Le dimanche 7 juillet (22 heures, heure française) aura lieu la finale de la Copa America 2019 au stade Maracanã. Face à l’archi-favori de la compétition, le Brésil, le Pérou ne part pas favori mais pourrait créer une surprise de taille.

La finale de la Copa America nous offre une finale inattendue et déséquilibrée sur le papier. D’un côté, le Brésil et ses stars qui évolueront à domicile soutenu par tout un peuple. De l’autre, le Pérou que les favoris ne mettaient pas en avant mais qui aura réussi une performance de choix. Toutefois si les Auriverde ont les faveurs des pronostics, le Pérou ne partira pas en victime expiatoire… loin de là.

Maracanã 1950 et 2019, même combat ?

Tout amoureux du ballon rond et du Brésil connaît le nom du mythique stade du Rio de Janeiro, Estádio Jornalista Mário Filho, plus connu sous le nom du Maracanã. Un des stades les plus impressionnants au monde d’où la ferveur et le nombre de supporters peuvent provoquer scènes de liesse ou chocs à grande échelle.

Barbosa (N°1, de dos) ne se remettra jamais de ce but en finale de la Coupe du monde 1950… (Crédit photo : Le Point)

Tel en 1950 et la finale perdue par le Brésil face au Uruguayens (1-2) le 16 juillet du mythique Alcides Ghiggia. Un drame national qui aura même poursuivi les joueurs dont le gardien de l’époque Moacir Barbosa qui finira en paria de tout un pays. Un drame absolu donc et qui revient en filigrane dès lors que la pression se fait intense au pays du football. Des conditions loin d’être idéales et qui peuvent inhiber des joueurs, même ceux les plus habitués.

L’ombre du Maracanã… (Crédit photo : Tripadvisor)

Il sera donc question de voir comment cette peur voire cette impossibilité de perdre va jouer dans les esprits des Brésiliens. Si le Maracanã respire le football, son ombre tutélaire et la finale de 1950 peuvent peser sur les corps et les esprits. Pas vraiment l’idéal si le jeu se bloque et dont les Péruviens peuvent jouer.

Parce que Paolo Guerrero a du Brésil en lui

Son nom est connu tel le loup blanc à travers deux pays de football. L’un symbolisant la rigueur, la discipline mais également le spectacle. L’autre le football pur et la volonté de toujours avancer avec le ballon au pied. Deux pays dont les liens se sont également volontiers resserrer un soir de demi-finale de Coupe du monde en 2014 au… Brésil.

Paolo Guerrero ou le « Michaël Scofield » tatoué péruvien (Crédit photo : Courrier International)

Outre ce fameux match perdu par la Seleção 7-1 face à la Mannschaft, un joueur symbolise les deux pays. Paolo Guerrero, le guerrier de Lima, 35 ans, une carrière jalonnée entre l’Allemagne et le Brésil. Ancien joueur-buteur de Hambourg SV et du Bayern Munich, Guerrero joue désormais au Brésil au Sport Club Internacional de Porto Alegre. Après un passage chez le Flamengo, le Péruvien aura l’occasion de frapper un coup s’il réussit une bonne performance.

Teófilo Cubillas la légende du football péruvien (Crédit photo : El Comercio)

Proche des 100 sélections, au sein d’une équipe joueuse mais solide, en témoigne sa prestation face aux favoris chiliens balayés par 3 buts à 0. Il sera donc motivé par cette occasion rêvée de frapper un grand coup sur le continent sud-américain. 44 ans après la dernière victoire du Pérou en Copa America (1975 NDLR). Surtout en jouant une finale face au favori ultime du tournoi, Guerrero aura l’occasion d’entrer davantage dans la légende péruvienne. En devenant l’égal de l’immense attaquant Teófilo Cubillas au panthéon des plus grands de son pays.

Parce qu’une finale se joue sur le terrain

La dernière confrontation entre le Brésil et le Pérou est toute récente et pas du tout à l’avantage de Péruviens. Défaits 5 buts à 0 lors du 3ème match du groupe A il y a un peu moins de deux semaines, les coéquipiers de Yoshimar Yotún ont encore le goût du cuir sur la peau. Dans ces conditions, la peur de se prendre une véritable correction peut réduire les meilleures velléités à néant.

Le challenger peut le faire !! (Crédit photo : Eurosport)

Toutefois, l’histoire regorge de coups du sort et de favoris ayant écrasé la concurrence en phase de poule mais qui ont fini avec une défaite en finale. Telle la grande équipe de Hongrie de Ferenc Puskás face à l’Allemagne de l’Ouest de Helmut Rahn. Une défaite en groupe (8-3) pour les Allemands mais une victoire en finale de la Coupe du monde 1954 par 3 buts à 2.

3-0 pour le Pérou face au Chili en demi-finale de Copa America (Crédit vidéo : Youtube – beIN SPORTS France)

Si le parallèle peut prêter à sourire, il ne faut jamais sous-estimer une équipe qui n’aura rien à perdre. Dans une ambiance hostile et avec des supporteurs ayant pris fait et cause pour le Brésil, Guerrero et ses coéquipiers n’auront strictement rien à craindre, bien au contraire. Dans ces conditions, l’histoire pouvant vaciller sous le poids de la pression, le Pérou jouera crânement sa chance.

Parce que le Brésil n’aime pas la pression

À contrario, le Brésil même favori aura malgré tout le poids de la pression sur ses épaules. Jouant à domicile dans un des plus grands stades au monde, avec tout le pays derrière. Dani Alves et les siens pourront surfer sur la vague ou bien se casser les dents face au Pérou.

Indice : il y a un absent (ou deux) sur cette photo, le trouveras-tu? (Crédit photo : Be Soccer)

Lorsque la pression se fait forte, les Brésiliens peuvent perdre leurs moyens et se trouver bloquer. Étiquette de favori sur la liquette, la Seleção n’est pas à l’abri d’un coup de moins bien. A l’instar du match face Venezuela lors du deuxième match de groupe (0-0) ou bien encore du quart de finale face au Paraguay (0-0 puis 4-3 après TAB).

5-0 pour le Brésil face au Pérou en phase de groupe… la donne changera pour la finale? (Crédit vidéo : Youtube – beIN SPORTS France)

Le collectif si huilé et parfait peut également se fissurer et connaître un retard à l’allumage. Dans une finale où par définition l’enjeu peut prendre le pas sur le jeu, les Brésiliens sentiraient un peu trop fortement toute la pression d’un peuple. Être favori, c’est bien, le supporter, c’est mieux et ce sera toute l’équation à résoudre pour le sélectionneur Tite.

Parce que le maillot du Pérou est magnifique

Le maillot du Pérou (Crédit photo : Lucarne Opposée)

Rien à dire, c’est beau…