Après une fin de saison 2018/2019 chahutée sur et en hors du terrain, le PSG semble avoir changé de tactique. En misant sur une équipe plus équilibrée et avec un vent de fraîcheur, cette nouvelle stratégie sera suffisante pour le renouveau espéré?

La saison 2019/2020 sera cruciale pour le club de la Capitale à plus d’un titre. Au niveau comptable en championnat, la saison était assez similaire que l’année dernière. Néanmoins l’équipe a dû essayer une nouvelle humiliation contre Manchester United (0-2 puis 1-3) sans oublier la défaite en finale de Coupe de France contre Rennes.. À l’orée d’une nouvelle saison donc, le PSG semble avoir tiré les erreurs du passé et pourra compter sur une nouvelle dynamique pour essayer de rebondir !

Sur cette photo, un joueur est susceptible de partir du PSG. Sauras-tu le trouver? (Crédit photo : Le Parisien)

Leonardo du PSG, retour aux fondamentaux

Joueur, Leonardo Nascimento de Araújo a laissé une trace indélébile et capitale pour le PSG. Sur le terrain malgré une petite saison au club (1996/1997 NDLR), le milieu gauche fut un joueur élégant et technique. 15 ans plus tard, c’est en tant que directeur sportif que le Brésilien reviendra dans la Ville Lumière pour mettre en place les prémices du PSG made in QSI. Ce travail préparera le terrain à Zlatan Ibrahimović et compagnie dans la galaxie parisienne. Un joueur inoubliable donc doublé d’un dirigeant avisé et calme dans sa démarche.

Le monde change mais pas Leonardo (Crédit photo : L’Express)

Toutefois, après son expérience parisienne, la suite sera moins rose pour le Brésilien. Un départ fracassant du PSG, quelques expériences mitigées en Turquie (Antalyaspor) ou à Milan (Milan AC et Inter) en tant que coach principal. Pour finir, un retour à ses sources puisque Leonardo reviendra finalement rapidement vers ses premiers amours en tant que directeur sportif. D’abord au Milan puis au PSG cette saison six ans après son départ donc. Le rappel de l’ancien milieu de la Seleção sonne finalement comme un coup de semonce pour un club aux ambitions élevées mais chahuté par ses propres turpitudes.

Ce retour vers son premier amour a tout naturellement amené Leonardo à se comporter comme son homonyme de la Renaissance. Un autre bâtisseur qui à l’instar de Leonardo de Vinci s’est mis au travail afin que le PSG retrouve sa sérénité. Un recrutement à l’image de l’homme et qui s’est concentré sur le milieu de terrain. Ce défaut rédhibitoire dans la cuirasse notamment la saison dernière. Un renforcement à des postes stratégiques et pouvant combler justement les manquements profonds de la saison précédente.

Un milieu de terrain reconstruit en bloc

Le PSG a toujours aimé les gauchers et les pieds soyeux dans son histoire à l’instar du Brésilien Nenê, Jérôme Rothen, Laurent Robert ou l’inoubliable Mustapha Dhaleb. Plus récemment, son milieu de terrain fut également le théâtre d’âpres luttes symbolisées par Blaise Matuidi, Thiago Motta et à un niveau moindre mais néanmoins non moins talentueux, Adrien Rabiot. Trois pieds gauches d’exceptions et qui furent les charpentes soutenant l’équipe dans ses moments les plus difficiles ces dernières saisons.

« Le PSG est un club respecté, qui a de la classe. Un club où évoluent trois ou quatre des meilleurs joueurs du monde. Je sais aussi que c’est l’un des clubs les plus détestés de France, et ça me plaît »

Ander Herrera qui est prêt au combat (France Football)

Toutefois, entre le départ pour la Juventus du premier, la retraite sportive du second et la mise au placard l’an dernier du dernier, le PSG a vécu mille galères. Ce qui a amené l’entraîneur allemand Thomas Tuchel a essayé en vain de monter d’autres joueurs pour amener de la diversité (voir Marquinhos en milieu défensif par exemple, NDLR). Une situation aussi bien intenable pour les joueurs que pour la direction.

C’est pourquoi, le mercato a offert à Tuchel ce qu’il n’avait pas osé imaginé l’an passé : de la diversité et de la percussion. Un bon moyen désormais de varier ses fameux choix avec des joueurs ayant connaissance du poste et de ses exigences. Une sorte de retour aux sources ô combien bienvenue et salvateur pour toutes les parties.

