Dimanche à 17h30, Arsenal – cinquième de Premier League – affronte le quatrième Manchester United. Un rival historique qui compte un petit point d’avance au championnat. Ce match est l’occasion de se refaire après le voyage sur les terres françaises conclu par un surprenant 3-1 face à Rennes en Europa League.

La rencontre au Roazhon Park a permis à Matteo Guendouzi et Laurent Koscielny de remettre les pieds dans leur pays natal. Si les deux Français sont devenus des valeurs sûres chez les Gunners, ils sont loin d’être les premiers tricolores à s’imposer dans l’enceinte de l’Emirates Stadium. Retour sur les joueurs français d’Arsenal, le club le plus Bleu/Blanc/Rouge d’Angleterre.

Une conquête sur le tard mais un âge d’or rapide

En 1996, l’entraîneur de l’époque, Bruce Rioch, part du club. Dans la foulée, un homme tout droit sorti de Nagoya au Japon débarque. Du haut de ses 47 ans, cet homme a déjà 450 matchs sur le banc avec l’AS Nancy-Lorraine et l’AS Monaco à son actif. Son nom : Arsène Wenger. L’Alsacien s’impose rapidement en finissant troisième pour sa première année et en raflant le doublé Premier League-FA Cup l’année suivante, en 1998.

Cette toute première année 1996, Wenger fait venir deux joueurs français au club le même jour : Rémi Garde et Patrick Vieira. Les deux joueurs prennent vite leurs marques et Garde devient le premier joueur non anglais à porter le brassard de capitaine pour les Gunners. Pratiquant un football très propre, Garde, déjà trentenaire, devient un remplaçant de choix pour son coéquipier. Vieira, lui, devient titulaire indiscutable dans la formation, il jouera jusqu’en 2005 et portera à 406 reprises le maillot des gunners tandis que Garde rangera les crampons en 1999 avec 31 petits matchs.

En parlant de petit… En 1997, arrivent trois nouveaux frenchies qui vont avoir une importance considérable dans le onze de Wenger, et ce à chaque poste. À l’attaque, Nicolas Anelka, petit prodige de 18 ans cette année-là, conquit progressivement les Gunners avec six buts pour sa première saison, et dix-sept lors de la seconde. Emmanuel Petit devient un milieu relayeur de référence avec ses qualités de relanceur et de buteur (11 buts pour 119 matchs). Enfin, Gilles Grimandi, ami d’enfance d’Emmanuel Petit, devient un exemple de défenseur. N’hésitant pas à mouiller le maillot, Grimandi est un joueur agressif qui aura successivement envoyé Pep Guardiola et Diego Simeone à l’infirmerie.

Lors de l’année du sacre en 1998, Petit aura joué 32 matchs de Premier League, Vieira 31, Anelka et Grimandi 16 et Garde 6. En juillet, Vieira et Petit deviendront protagonistes de la victoire en Coupe du Monde avec notamment cette passe décisive mythique de Vieira pour son ami dans les dernières secondes du match face au Brésil. Et 1, et 2 et 3-0…

Le but du 3-0, une action made in Arsenal (Crédit vidéo : YouTube)

En 1998, le club signe deux nouveaux Français. Tout frais vainqueur de la Coupe Gambardela avec Saint-Étienne, le milieu David Grondin ne participe qu’à quatre rencontres en quatre ans. Et Thierry Henry, presque pareil : 370 matchs pour 226 buts. Véritable légende des Gunners et quatre fois meilleur buteur du championnat, “Titi” va former un trio de choc avec Patrick Vieira et Robert Pires, arrivé en 2000 qui participera à 284 rencontres pour 84 réalisations. Sans oublier de nouveaux frenchies arrivés en 2000 : Jérémie Aliadière qui jouera 48 matchs avec Arsenal avant de se venger de Wenger sous le maillot de Middlesbrough) et Sylvain Wiltord qui fera 175 apparitions.

Le trio français infernal : Pires, Vieira, Henry (Crédits Photo : Evening Standard).

En 2002, après treize dernières victoires d’affilées en fin de championnat, ce ne sont pas moins de sept Français (en comptant Grimandi et Wenger) qui soulèvent la coupe du championnat. En ajoutant les arrivées du défenseur lillois Pascal Cygan (98 matchs) et de Gaël Clichy (187 matchs), ils sont encore six joueurs à participer à l’exploit des Invincibles, avec ces fameux 38 matchs de championnats sans aucune défaite. Cette saison est la dernière où on assiste à une victoire des Gunners.

