À maintenant moins de deux mois de la Coupe du monde féminine 2019, qui se déroulera en France, l’équipe nationale d’Australie abordera la compétition avec à sa tête une buteuse-maison, Sam Kerr, dont le talent peut illuminer la compétition. Portrait d’une joueuse qui pourrait bien devenir l’idole des jeunes. Et pas qu’en Australie.

La Coupe du monde féminine, qui se déroulera du 7 juin au 7 juillet, sera l’occasion idéale pour découvrir de nouvelles pépites. Avec notamment une joueuse qui aura la possibilité de faire montrer au plus grand nombre son immense talent. Sam Kerr semble en tout cas bien partie pour être l’une de ces attractions lors du Mondial féminin avant pourquoi pas, un destin mondial ?

Sam Kerr, danger N°1 des « Matildas » (Crédit photo : Mamamia)

Sam Kerr, un nom qui compte en Australie

La vie réserve souvent bien des surprises, souvent bonnes, parfois mauvaises. Et le football en réserve souvent davantage, dans les deux sens. Mais pour un groupe, il peut être déterminant d’avoir un phare dans la nuit avec une personnalité hors du commun pouvant tirer un groupe vers le haut, en lui permettant de franchir un cap. Aussi bien sur le terrain qu’en dehors.

Premier but de la vidéo, qui ne l’a pas tenté lors de parties entre amis ? (Crédit vidéo : Youtube – AV Sports)

Pour l’équipe nationale féminine d’Australie, communément appelée sous le sobriquet des « Matildas », ce phare se nomme Samantha « Sam » Kerr. Attaquante de son état mais qui semble arriver à l’âge de la maturité. Avec une capacité à guider les siennes lors de la prochaine Coupe du monde et de grandes ambitions. Ainsi qu’un talent sans commune mesure pour une joueuse formatée, dès son plus jeune âge, à l’exigence de la vie sportive.

Née il y a 25 ans, au sud-ouest de l’Australie, dans la région de l’East Fremantle. Un lieu ayant comme capitale, la ville de Perth, historiquement connue comme un port d’arrivée de nombreux « immigrants » plus ou moins volontaires. Expédiés dans ces contrées par la Couronne britannique au XIVème siècle, ainsi que pour sa prison devenue un musée désormais. Bref, si l’endroit est un spot recherché par les surfeurs, le poids de l’histoire n’est jamais bien loin lorsqu’il s’agit de l’Australie.

La famille Kerr, des sportifs accomplis

Dans un environnement finalement peu propice au football tel que nous le connaissons en Europe, Sam Kerr a eu la chance de naître au sein d’une famille sportive. Dans laquelle le sport est érigé en modèle même si le football se jouant avec les pieds tel que nous le connaissons sur notre continent diffère quelque peu, de ce côté de l’Océan Indien. En effet, la région de Perth pratique un autre type de football, typiquement local, le « football australien ». Une sorte de mix entre football et rugby. Et qui peut être assez physique voire violent dans sa pratique.

La famille Kerr au grand complet, avec l’ancien parisien David Luiz (Crédit photo : arrowliving)

Dans cet environnement assez viril de prime abord, il aurait pu être difficile pour une jeune fille de pouvoir vivre de sa passion. Mais cela était sans compter sur le fait que le sport a toujours été au cœur de la vie de la famille Kerr. Puisque Roger, le père, né en Inde, et Daniel, le frère de Sam Kerr, ont pratiqué ce sport à un niveau professionnel. Ce qui a permis, peut-être indirectement, à la petite sœur de mieux appréhender les contraintes liées au professionnalisme. Avec toute la dimension de sacrifice et de travail nécessaires. Pour son football à elle.

25 ans seulement mais déjà 10 ans de carrière

Les chiffres peuvent paraître fous mais ils sont réels. Professionnelle depuis une bonne dizaine d’années, Sam Kerr est également internationale australienne depuis 2009, ce qui signifie un début de carrière au sein de sa sélection à seulement 15 ans… À un âge où la plupart des enfants sont au collège en France. Cette précocité, alliée à une ligne de statistiques et des buts en pagailles à faire pâlir d’envie les buteurs les plus patentés, font de Sam Kerr une joueuse d’exception dans le paysage footballistique mondial. Avec une marge de progression encore énorme et un jeu technique et rapide ainsi qu’une capacité à bondir derrière les défenses pour mener des accélérations de folie. Avec des buts en cascade.

Sam Kerr dans ses œuvres, un beau quadruplé (Crédit vidéo : Youtube – National Women’s Soccer League)

Que ce se soit en Australie, dans l’équipe des Perth Glory dont Kerr est la capitaine, ou aux Etats-Unis pour ce qui considéré comme le meilleur championnat féminin au monde, Kerr ne fait aucune différence lorsqu’il s’agit de marquer des buts. En force, en finesse, en dehors ou à l’intérieur de la surface, comme aimantée par cette obsession de marquer. La marque de fabrique des grandes buteuses. Et avec déjà un but lors de son premier match sous le maillot des Chicago Red Stars, Sam Kerr a déjà bien commencée son championnat, aux Etats-Unis sous ses nouvelles couleurs.

