Après une grande partie de sa carrière passée en France (1985-1996), Youri Djorkaeff a tenté l’aventure à l’étranger à 28 ans en découvrant tout d’abord l’Italie puis l’Allemagne, l’Angleterre et enfin les États-Unis !

Son passage en MLS avec New-York MetroStars n’est pas le fruit du hasard d’un joueur qui a tout gagné et qui souhaite passer une retraite paisible au soleil ! Il est d’ailleurs le premier à s’être aventuré au pays de l’oncle Sam, mais est loin d’être le dernier. Mais avant de parler de ce passage qui nous intéresse le plus, retraçons son parcours !

Une carrière riche en club…

Youri Djorkaeff signe son premier contrat professionnel à l’âge de 19 ans à Grenoble Foot 38. À l’époque, il connaît une ascension assez rapide avec des entraînements avec les professionnels dès ses 16 ans, un premier contrat pro à 17 et le brassard de capitaine à 18 ! Ces responsabilités lui ont permis de mûrir beaucoup plus vite que les jeunes joueurs de son âge, dans une deuxième division assez rude.

Sur le terrain, il a commencé comme 8. Ainsi, ce poste lui a permis d’être polyvalent : offensif comme un 10 (milieu offensif) mais relayeur comme un 6 (milieu défensif).

Son surnom vient de son passage à Monaco qui lui fait découvrir la première division.
(Crédit photo : asmonaco.com)

Après 5 saisons en D2 avec Grenoble puis Strasbourg où il finit même meilleur joueur en 1989, le franco-arménien (du côté maternel) rêve plus grand et signe 5 ans à l’AS Monaco sous les ordres d’Arsène Wenger. Ce transfert était alors le plus gros du club. S’habituant à jouer haut sur le terrain comme meneur de jeu, le coach alsacien lui reproche de ne pas faire assez d’efforts défensifs et l’envoie sur le banc. Son placement sur le terrain était aussi source de conflit entre les deux hommes.

« On s’est pris la tête avec Arsène, mais nous avons eu de bons échanges. J’ai aussi appris le métier avec lui. Il y a des exigences à avoir sur le terrain, je les ai apprises avec lui. »

Youri Djorkaeff dans SoFoot sur ses relations avec Arsène Wenger.

Entre 1990 et 1995, il découvre non seulement le haut niveau de la première division avec l’AS Monaco mais aussi les joies de ses premières sélections en équipe de France à 25 ans. Mais jouer auprès des plus grands (Jürgen Klinsmann, George Weah ou encore Enzo Scifo) ne fais pas tout. Et à l’issue de son contrat sur le Rocher, il ne remporte aucun titre de champion. Sollicité durant ces années par Bordeaux et Lyon, il s’engage finalement libre au PSG de Luis Fernandez et remporte la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe (C2).

Après ça, il quitte enfin l’hexagone pour découvrir l’Italie (Inter Milan), l’Allemagne (FC Kaiserslautern) et l’Angleterre (Bolton Wanderers et Blackburn Rovers) avant de traverser l’Atlantique à 36 ans. Entre temps, Djorkaeff remportera la Coupe du Monde en 1998.

« Vous pensiez peut-être que j’allais raccrocher, mais vous n’avez pas fini de me supporter. Je suis content, ému, excité. J’ai la chance que ce rêve se réalise. Cette destination me va bien, ce club et ce football me conviennent. »

Youri Djorkaeff à son arrivée en MLS

Comme avec la sélection !


La Une devenue mythique du 13 juillet 1998
(Crédit photo : L’Equipe)

Sa polyvalence au milieu de terrain l’a fait participer à 82 sélections avec l’Équipe de France entre 1993 et 2002. Il a ainsi joué en tant qu’ailier et milieu offensif.

Grand artisan du premier sacre mondial des Bleus d’Aimé Jacquet en 1998, il joue principalement nº10 en l’absence de Zinedine Zidane (suspendu), ce qui pousse même son sélectionneur à associer les deux joueurs ensemble lorsqu’ils sont disponibles. Sur les sept matchs joués, il inscrit un but et délivre quatre passes décisives lors du tournoi. La plus importante restera à jamais celle sur la tête de Zidane, sur corner pour le 2-0 juste avant la mi-temps… La suite appartient à l’histoire !