2004/2018 : Il faut de tout pour faire un monde

Arsenal va ensuite voir passer des passages plus rapides de la part de plusieurs joueurs français. En 2005, devenu international sénégalais après avoir joué pour l’Equipe de France Espoir, Armand Traoré arrive chez les Gunners mais ne joue que 14 petits matchs. Il jouera ensuite à Portsmouth, chez les Queens Park Rangers pour finir à Ceykur Rizespor en Turquie. Gilles Sunu, champion d’Europe 2010 avec les U19, n’apparaît que deux fois de 2009 à 2011 avant de rejoindre définitivement Angers. En 2013, Yaya Sanogo, l’homme aux 62 matchs avec les Equipes de France jeunes (des U16 aux Espoirs) porte à seulement 20 reprises le maillot des Gunners avant de partir pour Toulouse en 2017. Étoile montante du football français, Jeff Reine-Adélaïde, aujourd’hui âgé de 21 ans, joue 8 matchs de 2016 à 2018 avant de s’envoler, comme Sunu, pour le SCO Angers.

Pour autant, le club qui alterne les deuxième et troisième places reste courtisé par de grands internationaux français. Arrivé en 2006, William Gallas dispute 142 matchs pour les Gunners. En 2010, c’est un autre grand nom de l’Equipe de France (40 sélections) qui arrive à Arsenal : Mikaël Silvestre qui joue 43 matchs, arrivé en même temps que Sébastien Squillaci (grand nom de l’AS Monaco avec 21 sélections chez les Bleus) qui participe à 50 matchs. Bacary Sagna, arrivé en 2007 d’Auxerre et nommé dans l’équipe type de la saison 2010/2011, dispute 285 rencontres pour 65 sélections chez les Bleus. Moins connu du grand public français (une seule sélection en Equipe de France), Mathieu Flamini dispute 153 matchs pour 8 buts. Plus récemment, Olivier Giroud, qui a quitté le club en 2018, est devenu un des grands français du club londonien avec des passes décisives et des buts dans la légende. Oui, oui ! Au final, il a disputé 253 matchs pour 105 buts marqués !

Olivier Giroud dans toute sa splendeur (Crédit vidéo : YouTube)

Arsenal va également voir traverser les plus grandes déceptions du football français. Impressionant par sa technique et sa science du jeu, Abou Diaby (aujourd’hui fraîchement retraité) dispute 180 matchs pour les Gunners, y passant l’essentiel d’une carrière gâchée par les multiples blessures. En concurrence directe avec lui, Francis Coquelin, espoir de la génération 1991, passe 10 ans à Arsenal pour 160 matchs joués. Lassana Diarra dispute à peine sept rencontres avec les Gunners de 2007 à 2008. Autre gros caractère français, Samir Nasri fait d’excellentes saisons qui le verront finir meilleur français du championnat en 2010. Il s’en ira à Manchester City après 126 apparitions de haut niveau. Mathieu Debuchy, légende du LOSC, voyait en son arrivée à Arsenal en 2014 l’occasion d’exploser après un bref passage à Newcastle. Stoppé net par des blessures récurentes et remplacé par Hector Bellerin, il n’aura participé qu’à 30 matchs avant de partir pour Saint-Étienne

Abou Diaby, le génie brisé par les blessures (Crédit vidéo : YouTube)

Un pays très bien représenté cette saison 2018/2019

Cette année, le club londonien est représenté par trois joueurs de l’Hexagone. Suite au départ de Wenger après 22 ans et plus de 1200 matchs à la tête des Gunners, de Giroud pour Chelsea et celui de Reine-Adélaïde vers Angers, Arsenal s’est emparé d’un jeune très prometteur : Matteo Guendouzi. Agé de seulement 19 ans, le natif de Poissy a déjà participé à 37 rencontres, dont 25 en Premier League. Entré en cours de jeu contre Rennes, il a signé un prestation plus que satisfaisante, bien qu’il n’ait pas réussi à faire recoller son club au score. Sa vista, son excellente science du jeu et son placement sont souvent remarqués…

Mattéo Guendouzi, la nouvelle pépite des Gunners (Crédit Photo : Sport24).

Alexandre Lacazette, lui, ne faisait pas parti du voyage en Bretagne à cause du malheureux coup de coude asséné à Filipovic, le joueur du BATE Borisov, qui lui a valu trois matchs de suspension lors des seizièmes de finale d’Europa League. Ayant gagné progressivement du temps de jeu et créé un duo infernal avec Pierre-Emerick Aubameyang, il est l’un des protagonistes de la série de 11 matchs sans défaite du club. Réputé pour sa qualité de dribble et sa finition, l’international français est depuis 2017 à 77 matchs pour 32 réalisations. Pour autant, il n’a pas fait partie du voyage en Russie, comme un certain Laurent Koscielny.

Patron de la défense des Gunners comme des Bleus depuis 2010, Koscielny est à 340 matchs pour Arsenal pour 27 buts inscrits jusqu’à présent. Doué d’un excellent jeu de tête, Koscielny est un défenseur très robuste et costaud, qui apporte une certaine sérénité à la base arrière. Une blessure en mai 2018 l’écarte des terrains jusqu’à la fin de l’année.

Au final, ce sont plus d’une trentaine de joueurs qui auront porté le maillot du club d’Arsenal, en passant de légendes comme Thierry Henry ou Patrick Vieira aux plus grandes désillusions du football français. Tout ça sous la houlette du grand Arsène Wenger, qui a dit au revoir à son club de toujours la saison dernière.