Le Valencia Club de Fútbol est la dernière équipe à avoir été sacrée championne d’Espagne depuis que les trois cadors se partagent le titre. L’hégémonie du FC Barcelone, du Real Madrid et de l’Atlético Madrid sur le championnat espagnol dure depuis maintenant quatorze saisons. 

Mai 2004. Valence CF décroche son sixième titre de champion d’Espagne. C’est le deuxième sacre en trois ans pour les hommes de Rafael Benítez après le titre de 2002. Une saison pleine de succès pour le club valencian aussi bien en Espagne qu’en Europe, à une époque qui restera à jamais dans le cœur et dans la mémoire des supporters ché comme la plus faste et la plus glorieuse de leur histoire. Mais depuis, les cartes ont été redistribuées. Et pas vraiment en faveur du club du club valencien. Petit retour en arrière à une période où Valence rayonnait en Europe et jouait les fortes têtes en Espagne. 

Des têtes connues en 2004 ?

Pour réaliser de telles performances, Valence ne pouvait compter que sur un effectif riche et talentueux. Et c’était le cas. Avec certains joueurs que nous connaissons, mais dont on ne soupçonnait peut-être pas qu’ils avaient fait partie de la belle aventure des Chés à cette époque. Tout d’abord en défense, avec Carlos Marchena et Raúl Albiol (qui joue actuellement au Napoli), tout deux vainqueurs de l’Euro 2008 et de la Coupe du Monde 2010 avec la Roja.

Des joueurs comme Roberto Ayala ou encore Mauricio Pellegrino, actuel entraîneur de Leganés, composaient également l’arrière-garde de Valence. Mais la saison 2003/2004 marque également les grands débuts en professionnel d’un joueur bien connu du championnat de France : Mohamed Sissoko. Passé par Liverpool, la Juve ou encore le Paris SG, le milieu de terrain de Sochaux disputait sa première saison au plus haut niveau. On peut également citer l’élégant meneur de jeu argentin Pablo Aimar, qui effectuait ses premières saisons en Europe. 

Pablo Aimar, un numéro 10 à la technique fine et à l’allure élégante.
(crédit photo : furialiga.fr)

Mais cette équipe, si talentueuse soit-elle, devait avoir à sa tête un entraîneur capable d’en tirer le meilleur pour fonctionner aussi brillamment.

Benítez, entraîneurprometteur

Rafael Benítez arrive à la tête du club en 2001 pour remplacer Héctor Cúper, finaliste malheureux lors de deux finales de Ligue des Champions consécutives avec Valence. Ce n’est pas la première expérience de Benítez en tant qu’entraineur car il avait déjà entrainé cinq équipes avant de rejoindre le club ché, mais ces clubs étaient de seconde zone. Valence est donc le premier « grand défi » pour le technicien espagnol, qui plus est après les deux finales de Champion’s League atteintes par son prédécesseur. 

Les deux premières années de Benítez à la tête du club sont assez délicates, mais c’est lors de la saison 2003/2004 que ce dernier explose et que Valence atteint les sommets. Résultat : une première place de Liga et une Coupe de l’UEFA. Brillant. 

Benítez célébrant le titre de champion d’Espagne (crédit photo : quora.com)

Mista, une bien belle saison

Mais c’est également grâce aux très bonnes performances de son buteur que Valence a réalisé une telle saison. Miguel Ángel Ferrer Martínez, dit Mista, est l’auteur de 24 réalisations cette saison, dont 19 en championnat. Un nombre de buts plus que correct mais ce dernier ne terminera qu’à la troisième place au classement des buteurs de Liga, derrière Ronaldo Nazário (24 buts, Real Madrid) et Júlio Baptista (20 buts, Séville FC). Le joueur formé au Real Madrid est plus connu en France pour avoir inscrit le deuxième but synonyme de victoire des valenciens face à l’Olympique de Marseille lors de la finale de la Coupe de l’UEFA (ancienne version de l’Europa League) cette même année. 

Mista a porté le maillot de Valence durant cinq saisons, avant de rejoindre l’Atlético en 2006.
(crédit photo : pesmitidelcalcio.com)

Un rayonnement en Espagne… mais aussi en Europe !

