L’équipe nationale allemande, surnommée la Mannschaft, a remporté le Mondial 2014 en patron. Depuis, on recherche (en vain) les performances des joueurs de Joachim Löw. Un problème d’effectif ? Un problème de coach ? Ce qui est sûr, c’est que désormais, la puissance allemande va reposer sur les épaules d’une relève au fort potentiel.

Au fil des années, le jeu de l’autre côté du Rhin a diamétralement changé. Ce qui a pour conséquence d’annihiler toute chance de performances de l’effectif. Après leur sacre lors de la Coupe du Monde 2014 au Brésil, Die Adler (les Aigles) étaient féroces et représentaient la nation la plus crainte des autres. En 2019, après un Euro manqué (sortis en demi-finale 2-0 par la France) et un Mondial qui a tourné au fiasco (élimination en phases de poule), l’Allemagne n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Mais où est passée la folie allemande ?

Les fulgurances de Mario Götze au Maracana sont bien loin des standards de ces deux dernières années de la Nationalelf. En Russie, les défaites face au Mexique (1-2) et face à la Corée du Sud d’Heung Min Son (2-0) ont clairement abattues une équipe… et une nation entière. La presse nationale ne soutenait plus les géants allemands. La rage prenait le pas sur la déception.

Après l’élimination, le quotidien Die Welt a titré : « Sortis sans applaudissements » (crédit photo : Die Welt)

En 2019, c’est un match nul face à la Serbie (1-1, 20 mars) et une victoire à l’arrachée contre de vaillants néerlandais (3-2, 24 mars). Depuis l’échéance de la Coupe du monde, la Mannschaft affiche un bilan de trois victoires, pour trois nuls et deux défaites. C’est en 2018 que le frein va commencer à faire son effet outre-Rhin. Un nul contre l’Espagne et deux défaites face au Brésil et l’Autriche vont sonner le glas d’une quasi-descente aux enfers.

La faute à Löw ?

Certains diront qu’il faut du changement pour que ça bouge dans le jeu. D’autres, diront que l’entraîneur doit en permanence renouveler un effectif. Les deux hypothèses sont viables quand le technicien allemand doit composer avec de jeunes joueurs de plus en plus en nombre dans la sélection. On pense notamment aux Joshua Kimmich, Thilo Kehrer et autres Maximilian Eggestein alors que d’anciens joueurs tels que Mesut Özil ou encore Mats Hummels ont terminé leur cycle avec leur sélection.

Joachim Löw, l’homme au sous-pull, est en poste depuis maintenant treize ans, soit depuis 2006. Treize longues années de haut et de bas à la tête de joueurs de talents. Le sélectionneur de la Nationalmannschaft ne se prononce pas quant à son avenir. Mais des signaux faibles aux allures fortes l’annoncent partant dans l’année qui vient. D’autant plus que les joueurs sélectionnés ne sont pas toujours légitimes pour certains :

« J’étais extrêmement déçu parce que je pensais être en forme et en pleine forme »

Emre Can, milieu de terrain germano-turc de la Juventus, sur sa non-sélection pour affronter les Pays-Bas

Après avoir vu passer de grands joueurs sous sa houlette, celui qui a été élu meilleur entraîneur de l’année en 2015 ne semble plus faire l’unanimité au pays. Les médias allemands jugent qu’une nation comme l’Allemagne doit avoir de meilleurs résultats que ces derniers mois. De quoi remettre en cause, pour certains, la légitimité de Löw en sélectionneur ?

Les médias allemands jugent qu’une nation comme l’Allemagne doit avoir de meilleurs résultats que ces derniers mois. De quoi remettre vraiment en cause, pour certains, sa légitimité ?

Joachim Löw est sous contrat avec la sélection Allemande jusqu’en 2020 (Crédit photo : AP Photo/Martin Meissner)

Mais qui pourrait, si licenciement il y avait, prendre la tête de la Mannschaft ? Certains pensent à Jürgen Klinsmann, déjà sélectionneur entre 2004 et 2006. D’autres évoquent l’expérimenté Hurst Hrubesch (67 ans) pour son affection à travailler avec de jeunes joueurs. Les anciennes gloires de la sélection seraient très appréciées et souhaitées par une partie des suiveurs du football allemand et des journalistes.

Objectif 2020/2022 pour l’Allemagne

Dans cette grande phase de transition du football allemand, on se projette tout de même vers les prochaines échéances à venir. L’Euro 2020, qui aura lieu dans douze villes d’Europe (dont Munich) sera la prochaine grosse épreuve à franchir pour une nation en reconstruction. De cette compétition – qui pourrait être l’ultime de Löw – l’Allemagne en tirera les conséquences nécessaires afin de se projeter deux ans plus tard au Qatar pour le Mondial.

C’est avec un effectif rajeuni et une nouvelle génération (96-98) que les Allemands devraient pouvoir jouer les premiers rôles si une restructuration effective est mise en place dans les semaines et mois à venir. Réponse lors des prochains matchs pour la sélection allemande qui se rendra en Biélorussie (8 juin) et recevra l’Estonie (11 juin). Deux matchs qui semblent à la portée des quadruple champions du monde.

La Mannschaft renaîtra-t-elle de ses cendres et ressortira-t-elle plus forte de ces périodes sombres ? Ou alors, va-t-elle encore plus s’enfoncer dans ce qui semble être une période sombre pour le football allemand ? L’avenir nous le dira.