La première partie de saison s’est achevée dans l’allégresse pour Benfica. Une phase allée exceptionnelle, des buts et une défense de fer symbolisée par Ferro. Le futur roc du club et de la sélection portugaise à l’avenir ?

Les statistiques ne mentent pas pour le Benfica. Sur les 51 points en jeu lors des dix-sept premières journées, le club de Rafa Silva en a obtenu 48. Une équipe véritablement sur la même lancée que la saison dernière et l’arrivée de l’entraîneur Bruno Lage. Mais surtout, comme l’an passé, de nouveaux joueurs ont pris le pouvoir. Parmi eux, Francisco Reis Ferreira dit Ferro, un défenseur discret certes mais néanmoins en devenir.

Ferro est souvent impassible mais parfois, il peut se laisser aller (Crédit photo : Record)

Moissons de points et défenseur en devenir

Cette saison encore, le Benfica mène la danse de manière incontestable donc. Meilleure attaque de Liga NOS avec 42 buts inscrits, meilleure défense avec 6 petits buts encaissés seulement. Une véritable moisson de points et un jeu toujours aussi alléchant. De plus, quoi de mieux pour débuter l’année qu’une victoire dans le derby lisboète contre le Sporting (0-2, NDLR) vendredi dernier pour la 17ème journée.

Ferro en action (Crédit vidéo : Youtube – Shark Productions)

Non, vraiment, tout semble aller pour le mieux pour l’équipe coachée de main de maître par Bruno Lage. Un Bruno Lage qui réussit, cette saison encore, à impliquer des jeunes pousses issues du Benfica B. Parmi eux, un dont personne ou presque ne parle mais qui pourrait bien devenir un futur grand. Pourtant, même si son nom est moins connu que ceux de son compère de la défense, Rúben Dias (22 ans, NDLR) ou de la pépite, l’attaquant Jota (20 ans), il n’en demeure pas moins que Ferro respire le football.

« Je n’aurais jamais imaginé [arriver aux Seniors du Benfica]. Cela a toujours été un rêve, mais avec 8/9 ans, j’étais loin d’imaginer que j’arriverais à le réaliser. C’est sans aucun doute un rêve devenu réalité. L’expérience est incroyable. Tout se passe tellement vite que même moi, parfois, je n’arrive pas à y croire. Mais c’est pour cela que je me suis préparé et que je me prépare tous les jours. Le soutien des supporters et de tout le vestiaire est fantastique. »

Ferro est heureux à Benfica (SLB France)

Une taille d’un mètre quatre-vingt onze sous la toise, un jeu aérien parfait, une régularité maîtrisée cette saison avec quinze parties sur dix-sept disputées en championnat. Surtout, une capacité d’anticipation et un jeu qui se complète parfaitement avec son compère de la défense, Rúben Dias. Tant et si bien que Benfica n’a encaissé que six petits buts. Un chiffre qui place le club lisboète devant de nombreuses équipes européennes. Et fait de l’équipe une défense de fer, pratiquement impossible à passer.

Xadas, Bruno Lage, João Félix : des liens serrés

Né en 1997, année qui symbolise également le numéro de son maillot au club, Ferro est le prototype du joueur de club formé au Benfica. Depuis sa ville de naissance, Oliveira de Azeméis, une ville localisée dans le district de… Porto au nord du pays. Un point commun avec le milieu de terrain du SC Braga, le gaucher Xadas, né la même année que lui dans cette ville.

L’ailier de Braga, Xadas, est né dans la même ville que Ferro (Crédit photo : Daily Mercato)

Toutefois, un autre point commun lie indirectement Ferro mais cette fois-ci à une autre pépite portugaise, l’attaquant de l’Atletico de Madrid, João Félix. Si ce dernier se sera formé dans sa jeunesse au sein du FC Porto, Ferro lui intégrera, après un intermède à l’UD Oliveirense, le club local de sa ville, la formation du Benfica, en 2011. Pour gagner en maturité et intégrer progressivement l’équipe B en 2016 au d’un club où la formation est dans l’ADN.

Oliveira de Azeméis est tout proche de Porto dans le nord du pays (Crédit photo : Weather Forecast)

Mais le destin s’en mêlera et lui mettra surtout sur sa route, un homme providentiel. Bruno Lage, actuel entraîneur de l’équipe première mais qui fut également coach de la réserve du club des « Aigles ». Un formateur plus qu’un simple coach de jeunes qui met en lumière, depuis sa prise de poste en 2018 en équipe première, la formation « Benfiquiste ». Une aubaine notamment pour Ferro qui saura profiter de volonté de Lage de s’appuyer sur les jeunes du club. Quoi de mieux qu’un entraîneur qui fait confiance à la jeunesse pour progresser ?

Cette saison, Ferro a tout d’un grand

Dès lors, pas étonnant que la saison 2019-2020 soit, jusque-là, plus aboutie pour Ferro. Titulaire dans une équipe joueuse et qui fait figure d’épouvantail en Liga NOS, le Portugais de 22 ans a parfaitement su s’intégrer dans le collectif bien huilé de Benfica. Grâce sans doute aussi à son association avec le rugueux Rúben Dias. Un joueur avec lequel Ferro a de nombreux atomes crochus.