Car oui, le Valence CF n’a pas fait « que » gagner la Liga cette année-là, mais a réalisé le doublé en remportant également la Coupe de l’UEFA… au grand dam de l’Olympique de Marseille. Le club espagnol avait même joué des tours à une autre équipe française lors de la compétition en éliminant les Girondins de Bordeaux en quarts de finale.

Cette victoire face à l’OM a permis à Valence de jouer la Supercoupe de l’UEFA 2004 face au FC Porto, vainqueur en finale de la Ligue des Champions face à l’AS Monaco. Les Portugais disposaient d’un effectif complet et très talentueux avec de nombreux joueurs encore connus aujourd’hui, tels que Pepe, Raul Meireles, Hélder Postiga, Ricardo Quaresma ou encore Maniche.

Mais cette rencontre est remportée deux buts à un par le club espagnol, une victoire synonyme de nouveau titre pour couronner une année 2004 remplie de succès, et aussi une belle revanche suite à leurs deux finales de Ligue Des Champions, perdues consécutivement en 2000 et 2001, face au Real Madrid puis face au Bayern Munich. 

Y Les chés soulevant la Coupe de l’UEFA après leur victoire face à l’OM.
(crédit photo : ActionsImages)

Et les cadors en 2004, ça donnait quoi ?

La saison 2003/2004 est la première saison de l’entraîneur néerlandais Frank Rijkaard à la tête du FC Barcelone, depuis son licenciement du Sparta Rotterdam quelques mois plus tôt. Mais c’est surtout les premiers pas sous le maillot blaugrana d’un joueur qui deviendra une légende du club catalan, j’ai nommé… Ronaldinho. Mais malgré le génie du Brésilien et les autres stars qui composaient l’équipe à cette époque (Edgar Davids, Patrick Kluivert, Carles Puyol…), le Barça ne remporte aucun titre et termine le championnat à la deuxième place du classement, à cinq points du club ché

L’effectif catalan en 2004 (crédit photo : myvimu.com)

Côté Real Madrid, le club de la capitale est dirigé par Carlos Queiroz et la saison 2003/2004 marque également les débuts d’une autre légende du football dans le championnat espagnol. En effet, David Beckham a rejoint la Casa Blanca à l’été 2003 en provenance de Manchester United, et s’ajoute à la liste des nombreuses stars de l’effectif merengues, avec notamment Zinedine Zidane, Raúl, Ronaldo Nazário ou encore Luis Figo. Néanmoins, cet effectif pléthorique ne permet pas au Real de faire mieux qu’une timide quatrième place en Liga (à sept points de Valence), mais décroche tout de même la Supercoupe d’Espagne. Au niveau européen, le club madrilène est éliminé en quart de finale de la Ligue des Champions par l’AS Monaco de Didier Deschamps. 

Le Real Madrid et ses galactiques en 2004.
(crédit photo : skyrock.com)

De son côté, l’Atlético Madrid termine la saison à la septième position avec vingt-deux points de moins que Valence. À cette époque, Diego Simeone n’était pas à la tête du club, mais y jouait. En effet, le Cholo disputait déjà sa quatrième saison avec les Colchoneros, qu’il quittera en 2006 pour terminer sa carrière en Argentine. Le milieu de terrain espagnol Gabi (qui a quitté le club en 2018), effectuait sa première saison avec l’équipe première, tandis que le petit chouchou du Vicente Calderón « el niño » Fernando Torres commençait à briller avec les rojiblancoset terminait meilleur buteur du club cette saison avec 19 réalisations. 

Fernando Torres et Diego Simeone ont joué ensemble à l’Atlético.
(crédit photo : scoopnest.com)

Voilà donc à quoi ressemblait la dernière équipe à avoir été championne d’Espagne depuis la dynastie du Barça, du Real et de l’Atlético. Une suprématie des trois mastodontes qui dure depuis déjà quatorze saisons, et bientôt quinze. Alors selon vous, quelle sera l’équipe qui réussira à mettre fin à cette hégémonie ? Et surtout, quand… ?