Paredes, Sarabia, Herrera, Gueye en forces et férocités…

Leandro Paredes (Argentine, 25 ans), Pablo Sarabia (Espagne, 27 ans), Ander Herrera (Espagne, 30 ans), Idrissa Gueye (Sénégal, 29 ans), quatre joueurs différents mais quatre personnalités. Surtout, au-delà de l’aspect qualitatif et quantitatif, quatre éléments expérimentés pouvant aller au charbon. Habitués dans les championnats italiens, anglais ou espagnols à aller au combat et lutter. Capables d’apporter ce petit plus faisant la différence au moment opportun dans le mental.

Les jumeaux Espagnols du PSG (Ander Herrera, à gauche et Pablo Sarabia, à droite. Même maillot, même gestuelle, même mimique (Crédit photo : Paris Fans)

Des joueurs besogneux dans le sens noble du terme et qui démontre que le PSG « Bling-Bling » des années précédentes semble être révolu. Paredes, Sarabia, Herrera ou Gueye sont surtout un bon moyen d’envoyer un signe fort à l’extérieur. En démontrant que le PSG revient à ses fondamentaux de combat, d’abnégation et de sacrifice quelques peu absents ces dernières saisons. Dans une équipe bâtie pour tout remporter, cette « Grinta » nouvelle pourrait être décisive.

Idrissa Gueye et son maillot du Gana (Crédit photo : Sport.fr)

Une configuration somme toute idéale pour ramener de l’impact et des solutions aux moments les plus chauds de la saison. Sarabia en percussion sur son côté pour servir au mieux Mbappé, Di Maria, Cavani ou Neymar. Paredes pour jouer son rôle en numéro 8 et contrôler le jeu. Herrera pour faire montre de vice et de reprise du rôle anciennement dévolu à Motta. Enfin, Gueye pour amener de la puissance au milieu en protecteur du jeu telle une sentinelle.

… mais un mercato à finaliser

Cependant si le milieu de terrain est désormais au grand complet et la défense renforcée avec l’arrivée de l’ancien défenseur du Borussia Dortmund Abdou Diallo, il reste encore du pain sur la planche. Entre le poste de gardien de but toujours en jachère avec le titulaire Alphonse Areola constesté. Mais surtout le départ ou non acté de Neymar dans l’air et qui devra être tranché rapidement.

Premier trophée traditionnel pour le PSG face à Rennes (Crédit vidéo : beIN Sports France)

Dès lors, l’équipe peut encore évoluer et la concurrence amènera également les joueurs à ne pas se reposer sur leurs lauriers. Ces postes devront donc tenter de bonifier l’ensemble et d’équilibrer davantage l’équipe. Une condition sine qua non pour éviter les désagréments et chahuts.

Changement de paradigme dans la continuité

C’est un fait, le PSG sera une fois encore le club le plus visible du championnat de par sa situation et sa puissance financière, même si celle-ci est toujours sous le coup du fair-play financier. En ligne de mire toutefois comme chaque saison le Graal inaccessible de la Ligue des Champions. L’objectif le plus important étant de briser une bonne foi pour toute ce plafond de verre que constitue ce fameux quart de finale qui se refuse au club.

Kylian Mbappé, l’atout-maître du PSG (Crédit photo : Mercato 365)

Dans une situation quelque peu alambiquée concernant la situation de Neymar dont ne sait pas s’il va rester ou partir (au Barca? Au Real?), cette incertitude n’aide pas. Toutefois avec l’émergence de talents et le leadership terrain de Kylian Mbappé, le PSG peut enclencher une nouvelle dynamique. En ayant en tête que la pression sera sur leurs épaules toute la saison et les critiques pleuvant à chaque mauvais pas. Cependant, les Parisiens pourront compter sur un Leonardo rusé et expérimenté pour contrer les velléités de chacun.

Finalement, un changement dans la continuité ou la continuité du changement? Le PSG devra savoir ce qu’il veut faire pour tenter d’intégrer le top niveau européen. La sagesse est souvent meilleure conseillère que le clinquant et le PSG semble l’avoir bien intégré désormais. Aux joueurs donc de se montrer pour rêver plus grand tous ensemble, vers les mêmes objectifs. Ce qui n’est pas la moindre des défis lorsqu’on revient à ses premiers amours.