Ferro (à gauche) et Dias (à droite) font les lapins? (Crédit photo : Record)

En effet, cette doublette permet à leur équipe d’être la meilleure défense du pays. Mais ces deux-là se connaissent également depuis leur jeunesse au sein du Benfica B. Si Dias sera le premier à partir chez les grands, Ferro prendra un peu plus de temps pour se promouvoir. Dès lors, tout cet historique commun a permis à Ferro de continuer sa progression. Une confiance et un jeu direct qui mettront finalement le capitaine-totem brésilien Jardel sur la touche.

Une merveilleuse manière finalement pour le club de monter un de ses jeunes chaque saison. Après Dias, Félix, Gedson Fernandes (parti depuis à Tottenham, NDLR) et Florentino Luís l’an passé, place désormais à Ferro. Une défense de Benfica composée de personnalités diverses et variées dans leur jeu. Entre, à droite, le capitaine André Almeida, Rúben Dias le roc et à gauche, un des meilleurs passeurs du championnat, l’Espagnol Álex Grimaldo. Ferro est dès lors bien entouré et en confiance au milieu de ces joueurs expérimentés.

Politique de valorisation maximale pour Benfica

Cependant, au-delà de la qualité intrinsèque de Ferro, il faut également souligner la politique du Benfica. Depuis quelques saisons, en s’appuyant sur son équipe de jeunes, le club du président Luís Filipe Vieira matérialise aussi la réussite d’une politique de formation. Dans un sens, à l’heure où le football portugais de clubs rencontres quelques difficultés, Benfica fait une synthèse de tout cela à lui seul.

« Francisco Reis Ferreira, plus connu sous le surnom de Ferro, jeune défenseur central de 22 ans formé au club, auteur de 2 buts lors de ses 2 premiers matches avec l’équipe première le mois dernier (février 2019, NDLR) est désormais lié au SLB jusqu’en juin 2023. Sa clause libératoire est passée à de 60 à 100M€. Un signe fort de la confiance, autant qu’un avertissement aux éventuels courtisans » 

Pour avoir Ferro, il faudra payer (Foot Mercato)

Si le FC Porto a des résultats confirmés en équipes de jeunes avec notamment le gain de la Youth League, l’équivalent de la Ligue des Champions chez les jeunes, ces derniers n’arrivent pas à se faire une place dans l’effectif de Sergio Conceição. Le Sporting, lui, ayant des soucis de gouvernance et des dettes, Benfica apparaît comme le mieux structuré parmi les grands clubs du pays.

Le président du Benfica, Luís Filipe Vieira (à gauche) est un homme avisé. Il prolonge régulièrement le contrat de Ferro (à droite) (Crédit photo : SLB France)

Une certaine idée de la maximisation de ses actifs comme on a pu le voir avec João Félix vendu à l’Atletico pour cent vingt six millions d’euros l’été dernier. Ferro, quant à lui, ne déroge pas à la règle puisque son président a mis sa clause à cent millions d’euros. Une capacité donc à mettre en avant ses jeunes de haut en bas de la hiérarchie et qui tire le Benfica vers le haut. Un modèle économique reconnu où une bascule semble s’être faite ces dernières années avec le FC Porto.

Pour 2020, objectif Euro ?

Toutefois, si Ferro s’est fait une place dans l’équipe, il n’en est pas encore de même en sélection nationale. Appelé pour les matchs de qualification à l’Euro 2020 en septembre dernier, Ferro n’est encore qu’un joueur de rotation chez les Champions d’Europe en titre. Cependant, dans le marché des défenseurs centraux actuels (de Ligt, Demiral, Lenglet, Lucas Hernandez etc.), le numéro 97 a toute sa place.

Ruben Dias étreint Ferro (à gauche) devant Joao Félix (à droite, N°79). Le futur de la sélection portugaise (Crédit photo : Pinterest)

Gageons qu’après l’Euro 2020, entre les 36 ans du Lillois José Fonte et les 37 ans de Pepe [FC Porto, NDLR], une place se fera pour Ferro ? Dans tous les cas, la reconstitution de la défense Dias-Ferro serait une option intéressante pour le sélectionneur portugais, Fernando Santos. Quoiqu’il en soit, d’ici-là, Ferro aura d’autres perspectives de montrer sa valeur sur la scène européenne. Sur la scène nationale, l’avance de sept points sur le FC Porto en championnat semble être rédhibitoire.

Pour Ferro, la Coupe d’Europe lui permettra sans doute d’avoir une exposition avantageuse. En Europa League face aux Ukrainiens du Chakhtar Donetsk en 16ème de finale, lui qui marqua son premier but avec le Benfica l’an dernier face à Dinamo de Zagreb (3-0, NDLR). Dans tous les cas, la progression viendra avec l’enchainement de matchs et lui procurera la maturité nécessaire. Une chance pour le football portugais de devenir pour Ferro, le rocher de Lisbonne, l’ambassadeur du club…