Ce vendredi 22 mars, à 20h45, l’équipe des Three Lions joue son premier match des éliminatoires pour l’Euro 2020 contre la République Tchèque, et son deuxième face au Monténégro dimanche.

Placée dans une poule très faible (Bulgarie, Kosovo, Monténégro, République Tchèque), l’Angleterre peut déjà voir plus loin. A priori. Et beaucoup de choses poussent à croire qu’elle sera l’une des équipes favorites du tournoi. Focus sur les raisons pour lesquelles les Three Lions seront monstrueux en 2020.

La Coupe du Monde 2018 : une révélation

À l’aube du voyage en Russie, l’équipe d’Angleterre ne rassurait pas grand monde. Éliminés en quarts de finale à la Coupe du Monde 2006, ne participant même pas à l’Euro 2008, pour échouer en huitièmes de finale en Afrique du Sud en 2010 et ne pas passer le premier tour en 2014, les Anglais ont enchaîné les désillusions. L’année 2016, lors de l’Euro disputé en France, la désillusion se transforme en humiliation après le 2-1 infligé en huitièmes par la modeste équipe d’Islande à Nice.

Les supporters n’attendaient pas grand chose de la Coupe du Monde 2018. Avec Jack Wilshere et Joe Hart non conviés, d’énormes doutes étaient émis. Le premier match renforce les interrogations avec une victoire arrachée dans les dernières minutes contre la Tunisie. Mais les Three Lions reprennent confiance en infligeant un 6-1 au Panama avec un triplé d’Harry Kane, le nouveau buteur de la nation. Après une défaite 1-0 contre la Belgique, l’Equipe d’Angleterre se défait successivement de la Colombie aux tirs aux buts et de la Suède sur le score de 2-0 pour atteindre les demi-finales. Un exploit pas réitéré depuis 1990.

Le pays s’éprend alors d’un vif espoir, celui de soulever la coupe, 62 ans après l’unique triomphe du pays. La chanson “It’s Coming Home” datant de 1996 se retrouve n°1 des charts et devient l’hymne de l’Angleterre. Mais les Three Lions tombent sur la Croatie qui remporte le match à l’issue des prolongations, malgré la sublime ouverture du score de Kieran Trippier sur coup-franc.

Une défaite honorable contre la Croatie en demi-finale (Crédit vidéo : Youtube FIFA TV)

Le pays retrouve enfin un gardien de classe internationale, proclamé comme l’un des meilleurs au monde à l’issue du tournoi : Jordan Pickford. Dele Alli devient un créateur respecté, Harry Kane le serial buteur de l’équipe. Sortant la tête haute, les Three Lions donnent alors rendez-vous à la planète football pour l’Euro 2020.

En attendant l’échéance, les Anglais ont surpris le monde entier et ont confirmé leur transformation en se qualifiant pour les demi-finales de la Ligue des Nations alors qu’ils étaient dans le groupe de la mort en compagnie de l’Espagne et de la Croatie, rien que ça.

Des cadors loin d’être à la retraite

Et ce qui est sûr, c’est que Gareth Southgate, le sélectionneur de l’équipe, pourra compter sur la longévité de son groupe pour l’Euro qui se tiendra dans un peu plus d’un an.

Lors de la Coupe du Monde 2018, neuf joueurs étaient âgés de 25 ans ou moins, évoluant à tous les potes, assurant ainsi une belle pérennité à l’équipe nationale. D’abord, le pays a la chance d’avoir un gardien n°1 aussi jeune : Pickford est en effet né en 1994. Ensuite, on retrouve des habitués qui sont encore très jeunes : Harry Kane en buteur (35 sélections et 20 buts à 25 ans), Eric Dier au milieu (38 sélections à 25 ans), John Stones en défense (37 sélections à 24 ans), Raheem Sterling (47 sélections à 24 ans), Dele Alli (33 sélections à 22 ans) ou encore Marcus Rashford devant (31 sélections à 21 ans).

De ce même voyage en Russie, le plus vieux joueur était âgé de seulement 32 ans : Ashley Young, qui est encore en grande forme aujourd’hui. Les joueurs qui font figure d’exemple et d’autorité dans les vestiaires : Kieran Trippier, Jordan Henderson et Kyle Walker sont tous trois âgés d’à peine 28 ans.

