Auteur d’un match nul héroique hier contre l’ogre Manchester City (1-1), les Wolves ont laissé une copie prometteuse pour leur retour en Premier League. Des ambitions élevées à la sauce Jorge Mendes qui n’ont pas fini de surprendre outre-Manche.

Dans le pays du football, les belles histoires peuvent virer au cauchemar comme nous faire croire à une incroyable renaissance tel un phoenix. Le football nous fait vivre souvent ces émotions et l’histoire de Wolverhampton n’échappe pas à la règle. Après six années de purgatoire en deuxième et troisième division anglaise, les Wolves ont signé leur come-back en Premier League avec un titre de champion de D2 obtenu la saison dernière. Une rédemption amorcée en Championship avec plusieurs bouleversements sur le terrain mais aussi en dehors.

Des ambitions retrouvées

Fondé en 1877, Wolverhampton est un club historique du foot british avec notamment trois Premier League remportées et quatre Coupes d’Angleterre. D’autant plus historique en étant, onze ans plus tard, l’un des douze clubs fondateurs du tout premier championnat outre-Manche avec les Everton, West Bromwich Albion, Derby County ou encore Accrington. Et pour bâtir les fondations, quoi de mieux que de remporter leur premier Coupe d’Angleterre glanée en 1893 face au Toffees d’Everton. S’en suit une période faste de trophées notamment dans les années 1950 où ils remporteront leur trois championnats d’Angleterre (1954, 1958 et 1959). Les Loups sont les plus féroces sur le terrain. WBA, leur pire ennemi, est au tapis. Jusqu’en 1960 et une dernière Cup, le Molineux Stadium jubile avant plusieurs phases cycliques. Entre traversées du désert pendant les années 80 et périodes fastes à la fin des années 1990 notamment. Deux décennies qui verront Steve Bull marquer les esprits des supporters or et noir. L’attaquant anglais a inscrit 306 buts pour Wolverhampton en 562 matchs disputés. Il est toujours à l’heure actuelle, le meilleur buteur de l’histoire du club, où il y a passé 13 ans de sa vie jusqu’en 1999 !

Steve Bull, la légende vivante des Wolves

(Crédit vidéo : Youtube)

Racheté par Fosun International en juillet 2016, conglomérat chinois spécialisé dans la santé, la finance et le divertissement, Wolverhampton peut (enfin) envisager un avenir radieux et régulier après une nouvelle descente en 2011. Ce qui a cruellement manqué aux Wolves ces dernières décennies.

Sauce portugaise

Certains diront que c’est l’agent le plus influent du monde. Célèbre pour gérer notamment les intérêts de Cristiano Ronaldo, Angel Di Maria ou James Rodriguez, Jorge Mendes en est pour beaucoup dans le renouveau du club du West Midlands. Grâce à son réseau, Wolverhampton devient une succursale de prospects portugais à fort potentiel en mettant plusieurs millions de livres. Comme le fut un temps l’AS Monaco. Si des joueurs comme Prince Oniangué et Jón Daði Böðvarsson sont les précurseurs du relooking extrême des Wolves, Ivan Cavaleiro, Helder Costa, Diogo Jota ou encore Joao Moutinho sont venus renforcer les rangs. Mais la recrue phare et laissant entrevoir de belles promesses se nomme Ruben Neves. Acheté pour 21 millions d’euros au FC Porto, le milieu de terrain de 21 ans est la recrue la plus chère de l’histoire du club. Son arrivée en Championship la saison dernière a pourtant laissé perplexe au départ alors qu’il jouait les premiers rôles à Porto … Mais qu’importe ! Neves porte l’équipe et emmène Wolverhampton vers le titre de champion de D2 l’an dernier. Son incroyable but face à Derby County reste encore dans toutes les mémoires !

Wolverhampton peut voir venir avec Ruben Neves

(Crédit vidéo : Youtube)

Sous contrat jusqu’en 2023, Ruben Neves est la preuve des ambitions retrouvées de Wolverhampton. Tel un maître des échecs, Jorge Mendes aurait poussé le conglomérat chinois Fosun International à racheter le club en 2016. Au passage, l’un des dirigeants a des parts … dans Gestifute, la surpuissante entreprise de l’agent portugais. Fosun sort le chèque, Mendes se charge du reste. Une stratégie payante pour bâtir le renouveau du club et faire ses affaires par la même occasion. Arrivé en mai 2017 en Angleterre, Nuno Espirito Santo a trouvé son équilibre outre-Manche et a même prolongé son bail d’un an jusqu’en 2021.

Faut-il redouter un crash ?

Internationaux U18, U20, Espoirs ou A, ces joueurs à fort accent lusitanien profitent d’un club ouvert pour exprimer leur talent. Wolverhampton possède une réputation de centre de formation international réunissant les plus belles promesses de la galaxie Mendes. Cependant, le spectre ténébreux des agents et de leurs affaires ne fait pas le bonheur de tous. Avant le début de la saison, Jorge Mendes s’est vu critiquer par certains clubs anglais (Derby County, Aston Villa et Leeds United) auprès de la Ligue pour un éventuel conflit d’intérêts entre sa fonction de conseiller et ses liens étroits avec Fosun International. Mais ce n’est pas tout puisque l’agent portugais est également soupçonné de contourner la loi du la TPO (tierce-propriété), grand combat de la FIFA notamment. En clair, Fosun International, actionnaire de Wolverhampton, a des parts dans l’agence de Mendes qui place allègrement ses joueurs chez les Wolves. 

Auparavant, ce système a montré ses limites. Braga, Porto, Sporting pour commencer ; à l’Atletico Madrid et au Deportivo La Corogne fin des années 2000/début des années 2010 ; ou encore en France avec Monaco … Jorge Mendes utilise le même principe : faire des plus-values quit à ce que le projet ne soit pas équilibré sur le long-terme. Ce pacte peut s’avérer être à double tranchant. Devenir « un nouveau riche », avec l’aide il est vrai des droits TV qui ont explosé en Angleterre, n’est pas une transition facile. Dans une ère où le foot business s’imprègne de plus en plus, Wolverhampton est donc prévenu afin d’éviter une nouvelle descente aux enfers qui sera sans doute difficile à surmonter.