Avec un collectif quasi-identique lors des deux dernières saisons, un Mauricio Pochettino aux commandes depuis 2014 et un budget consacré surtout au nouveau stade, le club londonien est parvenu à se passer du marché des transferts pour une année entière…

Et la formule semble être plus que satisfaisante : le club a bouclé son année avec une finale de Ligue des Champions et une quatrième place en championnat. Mauricio Pochettino est parvenu à monter un groupe très solide sans dépenser des milles et des cents. S’il n’y a pas eu une seule acquisition l’an dernier, le loup semble pour autant sortir de sa tanière cet été.

Le sens des affaires

Avec Pochettino en tant qu’entraîneur, Tottenham n’a jamais cherché à acquérir de grandes stars à des prix mirobolants. Par un long travail d’observation et de recherche, le technicien argentin a privilégié l’achat de jeunes pépites inconnues dans l’optique de produire un collectif idéal à prix très réduit.

Pour sa première saison sur le banc, en 2014/2015, il fait signer Eric Dier (alors âgé de 20 ans) pour 4 millions d’euros. Lors du mercato hivernal, Dele Alli, lui, débarque pour 5 millions d’euros. À peine âgé de 18 ans, le milieu de terrain sort tout droit du MK Dons, équipe de League One évoluant en troisième division en Angleterre.

Dele Alli avec le maillot de MK Dons (crédit photo : talkSPORT)

L’année suivante, parvenant à se débarrasser d’Andros Townsend pour 12 millions d’euros, Mauricio Pochettino intègre Heung-Min Son (23 ans) pour 22 millions, Toby Alderweireld pour 12 millions et enfin réalise un grand coup en s’accaparant Kieran Trippier pour 5 millions d’euros. Pourtant âgé de 25 ans, le joueur provenant de Burnley n’a alors pas encore joué une seule seconde avec les Three Lions. À l’été 2019, il est revendu 20 millions à l’Atlético, soit quatre fois plus cher.

Ensuite, viendront notamment s’ajouter Georges-Kévin Nkoudou, Victor Wanyama, Moussa Sissoko, Davinson Sanchez, Lucas Moura, Juan Foyth et Serge Aurier, pour créer un effectif complet et suffisant.

Pochettino a su rendre son club très rentable. Fin 2017, la valeur de l’équipe est de 800 millions d’euros pour une dépense totale de 274 millions d’euros. Cette rentabilité parmi les plus importantes d’Europe se ressent avec la progression fulgurante d’Eric Dier ou de Dele Alli mais également grâce à un centre de formation optimisé.

Parmi les meilleurs centres de formation d’Europe

Pourquoi acheter cher quand on a tout ce dont on a besoin à la maison ? Le centre de formation de Tottenham agit comme une véritable caverne d’Ali Baba. Quatrième club formateur d’Angleterre, Tottenham a produit 15 joueurs évoluant dans le Big Five. Quatre d’entre eux évoluent encore sous la houlette de Pochettino. Et ils ne sont pas des moindres…

Légende vivante du club, Harry Kane est un pur produit du centre de formation. Arrivant à Tottenham à seulement 11 ans, il explose en 2013 pour finir deuxième meilleur buteur lors de la saison 2013/2014. À côté de lui, l’international anglais (26 sélections) Danny Rose est entré au club à 17 ans.

Harry Kane jeune avec le maillot de Tottenham, déjà (crédits photo : ABC)

Plus jeunes, Harry Winks (23 ans pour 3 sélections chez les Three Lions) et Kyle Walkers-Peters (22 ans pour 11 sélections avec l’équipe d’Angleterre Espoir) incarnent l’avenir prometteur du club.

Des résultats plus qu’enthousiasmants

Oui, on peut le dire : Tottenham est redevenu un grand club. Alors qu’il errait dans le milieu de tableau tout au long des années 2000, voilà quatre années d’affilée que l’équipe finit dans le Big Four de la Premier League. Eblouissants, les Spurs se sont hissés jusqu’en finale de la Ligue des Champions après des victoires de prestige contre Manchester City ou l’Ajax Amsterdam.

Si Tottenham semble avoir raté sa fin de saison en Premier League en ratant d’un point le podium, c’est en grande partie à cause de la Ligue des Champions, sur laquelle le club a naturellement tout misé.

Tottenham dispose d’un collectif très soudé, où presque aucun joueur ne sort véritablement du lot. Ainsi, la longue blessure de Harry Kane s’est relativement fait sentir. Avec deux années d’affilée avec les mêmes éléments, se sont instaurés de vrais automatismes et une entente rare. Mais à la longue, la situation est difficilement tenable : Mousa Dembelé, Vincent Janssen, Marcos Llorente et Kieran Trippier sont partis, le milieu et l’attaque ont besoin d’être renforcés.

Après 249 matchs chez les Spurs, Mousa Dembelé a rejoint Guangzhou l’hiver dernier (crédit photo : daily mercato)

Vers une ouverture ?

Avec un certain besoin de fraîcheur, de nouveauté pour compenser les départs, avec les joueurs qui demandent à partir, Mauricio Pochettino semble avoir changé de cap. Et il n’a pas perdu de temps pour briser ces deux années sans nouvelles recrues.

Alors place à la jeunesse ! Le 1er juillet, la pépite de Notts County : Kion Etete, âgé à peine de 17 ans, intègre l’effectif comme le gardien norvégien Isak Midtun Solberg (16 ans). L’ailier de Leeds United, Jack Clarke (18 ans) est acheté le lendemain pour 11 millions d’euros mais est aussitôt prêté au club de Marcelo Bielsa.

Kion Etete, un jeune plein de promesses (crédit Twitter : Notts County FC)

Rajeunir l’effectif, d’accord, mais avec ces trois acquisitions, Tottenham ne semble pas beaucoup avancer. Ces joueurs, inconnus du grand public, n’offrent aucune garantie du moins dans un avenir proche.

C’est alors que le club frappe fort en s’offrant, pour la modique somme de 60 millions d’euros, le milieu lyonnais Tanguy Ndombélé. Capable aussi bien de donner son corps à la science en défense que d’offrir des caviars offensivement, l’international français (6 sélections) fait penser que l’ouverture du club sur le marché des transferts est une excellente chose.Et c’est loin d’être fini ! Giovani Lo Celso, en provenance du Bétis Séville et ancien joueur parisien, devrait lui aussi dans les prochains jours rejoindre le club pour quasiment le meme prix déboursé pour Ndombélé.

Avec deux saisons sans aucun joueur acheté et une rentabilité affolante, Mauricio Pochettino a marqué les esprits en montrant qu’on pouvait monter une excellente équipe de toutes pièces sans passer par le football business. Finaliste de la Ligue des Champions 2018/2019, le club rival d’Arsenal a réussi l’une des meilleures saisons de son histoire, la formule a cependant montré quelques limites avec les départs de joueurs vedettes, ce qui a remis Tottenham au coeur des discussions estivales. Continuant à puiser chez les jeunes pépites, Pochettino est également allé chercher de très bons joueurs beaucoup plus chers.