Il y a quelques mois, on voyait à raison Everton revenir en Europa League. Mais cela fait quelques matchs que les résultats de l’équipe sont très décevants. Le club de la Mersey voit même le promu Wolverhampton le distancer de 6 points.

Comment Everton a-t-il pu enchaîner les mauvais résultats depuis décembre ? La raison est à aller chercher dans un collectif mal organisé, un festival d’erreurs défensives qui coûtent cher mais aussi par l’arrivée d’un nouvel entraîneur qui peine à trouver la solution miracle. Mais il y a encore beaucoup de solutions.

L’un des plus beaux palmarès du championnat

Pour mieux comprendre l’importance d’Everton dans le championnat, il est important de rappeler l’histoire du club. Le palmarès d’Everton est caractérisé par 3 grands épisodes : une équipe aux avant-postes dès la création du championnat, l’empreinte de la légende Dixie Dean dans les années 1920-1930, et l’âge d’or des années 1980.

Créé en 1878, le club va se forger cette image de grande équipe anglaise dès la fin du XIXème siècle. Le premier trophée en championnat remonte en effet à 1891, lors de la troisième édition. Everton avait déjà été dauphin l’année précédente. En 1906, c’est au tour de la FA Cup d’être décrochée pour la première fois.

Fidèle au podium lors des premières décennies, Everton est dauphin en 1895, 1902, 1905 et 1909 et 1912, avant de remporter une deuxième fois le championnat en 1915.

En 1925, l’équipe prend un tournant avec l’arrivée d’un joueur qui deviendra LA légende du club : Dixie Dean. Celui qui est aujourd’hui encore le troisième buteur de l’histoire du championnat aura marqué pas moins de 395 buts pour 447 matchs sous le maillot des Toffees. Avec lui, Everton rafle un grand nombre de trophées : deux championnats en 1928 (avec 60 buts pour Dixie Dean pour 39 matchs) et en 1932 ainsi qu’une FA Cup en 1933.

Le grand Dixie Dean (Crédit Photo : The Dixie Dean Hotel)

Everton va s’inscrire dans la durée grâce à des victoires en championnat en 1939, 1963 et 1970, en passant par une victoire en FA Cup en 1966. Tout ça avant l’âge d’or de la deuxième moitié des années 1980, presque un siècle après le premier trophée soulevé par les Toffees.

Lors de cette décennie, la ville de Liverpool va marcher sur le championnat. De 1982 à 1988, ce seront soit Anfield, soit Goodison Park (le stade d’Everton) qui célébreront la victoire de leurs protégés. On assiste ainsi à une grande concurrence entre les deux clubs de Liverpool, qui se partagent régulièrement les deux premières places. Composé de valeurs sûres comme le légendaire gardien Neville Southall, Kevin Ratcliffe ou Graeme Sharp, et renforcé par le passage de grands joueurs tels que Gary Lineker, Everton va marquer son hégémonie sur le football anglais pendant 5 ans sous la houlette de Howard Kendall.

Vainqueur de la FA Cup en 1984, Everton soulève son unique trophée européen en remportant la Coupe des vainqueurs de Coupe en 1985. Les Toffees gagneront également deux fois le championnat en 1985 et 1987 ainsi que 4 Community Shield (Trophée des Champions) d’affilées de 1984 à 1987.

Gary Lineker sous le maillot d’Everton (Crédit Photo : FourFourTwo)

Avec le départ d’Howard Kendall en 1987, le club perd de sa superbe et ne remporte plus aucun championnat. En 1995, Everton gagne ses derniers trophées avec une FA Cup et une Community Shield remportés. Cela fait 24 ans qu’on a rien gagné du côté bleu de Liverpool.

Depuis la création de la Premier League en 1992, l’équipe squatte des places modestes. De 1997 à 2002, Everton a souffert et a même manqué de descendre. Mais depuis 2007, avec d’excellents joueurs comme Mikel Arteta, Tim Cahill ou Romelu Lukaku, le club semble s’être ancré dans la première moitié du championnat, sans gagner pour autant sa place pour la Ligue des Champions.

Une saison compliquée l’année dernière

Et depuis ces 24 longues années, on attend ce jour où Everton retrouvera le Big Four.

Lors de la saison 2017/2018, les supporters avaient déjà assisté à une cruelle désillusion. Le mercato estival avait été pourtant parfait, avec les achats de Davy Klaasen, Gylfi Sigurdsson, Michael Keane, Nikola Vlasic, Henry Onyekuru, Sandro Ramirez, Jordan Pickford, Wayne Rooney et Cuco Martina contre le départ de Gérard Deulofeu et Romelu Lukaku. Une année qui commence très bien avec une victoire contre Stoke City et un match nul contre Manchester City. Mais la déception est entamée en octobre pour se confirmer en décembre. Sandro et Klaasen se révèlent très décevants et n’arrivent pas à gagner leur place dans l’effectif. Auteur de 11 buts à la mi-saison, Rooney n’en marquera plus un seul en 2018. Et l’équipe se verra éliminée de l’Europa League dès les phases de poule avec une image ternie par l’altercation entre Ashley Williams et Anthony Lopes, le gardien de l’Olympique Lyonnais.

Un Ashley Williams incontrôlable face aux joueurs lyonnais (Crédit Photo : Irish Times).

L’équipe va connaître trois entraîneurs en très peu de temps. Ronald Koeman est remercié le 23 octobre. David Unsworth se charge alors de l’intérim jusqu’au 30 novembre avant l’arrivée de Sam Allardyce qui ne parviendra pas à conquérir le cœur des supporters. Le club finit huitième avec 49 maigres points.