Objectifs ? France et le mois de juin

La Coupe du Monde a toujours été un objectif pour chaque joueur(se) professionnel(le). Un objectif pouvant permettre de faire passer un palier et obtenir la reconnaissance internationale voulue. Avec un bon parcours, des buts ou des passes décisives, prouver au monde entier son talent et cette capacité de faire passer un cap à son équipe. L’attrait de la lumière venant, par la même occasion, à soi.

Pour Sam Kerr, cette compétition aura un double impact et un double objectif. À un niveau collectif, il lui faudra marquer de son empreinte le début du tournoi dans un groupe plus qu’abordable pour l’Australie. Avec le Brésil, l’Italie et la Jamaïque, les « Matildas » peuvent raisonnablement espérer se qualifier pour le tour suivant. Et viser, qui sait, plus que les quarts de finale, habituel terminus de la sélection australienne lors des dernières compétitions.

Sam Kerr, tout sourire (Crédit photo : gladstoneobserver.com)

D’un point de vue plus personnel, Sam Kerr aura également l’occasion de vérifier sa côte de popularité qui devient de plus en plus importante au pays. Avant, de tenter conquérir le cœur du monde du football à plus grande échelle ? Cet objectif sera en tout cas dans l’esprit de l’attaquante qui est plus qu’une simple joueuse au pays de Nicole Kidman.

SK20, la CR7 au féminin ?

Si Sam Kerr affole les stats, marque des buts et est la plus grande chance de qualification pour son pays, elle a également une source d’inspiration. Une idole absolue envers qui marqua durablement sa jeunesse. Multi-titré, idole lui aussi de tout un pays, le Portugal, et avec un palmarès aussi long qu’une encyclopédie. Un certain Cristiano Ronaldo, alias CR7. La joueuse a en tout cas pour le portugais une admiration sans borne et le désigne comme modèle. On a connu pire comme référence. À l’instar d’un autre jeune talent, lui aussi portugais, João Félix.

« Je vous mentirais si je vous disais que je n’étais pas nerveuse. Il est tellement impressionnant. J’ai grandi en le regardant. C’est quelqu’un qui m’inspire et je veux être comme lui. Je l’appelle « la police d’assurance » : si vous avez besoin de lui, il sera là. Il a marqué à tellement de reprises. J’aimerais être ce genre de joueuse qui, même en marchant sur le terrain sera trouvée par ses coéquipières car elles sauront qu’elle pourra marquer et être la meilleure joueuse ».

Sam Kerr, ambitieuse (The Sydney Morning Herald)

D’ores et déjà, si Sam Kerr continue sur ce rythme, elle pourra raisonnablement espérer atteindre le meilleur joueur du monde en termes de statistiques aussi bien en club qu’en sélection. Avec près de 80 capes et déjà 31 buts à son actif, l’Australienne n’est plus très loin du record national de pions de sa coéquipière, Lisa De Vanna, l’autre attaquante des « Matildas ». À seulement 25 ans, Kerr aura donc largement le temps de dépasser ces statistiques, comme depuis le début de sa carrière professionnelle…

Fremantle-Funchal, lien australo-portugais

C’est un fait, Cristiano Ronaldo est l’idole de Sam Kerr. Toutefois, il existe également un autre lien, plus maritime entre l’Australienne et le Portugais. En effet, Kerr est née à East-Fremantle, un district à peine à une petite vingtaine de minutes de Fremantle. Cette même ville de Fremantle étant jumelée avec… Funchal, la capitale de l’ile de Madère. Lieu de naissance d’un certain CR7. Ce jumelage rattachant, en quelque sorte Sam Kerr à son idole de toujours, par un étonnant clin d’œil du destin.

Chouchou du public… et des sponsors

Si la numéro 20 de Chicago est talentueuse, buteuse et technique, son aura commence à dépasser largement les frontières du football. Avec notamment un contrat signé chez la marque sportive mondiale « Nike » pour un montant d’un million de dollars, Sam Kerr est une des sportives féminines les mieux rémunérées du monde. Son aura met en avant, au niveau de la société australienne, un vrai modèle sociétal afin d’inciter les jeunes australiennes à pratiquer du sport.

Sam Kerr, nouvelle égérie de la marque à la Virgule (Crédit vidéo : Youtube – Nike)

Sam Kerr, grâce à son abnégation, du talent et un travail continue, endosse ce rôle social dans un pays où le sport est érigé en vertu cardinale et qui compte de nombreux sportifs de talents. Ce qui n’est finalement pas une mince affaire puisque cette réussite personnelle de l’attaquante australienne rejaillit sur le football féminin du pays grâce à elle.

« La capitaine de 25 ans des « Matildas » a été préférée au joueur NBA All-Star Ben Simmons, au golfeur Jason Day et aux joueurs de Premier League anglaise Aaron Mooy et Mat Ryan comme athlète principal utilisé par la forme américain pour sa promotion en Australie ».


« Sam Kerr, une athlète au top » (SMH)

Si la Coupe du Monde approche à grands pas, il faudra surveiller les performances de l’Australienne aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Car, quoi de mieux que d’avoir une jeune joueuse, phénoménale devant le but et avec un bagage technique aussi varié, comme représentante d’un football qui se veut universel, multiethnique avec l’égalité en ligne de mire. Ce qui donne grandement envie d’être en juin prochain pour pouvoir pleinement profiter du jeu de l’équipe d’Australie. Et de Sam « Matilda » Kerr.