Tout jeune championnat apparu en 1991, la FA Women’s Super League a progressivement gagné en importance à partir des années 2000. Mais depuis trois ans, elle a littéralement explosé.

Si la France et l’Allemagne semblent largement au-dessus avec des équipes comme l’Olympique Lyonnais (qui a conservé sa Ligue des Championnes hier face au Barça), Montpellier, Wolfsbourg, une chose est sure : l’Angleterre devient un nouveau pilier du football féminin européen. On vous explique pourquoi.

Des équipes de plus en plus présentes dans les grands rendez-vous

Depuis la création de la Ligue des Champions féminines en 2001, l’Angleterre a toujours joué un rôle en retrait, laissant la suprématie à d’autres pays. En dix-huit finales tenues, on a retrouvé seize fois une équipe allemande, dix fois une équipe française et sept fois une équipe suédoise.

Les Anglaises à côté font pâle figure avec une seule équipe qui s’est hissée jusqu’en finale. Mis à part lors de la victoire d’Arsenal en 2007, le championnat n’a jamais gravi les sommets européens.

Le sacre d’Arsenal en 2007, la seule fois qu’une équipe anglaise a triomphé en Ligue des Championnes (Crédit Photo : Football Paradise)

De 2008 à 2010, le football anglais s’est même totalement effacé avec aucune équipe atteignant les demi-finales. Les années suivantes, Chelsea ou Arsenal font des apparitions timides. Mais depuis 2017, l’Angleterre s’est transformée en synonyme de danger. Cette année-là, Manchester City passe à peu de choses de renverser l’Olympique Lyonnais en perdant 3 buts à 2 (score cumulé).

En 2018, les Cityzens et les Blues de Chelsea font sensation. Les deux clubs se hissent en demi-finale après avoir respectivement éliminé Montpellier sur un score cumulé de 5-1 et Linköpings 7-3. Les deux équipes seront néanmoins défaites à ce stade.

Cette saison, Chelsea a terrorisé le championnat français en éliminant le PSG et en s’inclinant sur le fil contre Lyon. La FA Women’s Super League semble plus forte que jamais avec Arsenal qui a marché sur la concurrence cette année avec dix-huit victoires pour deux défaites. Et une équipe de Manchester City qui a remporté la FA Cup.

Petite soeur

Si les équipes anglaises semblent considérablement évoluer ces dernières années, c’est en partie lié au fait qu’elles sont attachées aux grandes écuries masculines. Si l’on a vu s’illustrer Croydon ou Doncaster dans les années 1990, la scène est aujourd’hui dominée par Arsenal, Manchester City, Liverpool, Everton ou Chelsea. Le championnat est constitué de onze équipes et cette année, toutes étaient affiliées à un club masculin de Premier League (sept équipes) ou de Championship (quatre équipes).

Ces clubs sont pour la plupart connus pour être très riches. Les joueuses bénéficient ainsi d’un équipement perfectionné, de conditions d’entraînement optimisées, de lieux d’entraînement communs avec les hommes. Depuis l’année dernière, toutes les joueuses évoluant dans l’élite sont officiellement professionnelles.

Des joueurs et joueuses d’Arsenal qui posent ensemble, symbole de la puissance et de la diversité des écuries anglaises (Crédit Photo : Sport Buzz Business)

Les réseaux sociaux sont une aubaine puisque les comptes Facebook, Instagram, Twitter de ces grands clubs n’hésitent pas à mettre en avant l’équipe féminine.

Un championnat attrayant

Si elles restent modestes, les affluences du football féminin en Angleterre ont pris une proportion considérable depuis l’année dernière. La FA (Football Association) revoit ses ambitions à la hausse, prévoyant en début d’année que les audiences allaient doubler en passant d’un millier à deux milliers de supporters par match de championnat, et de 11 000 à 22 000 pour l’équipe nationale.

La finale de la FA Cup est devenu le match de tous les records. L’année dernière, déjà plus de 45 000 supporters s’étaient amassés au stade de West Ham pour suivre le match opposant Arsenal à Chelsea alors que deux autres millions le suivaient à la télévision. Cette année, ils étaient 43 000 à voir Manchester City gagner contre West Ham sur le score de 3-0 à Wembley.

La victoire des Cityzens dans un stade bien garni (Crédit vidéo : Youtube Man City)

Le club masculin des Hammers jouait deux heures avant à Southampton. Si les dirigeants ne sont pas parvenu à repousser la date de la rencontre des hommes de Manuel Pellegrini, on a pu voir des sièges de supporters londoniens se vider avant la rencontre pour ne pas manquer la finale des joueuses.

Les sponsors ont très bien compris l’importance grandissante du football féminin en Angleterre. Les marques sont de plus en plus nombreuses à proposer des shootings et des placements de produit à des joueuses. Barclays a investi dix millions de livres sterling pour s’emparer du naming du championnat.

Le championnat féminin commence ainsi à prendre une place très conséquente dans le football anglais. Par l’intermédiaire de performances de plus en plus intéressantes, de la professionnalisation récente de l’ensemble des joueuses du championnat ainsi qu’un business et des affluences qui n’en finissent de grandir, la FA Women’s Super League a gagné une valeur incroyable.