Débarqué de la Canebière l’été dernier en provenance de Swansea, l’ancien attaquant de l’OM casse la baraque en Turquie. Meilleur buteur de SuperLig, Gomis a redonné un second souffle à Galatasaray.

29. C’est le nombre de buts que Bafé Gomis aura inscrit dans le championnat turc. En une saison et 33 matchs disputés, le natif de La Seyne-sur-mer aura mis tout le monde d’accord et justifié la très bonne affaire du club stambouliote. En battant Göztepe 1-0 grâce à un penalty de l’attaquant (66e) lors de la dernière journée ce samedi, Galatasaray termine leader avec trois points d’avance sur le Fenerbahçe et l’Istanbul Basaksehir. Le 21ème titre de champion pour le club le plus titré de Turquie. Après une saison réussie à Marseille (20 buts en 31 matchs de Ligue 1), les dirigeants phocéens avaient pris tout le monde de court en n’achetant pas l’attaquant de 32 ans. Swansea, son précédent club, l’avait effectivement prêté sans option d’achat au club olympien mais les discussions quant à une éventuelle signature définitive étaient possibles. Aujourd’hui, Marseille peut s’en mordre les doigts. Eux qui auraient bien aimé avoir un attaquant doté d’une finition chirurgicale dans les moments couperets comme face à l’Atletico Madrid ou face aux gros de Ligue 1.

Le coup parfait

Car en effet, au-delà de son talent de finisseur, Bafétimbi Gomis est venu pour 2.5 millions d’euros à Galatasaray. Après une saison très compliquée à Swansea en 2015/2016, l’international tricolore (12 capes/3 buts) voulait se relancer. Son exigence salariale (trop élevé ?) pour l’OM l’aura empêchée de jouer avec le club de sa région natale. Gomis aime l’OM mais je t’aime moi non plus. Galatasaray saute sur l’occasion. Burak Yilmaz parti, le club stambouliote à la recherche d’un vrai 9 n’hésite pas à lui proposer un salaire à la hauteur de ses attentes (soit 3.5 millions d’euros annuels). Appuyé par la finesse technique de Younès Belhanda et Sofiane Feghouli, Gomis a rayonné dans un schéma de jeu idéal pour lui en véritable attaquant de pointe. Loin d’être un joueur technique, son jeu en pivot déstabilise les défenses. Malgré les critiques essuyées en France suite à son déficit technique, Bafétimbi Gomis n’a plus rien à prouver : 220 buts en 556 matchs toutes compétitions confondues en club. De Saint-Etienne à Lyon en passant par Marseille, le cousin de Nampalys et Alexandre Mendy (tous deux footballeurs) fait d’abord son job : marquer. Peu importe la manière et l’esthétique. Son quadruplé incroyable inscrit en 28 minutes sur la pelouse de Karabukspor le 4 mars souligne son efficacité reconnue dans un pays où football rime avec passion parfois démesurée.

Palmarès sacrifié

Le 18 février, beaucoup ont cru à une fin de carrière beaucoup plus grave. Face à Kasimpasa (défaite 2-1), Bafétimbi Gomis est victime d’un malaise vagal en plein match avant de se relever quelques minutes plus tard. Récidiviste bien malgré lui par le passé, son état de santé inquiète. Certains médias turcs voient davantage une surchauffe qu’une véritable performance. Avant d’être sacré champion de Turquie, Bafé Gomis n’a jamais eu un palmarès clinquant. Outre le Trophée des Champions en 2012 avec Lyon, le joueur formé à l’ASSE a toujours privilégié le temps du jeu au détriment des titres. Si sa présence dans les albums Panini en tant que joueur le plus utilisé de l’effectif est à signaler, l’armoire à trophée est tout aussi importante. Depuis la saison 2005/2006 (à part son court passage en CFA avec l’OL en 2014), Gomis a toujours joué au moins 20 matchs en championnat. Mieux, il est devenu le meilleur buteur étranger de l’histoire du championnat turc sur une saison avec 29 réalisations.

Sa valeur marchande explose malgré sa fin de carrière (environ quatre millions d’euros). Comme Zlatan Ibrahimovic, toutes proportions gardées, Bafé Gomis se bonifie avec le temps. Sous contrat jusqu’en juin 2020, Galatasaray tentera de surprendre avec son buteur fétiche en Ligue des Champions la saison prochaine. La première place en championnat est la seule qualificative pour la Coupe aux grandes oreilles. Les joueurs de Fatih Terim vont d’abord savourer ce soir leur premier championnat depuis 2015 lors de la remise du trophée. Et à la Panthère de recevoir son trophée de meilleur buteur.