Dans le courant du mois d’octobre, les Girondins de Bordeaux vont être rachetés. Ils passeront ainsi sous pavillon américain. Ce fut le cas de nombreux clubs en France. Retour sur ces rachats passés qui ne sont pas forcément gage de réussite …

Depuis une dizaine d’années, le rachat en France est devenu comme un effet de mode et de nombreux clubs s’y essaient. Cela devient sans doute nécessaire pour tenter de remporter des trophées. Il faut en effet remonter à 2012 pour trouver trace d’un champion de France sans fond étranger. Des clubs prennent donc le pari d’être majoritairement sous pavillon étranger alors que d’autres ajoutent une petite part étrangère. C’est le cas de Lyon par exemple qui a 20% de part chinoise dans son capital.

Les réussites

Le Paris Saint-Germain

En mai 2011, le Qatar par l’intermédiaire de QSI rachète le club parisien et devient à 70% propriétaire du club. Depuis 7 ans maintenant, de très grands joueurs ont débarqué dans la capitale française (Neymar, Ibrahimovic …) et les titres nationaux se succèdent avec au compteur 20 trophées. La seule ombre au tableau est la Ligue des Champions. En effet, le club parisien n’arrive pas à dépasser les quarts de finale malgré des moyens colossaux.

L’AS Monaco

Alors que le club est dernier de Ligue 2, le Russe Dimitri Rybolovlev devient le propriétaire en décembre 2011. Après être remonté en Ligue 1 deux années plus tard, Monaco arrive à détrôner l’ogre parisien du championnat en 2017. S’ajoute à ça de sublimes parcours en Ligue des Champions avec un quart et une demi-finale. L’effectif monégasque a notamment vu arriver Radamel Falcao mais a aussi formé le phénomène français Kylian Mbappé.

L’Olympique de Marseille

Grâce à Frank McCourt, l’OM passe sous fond américain à la fin de l’année 2016. L’équipe phocéenne redevient l’une des références nationales sur les transferts et les résultats. Lors de la saison passée, Marseille devient le premier club français à être finaliste de la Ligue Europa sans toutefois s’imposer face à un Atletico Madrid injouable. De plus, des joueurs internationaux comme Kevin Strootman acceptent de venir. L’Olympique de Marseille est également propriétaire de leur stade Vélodrome, une rareté en France.

Les échecs

Le Grenoble Foot 38

Le GF38 devient propriété d’actionnaire japonais en novembre 2004 alors que le club végète en 2ème division. Après quelques années, le club réussit l’accession en Ligue 1 et fait construire un stade de 20 000 places. Les couleurs du ciel étaient alors aussi claires que celles du maillot. Mais cela ne dura qu’un temps. Seulement 2 ans plus tard, le club isérois redescendit en Ligue 2 sans s’en remettre. Les propriétaires ne sont en effet plus en mesure de combler les dettes. La suite logique de cette fin tragique est le dépôt de bilan et le club fut obligé de repartir en National 3 (ex-CFA2). Il a fallu 7 ans à ce club pour se retrouver de nouveau en Ligue 2. Comme quoi l’expression « il est plus facile de descendre que de monter » se vérifie aisément.

Le FC Sochaux Montbéliard

En 2015, Sochaux est racheté par Ledus, un groupe d’actionnaire chinois. Il se sépare ainsi de Peugeot, l’actionnaire historique du club. Alors en Ligue 2 lors de ce rachat, le club doubiste n’arrive pas à s’en sortir et est encore en seconde division, trois saisons plus tard. Les supporters sont en colère de cette gestion financière et sportive. Ce club historique est alors sous la menace d’une rétrogradation en 5ème division lors du début de l’année 2018. Etant dans l’incapacité de régler ce problème, Ledus décide de placer Sochaux comme club satellite d’Alavès. Grâce à ça, le club est parvenu à se maintenir en Ligue 2 … mais jusqu’à quand ?

L’AS Nancy Lorraine

En 2016, Nancy est sur le point de passer sous pavillon chinois. Ces actionnaires promettent monts et merveilles au président Jacques Rousselot. Il visait par exemple la Ligue des Champions d’ici 3 ou 4 ans. Sauf que la vente ne se fit pas et Nancy commença doucement mais sûrement à couler. Il y eut tout d’abord la relégation en Ligue 2 en mai 2017 puis un début de saison catastrophique durant cette saison. L’ASNL en est aujourd’hui à 6 défaites en autant de matchs pour aucun but marqué. Monsieur Rousselot décida alors de vendre ses parts à un fond américain pour devenir donc propriétaire en mai 2018. Sera-ce un choix payant ou bien un énième fiasco ? Seul l’avenir nous le dira.

Quid des Girondins

Dans quelques semaines donc, les Marines et Blancs vont rejoindre ces clubs cités précédemment en devenant majoritairement américain. Il s’agit de Great American Capital Partners (GACP) qui est une société spécialisée dans la fourniture de capitaux opportunistes. Joe DaGrosa est l’homme qui va racheter Bordeaux via ce fond d’investissement pour environ 70 millions d’euros. Mais quels sont réellement ces objectifs ? Viser le titre ou simplement tenter de glaner une place sur le podium chaque année ? Pour Joe DaGrosa, c’est assez clair : lui souhaite le titre sans faire des folies comme déclaré sur le plateau de Téléfoot dimanche dernier.

L’objectif est de gagner de l’argent, mais nous avons une vision sur le long terme. Nous voulons investir intelligemment. Notre plan est de devenir champion de France.

Les objectifs sont donc assez élevés mais beaucoup de repreneurs dans le passé tenaient plus ou moins le même discours … Une chose est sûre : Thierry Henry a refusé le poste d’entraîneur car celui-ci manquait de garanties chez les Girondins.