Le mercato se révèle pourtant à nouveau intéressant, en dépit du départ de Rooney et Klaasen. Un nouveau manager plein de promesses débarque : Marco Silva. Barcelone offre alors trois de ses joueurs : Lucas Digne et Yerry Mina ainsi qu’André Gomes en prêt. Les Brésiliens Bernard et Richarlison mais aussi Kurt Zouma (prêté par Chelsea) complètent l’effectif.

Une nouvelle saison décevante cette année

Cette saison 2018/2019 avait tout pour être belle aux yeux des fans d’Everton. Il faudra attendre la cinquième journée pour assister à la première défaite du club. L’équipe sera au coude à coude avec Manchester United pour la sixième place jusque fin décembre, avant que Solskjaer fasse décoller les Reds Devils et que Tottenham fasse couler les Toffees.

Le fameux derby contre Liverpool va se révéler comme un tournant. Everton perd cruellement dans les dernières secondes après une erreur de Pickford (1-0). Après ce match, le club enchaîne des matchs nuls contre Watford et Newcastle avant de se prendre un 3-1 par Manchester City puis un 6-2 humiliant par Tottenham. La victoire 5-1 contre Burnley, où l’on retrouve une équipe en confiance avec un collectif bien huilé, s’avère en fait comme un véritable chant du cygne. S’en suivront des défaites contre des adversaires abordables comme Brighton, Leicester, Southampton, Wolverhampton et Watford en passant par une élimination de FA Cup par l’équipe de Championship : Millwall.

Le véritable problème du club est le collectif. Combien d’erreurs collectives se sont transformées en but pour l’adversaire… Un festival de boulettes dont les supporters finissent par en rire. Un rire jaune, très jaune évidemment. On pense à cette mésentente entre Pickford et Zouma sur le but de Son contre Tottenham, le but d’Origi suite à un mauvais calcul de Pickford contre Liverpool, le CSC malheureux de Coleman face à Watford, la talonade involontaire de Gomes contre Brighton. La liste est encore longue.

L’erreur de Pickford qui coûte un (précieux) point au club contre le rival Liverpool (Crédit vidéo : Youtube)

Quelles solutions ?

Les solutions sont tout de même nombreuses. Quand Everton aura regagné un bonne entente collective et aura engrengé à nouveau de la confiance, l’équipe fera très mal. Les Toffees ont prouvé par le match nul contre Chelsea (0-0) et le derby contre Liverpool qu’ils étaient capables de tenir tête aux grandes équipes du championnat.

Les comptes Twitter et YouTube du club montrent une réelle entente, une grande camaraderie entre les joueurs. Des joueurs qui se connaissent cependant depuis peu. Les mercatos très chargés font que la majorité des membres de l’effectif sont là depuis moins de deux ans. Il y a un sérieux manque d’expérience sous le maillot des Blues et d’automatismes qui se ressentent inévitablement. En conclusion de cela, des phases offensives très lentes, un jeu de passes rapides qui finit souvent intercepté, des contre-attaques mal négociées et une mésentente évidente entre les défenseurs.

Marco Silva a ainsi à charge de créer cette année un bon collectif pour concurrencer les grands du championnat la saison prochaine. Le club en est capable, d’une part avec d’excellents joueurs à tous les postes : Pickford qui est l’un des meilleurs gardiens au monde, Lucas Digne qui s’inscrit comme un tireur de coup franc redoutable et qui retrouve l’équipe de France, Idrissa Gueye qui a failli partir au PSG et enfin Richarlison qui a gagné sa place aux côtés de Neymar au sein de la Seleçao.

Mais on peut également compter sur la jeunesse du club. Peut-être la plus belle du championnat. D’abord, Everton est leader de Premier League U23. Le club rayonne grâce à des joueurs comme Bassala Sambou, Fraser Hornby ou encore Harry Charsley. Ils promettent ainsi un avenir intéressant et rassurant pour le club.

Les jeunes anglais d’Everton brillent aussi en sélection. Lors de la Coupe du Monde des -20 ans en 2017, ce ne sont pas moins de quatre joueurs d’Everton qui ont participé à la finale, remportée grâce à un but du Toffee Dominic Calvert-Lewin.

Kieran Dowell, avec la Coupe du monde des -20 ans (Crédit Photo : Loveevertonforum).

L’effectif du club est très jeune. Tom Davies, milieu prodige du club qui s’était révélé il y a deux ans en enterrant Manchester City (sur la victoire 4-0 d’Everton), a seulement 20 ans. Ademola Lookman, Kieran Dowell, Nikola Vlasic qui est prêté au CSKA Moscou, Richarlison, Calvert-Lewin et Jonjoe Kenny en ont 21. Tous montrent un énorme potentiel et jouent beaucoup, déjà. Everton a donc en main un futur très prometteur.

Il est également nécessaire de nuancer la débâcle du club cette année. Everton reste positionné à une neuvième place honorable et a neuf points d’avance sur la zone de relégation. Le match contre Cardiff, 17ème du championnat, est une occasion de se relancer et de gagner des points importants.

Everton est finalement une équipe avec un passé très glorieux qui peine depuis 20 ans à retrouver les premières places. Cette année, comme l’année précédente, devait être celle du retour dans le Top 6, mais elle a encore laissé place à la déception en mi-saison. Il y a pour autant des solutions pour redécoller, avec notamment une jeunesse très prometteuse.