Djorkaeff aura été énorme jusqu’au bout ! (Crédit vidéo : MALVASO Matthieu/Youtube)

Deux ans plus tard, la France revient en compétition avec le statut de favoris pour l’Euro 2000 ! Et le « serpent » a faim après une digestion du Mondial compliqué. Relégué sur le banc, Djorkaeff arrive quand même à se faire une place et contribue au succès de son pays grâce à deux buts plus que décisifs face à la République Tchèque en poule (1-2) et l’Espagne en quart de finale (1-2). Il fait partie, après la victoire contre l’Italie en finale de l’Euro, des rares joueurs avec la France à réaliser le doublé Coupe du Monde/Euro consécutivement tout en étant décisif lors des deux événements ! Après 82 matchs, il aura inscrit sous le maillot tricolore 30 buts et délivré 22 passes décisives. Un monstre arrive donc en MLS.

Le premier en MLS !

Son goût pour l’aventure justifie en partie son choix de venir découvrir la Major League Soccer, dans le pays où son héros d’enfance Johan Cruyff avait joué entre 1979 à 1981 à Los Angeles Aztecs et Washington Diplomats en NASL.

Malgré une approche de la franchise de Los Angeles Galaxy, les deux ans de discussions avec le club de New-York l’ont convaincu de découvrir la franchise de tout juste neuf ans (1996 une des premières équipes), sa ville et son championnat qu’il trouve en plein essor.

« Ça a toujours été un rêve pour moi d’aller à New York. De toutes façons, je pense que j’y serais allé une fois à la retraite ou en pré-retraite. Là, je joins l’utile à l’agréable. Ce n’est pas l’Eldorado, mais quelque chose est en train de se développer là-bas ! »

Youri Djorkaeff avant son arrivée outre-Atlantique

Fondé en 1996 et faisant partie des premières équipes du championnat nord-américain de « soccer », New-York MetroStars est renommé New-York Red Bulls après l’achat du groupe « Red Bull » en 2006.

Voir aussi : Le City Football Group concurrent de Red Bull à New-York !

Avec seulement une première place de conférence en 2000, les seuls faits d’armes des New-York Red Bulls sont des demi-finales de conférence en MLS. Djorkaeff est arrivé dans l’équipe pour la saison 2005 avec un contrat d’un an dans les mains et pour objectif de remporter la MLS ! Il devient ainsi le tout premier joueur français à évoluer dans ce championnat ! Il compte ainsi faire part de son expérience à des joueurs comme un certain Michael Bradley, alors âgé de seulement 17 ans et débutant son apprentissage dans le monde professionnel.

Lors de sa première année donc, le vétéran mais expérimenté Youri démontre que dans le football, l’âge n’est pas au-dessus de la volonté. Numéro 10 sur le dos et sur le terrain, il inscrit durant l’année civile 11 buts et 7 passes décisives en 26 rencontres. Il se voit alors honoré du titre de meilleur joueur du club cette année-là et participe logiquement au « MLS All-Star Game » 2005.

Malgré son âge, il n’avait rien perdu de son sens du but ! Voici son premier but avec MetroStars !
(Crédit vidéo : Youtube / metrofanatic)

Ces bonnes performances ont par la suite donné envie aux dirigeants du club de le reconduire une saison supplémentaire malgré l’élimination en quart de finale des Playoffs, mais elle fût plus décevante avec seulement deux buts et trois passes au compteur. Après cette saison, Youri Djorkaeff a par la suite mis un terme à sa (riche) carrière de footballeur professionnelle laissant l’idée à d’autres français qu’un rêve américain existe pour les footballeurs du côté des Etats-Unis.

« C’est une destination qui a de l’avenir, j’espère que d’autres suivront ! »

Djorkaeff en conférence de presse à Paris avant de partir pour les USA.

D’ailleurs, il a lui-même essayé de faire venir son ancien coéquipier en Bleu, Christophe Dugarry, sans succès. Mais son aventure au pays de l’Oncle Sam a sans doute inspiré des choix de carrière de quelques joueurs tricolores depuis ce temps-là.

Ainsi de plus en plus de joueurs français tentent l’aventure en MLS, parmi eux auparavant Thierry Henry, Sebastien Le Toux, Aurélien Collin, Benoit Cheyrou ou plus récemment Romain Alessandrini et Yohan Croizet ! Et le nombre ne cesse d’augmenter saison après saison.