résistance le plus héroïque de toute cette compétition.

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En seulement deux matchs, elles ont déjà marquées les esprits et la compétition de leur empreinte ! (Crédit Twitter : @MLS_FRA)

Du coup, on comprend mieux les Thaïlandaises. Et surtout, on se dit qu’on n’aimerait pas être Suédoise par les temps qui courent. Ok, ce qui se joue ce soir entre la Suède et les Etats-Unis, c’est la première place dans ce groupe F. Ce n’est pas un match à élimination directe. Il n’empêche. Cela fait deux matchs que les Américaines sont en mode Attila. Il risque d’y avoir du scalp blond au soir du 20 juin. 

Ce qui fait plus peur encore, c’est qu’à ce rythme, les huitièmes passeront sans qu’on s’en rende compte et viendront les quarts. Et si tout se déroule correctement comme on l’espère, en face, la France. 

Et là, on flippe un peu. Mais que s’est-il passé entre le match amical France/Etats-Unis de janvier dernier et ce mois de juin (victoire de la France 3-1) ? On les avait laissées physiquement limitées, stratégiquement brouillonnes. Elles reviennent en monstre. Il y a quelque chose. Le quelque chose, c’est la saison NWSL qui a repris, un effectif au complet, des joueuses qui pour certaines vivent leurs dernières minutes en sélection, ne reviendront pas pour la prochaine… C’est un groupe en campagne, avec pour slogan Make America great for ever.

Ces vingt-trois-là regardent le monde du ballon rond comme un empire à reconquérir tous les quatre ans. 

Et nos Bleues dans tout ça ? Lorsque le coup de sifflet déchirera les cieux du Parc des Princes pour lancer ce quart de finale tant espéré face aux Stars and Stripes, la Corée du Sud, la Norvège, le Nigéria seront bien, bien loin. Le compte à rebours est lancé. Nos Bleues ont une dizaine de jours pour opérer leur mue américaine.