Un dernier trophée en 2009 et depuis, le Werder Brême figure chaque année dans le ventre mou de la Bundesliga. Cette saison, les joueurs de Florian Kohfeldt jouent les accessits et même une hypothétique place en Europa League. Réaliste ou impossible ? Retour sur un club qui renaît de ses cendres cette saison.

Onzième, huitième et treizième. Voilà les classements du Werder Brême sur les trois dernières années de championnat. Des résultats plus qu’insuffisants pour espérer attirer les yeux des spectateurs et médias étrangers. Pourtant, Die Werderaner ont connu bien des périodes fastes dans leur histoire. La dernière en date, le titre de champion en 2004 avec la bande à Johan Micoud qui a suivi de belles années, eux qui ont terminé deuxième à deux reprises en 2006 et 2008.

La renaissance d’un club

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, le Werder s’est perdu dans les profondeurs du classement au fil des saisons. Thomas Schaaf, entraîneur emblématique du club de 1999 à 2013, aura tout connu avec les Verts, mais pas la relégation. Le club figure tous les ans dans l’élite allemande depuis maintenant plus de 37 ans (1981).

Thomas Schaaf a entraîné le Werder Brême durant 14 saisons (crédit photo : PA Photos)

Au palmarès, quatre Bundesliga, six coupes d’Allemagne, trois Supercoupes et une coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe (ancienne compétition qui réunissait tous les vainqueurs de coupe des pays européens, NDLR). Un bagage donc assez fourni qui, pour autant, ne fait pas d’eux un club dit “mythique” aux yeux de la nouvelle génération. La faute aux ogres Munich et Dortmund ? Probablement.

Une saison 2018/2019 prometteuse

Cette saison, c’est un tout nouveau Werder Brême que l’on peut voir jouer en Bundesliga. Des joueurs de qualité qui parviennent à s’entendre. Suffisant pour une place en Europa League ? Les quatre journées qui restent en seront les juges de paix.

Tout proches de l’exploit face au Bayern en Coupe, les Brêmois ont du s’incliner sur une nouvelle oeuvre de Robert Lewandowski. Pourtant, le match avait complètement basculé en l’espace de deux minutes quand les Bas-Saxes, alors menés 2-0, renversait la rencontre en inscrivant deux buts coup pour coup. Osako et Rashica n’auront pas suffi au Werder pour aller chercher une place en finale.

Les Brêmois ont réalisé une minute folle face au Bayern en DFB Pokal (crédit photo : Getty Images – S. Franklin)

Pas de quoi réitérer l’exploit de cette victoire mémorable des Brêmois (2-5) infligée aux ennemis munichois dans leur antre de l’Allianz Arena. Aussi, important est-il de signaler que les supporters de ces deux clubs ne s’apprécient guère depuis des années.
En revanche, les clubs restent proches institutionnellement car plusieurs échanges ont été effectués sur ces dernières saisons. On pense notamment au Péruvien Claudio Pizarro, transfuge de Brême pour le Bayern, et vice-versa, ou encore l’Allemand Tim Borowski.

L’Europe à portée de bras ?

Huitième. Voilà le classement du Werder Brême à quatre journées du but. Si loin, mais pourtant si proches. Ou l’inverse. Chacun se fera son propre avis sur les chances des Brêmois à aller se positionner en barragiste à la C3. Seulement quatre points les séparent de l’actuel sixième au classement : Hoffenheim.

Après 30 journées, le Werder Brême peut encore jouer l’accession à l’Europa League (crédit image : Google)

Accéder à ces places serait une sacrée performance pour l’équipe de Josh Sargent, quand on voit que devant Die Werderaner, Leverkusen retrouve la forme avec deux victoires en autant de matchs et Hoffenheim qui semble imbattable depuis quelques matchs. Surtout qu’il faudra regarder derrière aussi côté Werder. Le Vfl Wolfsbourg de Bruno Labbadia pointe le bout de son nez avec le même nombre de points que les Saxes.

Max Kruse, l’attaquant phare de cette équipe, sera sans doute l’un des fers de lance de cette remontée quasi-impensable du Werder Brême. Déjà dix buts à son compteur pour neuf passes décisives, il est un homme clé dans le jeu mis en place par Florian Kohfeldt. Le Kosovare Milot Rashica (huit buts, trois passes décisives) ou encore le jeune international allemand Maximilian Eggestein seront également des atouts pour aller titiller les places européennes.

Un calendrier plus que compliqué

Pour pouvoir espérer l’Europe, les joueurs du Werder vont devoir redoubler d’efforts face à des adversaires coriaces. D’abord, les Verts se déplaceront à la Mercedes-Benz Arena de Stuttgart, classé dixième. Un club qui leur a réussi en première partie de saison comme ils s’étaient imposés 3-1 à domicile. La dernière fois que les Saxes s’étaient rendus à Stuttgart, ils s’étaient partagés 2-2, en 2013.

Par la suite, ça se compliquera encore plus pour le Werder. La réception de Dortmund sera cruciale tant l’enjeu est fort pour les deux équipes. À un point du leader munichois, Dortmund aura à cœur de disputer une bataille contre des Brêmois moins armés sur le papier. Objectif titre pour l’un, objectif Europe pour l’autre. Réponse le 4 mai prochain au Weserstadion de Brême.

Le pénultième match départagera deux candidats à l’Europe. Une rencontre au sommet entre le Hoffenheim de Julian Nagelsmann et le Werder de Florian Kohfeldt. Hoffenheim pourrait même, s’il continuait sa série, aller chercher une place en C1. Francfort étant trois points devant. Match à la PreZero Arena le 11 mai.

Hoffenheim et Brême jouent gros sur cette fin de saison et se rencontreront pour les places européennes. Score du match aller : 1-1 (crédit photo : Joern Pollex/Bongarts)

Ultime journée, nouveau choc entre deux fortes entités. Le Razenballsport Leipzig ira sur la pelouse du Werder pour confirmer sa troisième place au classement. Les Brêmois pourront peut être compter sur un laisser-aller de leurs compatriotes Saxes pour s’imposer et pourquoi pas valider son ticket pour la C3. Conclusion de cet exercice 2018/2019 le 18 mai. Affaire à suivre sur les terrains d’Allemagne qui nous réserveront, comme ils en ont l’habitude, un spectacle hors du commun.