Trippier et Walker, des cadors encore jeunes (Crédit Photo : Goal.com)

Un vent de fraîcheur pour les éliminatoires

Si le groupe reste encore très jeune, Gareth Southgate a le luxe de le perfectionner avec un nombre incalculable de possibilités. Et il l’a parfaitement compris. Pour les deux matchs contre la République Tchèque et le Monténégro cette semaine, le sélectionneur a convié des futurs prodiges encore très très jeunes. Alors que Ashley Young, Gary Cahill (33 ans) et Jamie Vardy (32 ans) ont été mis sur le côté, Declan Rice (qui vient d’avoir 20 ans), Jadon Sancho et Callum Hudson-Odoi (18 ans tous les deux) ont été choisis pour apporter de la fraîcheur. On compte alors sept joueurs de 22 ans ou moins. Et chacun des d’entre eux réalise des prestations impressionnantes au sein de son club. Partons du plus “vieux” au plus jeune.

Ben Chilwell, 22 ans, évoluant au poste de défenseur latéral gauche à Leicester, est devenu titulaire indiscutable au poste. Tenace et très bon en l’air, il apporte une véritable sérénité dans son couloir. Âgé de 22 ans également, Marcus Rashford, attaquant de choix de Solskjaer à Manchester United, a été l’homme providentiel contre le PSG en marquant son premier pénalty lors des arrêts de jeu, offrant ainsi la victoire à son club.

Âgé d’à peine 20 ans, Trent Alexander-Arnold est devenu le latéral droit de choix de Jurgen Klopp à Liverpool devant Nathaniel Clyne. Très fort en l’air, très bon tireur de coup-franc et doté d’une excellente science du jeu, il lui arrive régulièrement d’être passeur décisif (il est à six caviars depuis le début de la saison). À 20 ans également, Declan Rice, titulaire indiscutable à West Ham United, est un milieu très constant et décisif : il a marqué contre Newcastle le 2 mars dernier.

Alexander-Arnold plus haut que tout le monde (Crédit Photo : Footify)

À peine majeurs, Jadon Sancho et Callum Hudson-Odoi sont déjà des attaquants très décisifs à leur poste. Le premier, évoluant au Borussia Dortmund, est à 8 buts inscrits pour 19 titularisations en Bundesliga, le second est à 4 buts pour 8 matchs d’Europa League ; peinant à faire sa place en Premier League, Hudson-Odoi a grapillé un peu de temps de jeu lors de la défaite de son club Chelsea contre Everton (2-0).

L’équipe espoir : une mine d’or qui n’attend que d’être exploitée

Si Gareth Southgate a saisi cette chance de pouvoir exploiter les pépites nationales, d’autres joueurs n’attendent que d’être choisis par ce dernier, relégués en équipe espoir.

En défense, Aaron Wan-Bissaka (21 ans) fait beaucoup parler de lui. Titulaire à Crystal Palace, il est un exemple de latéral droit (athlétique, décisif, bon en l’air), souvent comparé à Alexander-Arnold.

Au milieu, il n’y a absolument rien à jeter. Harvey Barnes et Hamza Choudhury (tous les deux âgés de 21 ans) commencent à se faire un nom à Leicester, comme Phil Foden qui est de plus en plus décisif à Manchester City. Kieran Dowell et Tom Davies (tous deux âgés de 20 ans) sont vus comme l’avenir d’Everton au poste. Joueur très décisif à Fulham, Ryan Sessegnon (18 ans) est surveillé de très près pour ses qualités de buteur et de passeur (5 passes décisives cette saison) mais il déçoit depuis plus d’un mois en étant fantomatique lors de ses dernières apparitions.

Le premier but de Tom Davies pour Everton, contre Manchester City, à tout juste 18 ans (Crédit vidéo : Youtube Football Haven – Top 5’s and More)

Et en attaque, ça donne quoi ? Eh bien, même si Hudson-Odoi et Sancho sont déjà en équipe première, il y a toujours du choix. Dominic Solanke (21 ans), qui évolue à Bournemouth, a déjà été sélectionné une fois par Southgate. Reiss Nelson, qui a 19 ans depuis peu, est à 6 buts pour 15 apparitions à Hoffenheim. Autre joueur n’évoluant pas en Premier League, Tammy Abraham fait des misères en Championship avec Aston Villa en étant à 21 buts pour 31 matchs. Enfin, Dominic Calvert-Lewin (22 ans) et Ademola Lookman (21 ans) commencent à se faire une place à Everton, le premier étant déjà à 6 buts en Premier League cette saison.

Gareth Southgate a donc une palette énorme devant lui, des pépites de tous les côtés, ce qui fait de son équipe l’une des plus prometteuses pour l’Euro 2020.