La defenseure centrale dispute sa sixième saison à l’Olympique Lyonnais. Dans un club où la concurrence est rude, la Japonaise s’est rapidement montrée indispensable. Pouvant évoluer en défense centrale ou au milieu du terrain, la joueuse de 28 ans régule le jeu lyonnais avec brio. Portrait d’une joueuse aussi attachante que talentueuse.

Après deux saisons en Europe au FFC Francfort sans titre et avec deux finales perdues (Coupe d’Allemagne et Ligue des Champions 2012 perdue face à Lyon), Saki Kumagai décide de rejoindre le club de Jean-Michel Aulas. À 22 ans, elle arrive donc en France chez le cador lyonnais pour franchir un nouveau palier. Six saisons plus tard, on peut dire que l’objectif est largement rempli.

Une adaptation éclaire

À son arrivée à Lyon en 2013, la championne du monde 2011 remplace Laura Georges, partie au Paris SG, pour former avec Wendie Renard une charnière centrale redoutable. Malgré la barrière de la langue, la Nippone est rapidement rentrée dans le moule. Son statut de championne du monde 2011 à seulement 20 ans en impose. Patrice Lair, l’entraîneur de l’OL, à son arrivée dans le Rhône a tout de suite été conquis par l’ancienne joueuse de Francfort.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 39a54.jpg.
Saki Kumagai et Wendie Renard associée en défense centrale à son arrivée à Lyon (crédit photo : L’Equipe)

Les coachs se succèdent et Saki Kumagai est toujours autant utilisée. Que ce soit sous les ordres de Patrice Lair (2013-2014), Gérard Prêcheur (2015-2017) et désormais l’ancien Nantais Reynald Pedros depuis 2017, la native de Sapporo a toujours eu la côte. Consciente de ses limites, l’ex-joueuse d’Urawa Red Diamonds se concentre sur ce qu’elle sait faire de mieux, à savoir sa qualité de passe et de relance.

« Kumagai, c’est fabuleux ! Elle est bonne techniquement, elle est intelligente et en plus, au milieu de terrain, elle est encore meilleure. Je pourrais même la mettre définitivement à ce poste. Avec Wendie Renard, quand elles sont en forme, c’est la meilleure défense centrale du monde en ce moment ».

Patrice Lair en octobre 2013 (Eurosport)

Un changement de poste qui met plus en valeur ses qualités

Dans un premier temps, Kumagai évolue en défense centrale puis rapidement en tant que sentinelle. Devant la défense, la Nippone est encore plus performante. En 2015, Griedge Mbock quitte Guingamp pour rejoindre l’OL et prendra la place de Saki Kumagai qui montera d’un cran. Un choix tactique plutôt intéressant. Avec ce trident, l’assise lyonnaise est assurée.

La composition lyonnaise avec Saki Kumagai en sentinelle (crédit photo : lequipe.fr)

Cette saison souvent associée à Amandine Henry et Dzsenifer Marozsan, elle règne dans sa zone entre la défense et le secteur offensif. La Japonaise est à la récupération tandis que la capitaine de l’équipe de France est plutôt relayeuse et l’Allemande se charge de l’animation offensive. Un trio très complémentaire. Son rôle dans l’ombre des autres stars de l’équipe lui convient très bien.

Un palmarès long comme le bras en club…

Déjà championne du Japon en 2009 avec les Arawa Red Diamonds, son premier club professionnel, Saki Kumagai a tout gagné avec Lyon. Il faut dire que le club du président Aulas domine la D1 féminine mais a aussi de très bons résultats sur la scène européenne.

En cinq saisons à Lyon, la Japonaise a rempli son armoire à trophée avec cinq titres de championne de France (2014 à 2018), quatre Coupes de France (2014 à 2017) et trois Ligues des Champions (2016 à 2018). En 183 matchs avec l’OL, Saki Kumagai n’a perdu que sept fois ! Des chiffres hallucinants.

Saki Kumagai contre Wolfsburg en 2016 (crédit vidéo : youtube WoSo Comps)

Les Fenottes sont insatiables, et cette année encore, elles sont qualifiées en finale de la Coupe de France (contre Lille le 8 mai). Mais surtout, elle reste en course pour le titre de champion de France en concurrence avec le club ennemi du Paris SG. En Ligue des championnes, les filles de Reynald Pedros sont toujours qualifiées et joueront Chelsea en demi-finale. Donc de nouveaux trophées en vue.

L’OL de Saki Kumagai domine sans partage en France (crédit photo : olympique-et-lyonnais.com)

… comme en sélection

Saki Kumagai va connaitre sa première sélection à seulement 17 ans et va vite devenir un rouage essentiel chez les Nadeshiko. À seulement 20 ans, elle offre le titre de Championne du Monde 2011 au Japon en marquant le dernier penalty face aux États-Unis et sa légende Hope Solo dans les buts. Probablement le tournant qui va booster sa carrière et lui ouvrir les portes de la très réputée Frauen-Bundesliga. On connaît la suite.

Aux JO de Londres en 2012, la sélection nippone sera médaillée d’argent. Parmi ses plus beaux exploits en équipe nationale, Saki sera vice-championne du monde en 2015 et remportera la Coupe d’Asie en 2018.
À partir de janvier 2017, elle héritera du brassard de capitaine en sélection et compte à ce jour 101 sélections à seulement 28 ans.

Saki Kumagai marque le penalty pour être champion du monde 2011. La consécration ! (crédit vidéo : youtube Matthew Lewellen)

Sur le plan personnel, celle qui est née sur l’île d’Hokkaidō sera nommée parmi quinze prétendants pour le premier Ballon d’or féminin en 2018 et sera classée douzième. Un Ballon d’or que remportera sa coéquipière norvégienne en club Ada Hegerberg.

Saki Kumagai est sous contrat avec Lyon jusqu’en 2020, l’année de ses trente ans. Et dans un coin de sa tête, elle espère bien disputer en 2020 aussi les JO qui se dérouleront dans son pays natal. Elle devrait retrouver bon nombre de ses coéquipières lyonnaises ce jeudi pour ce match amical entre la France et le Japon au stade l’Abbé-Deschamps d’Auxerre ce soir. Mais il ne sera plus question d’amabilités entre la Japonaise et ses partenaires de club (Wendie Renard, Griedge Mbock, Amel Majri, Amandine Henry, Delphine Cascarino, Sarah Bouhaddi, & Eugénie Le Sommer), du moins pendant 90 minutes. Un match de préparation important dans l’optique du Mondial qui approche à grands pas et qui se déroulera en France (7 juin au 7 juillet). En espérant un éventuel doublé après la victoire des bleus lors du Mondial 2018.

[themoneytizer id= »18234-28″]